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Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

Discussion in 'Translation and Text Composition Projects' started by Ann O'Nymous, Feb 18, 2010.

  1. Ann O'Nymous Member

  2. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je prends Mark Headley.
  3. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Mark Headley
  4. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Susan Talbott's letter: Transcript

    Susan Letsch's letter: Transcript
  5. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Voici une traduction de la 17e vidéo, dans laquelle Mark Bunker lit la lettre de Susan Lentsch à sa fille, Katherine Olson.

  6. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je prends (1)la lettre de Susan Talbot à sa fille, Mandy Kember, et (2)le discours de Will Fry.
  7. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Super.
  8. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je prends Jeff Hawkins.
  9. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Voici une traduction de la 16e vidéo, dans laquelle Mark Bunker lit la lettre de Susan Talbot à sa fille, Mandy Kember.

  10. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Voici une traduction de la 7e vidéo, la conférence de Will Fry.

  11. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je prends le texte de Maureen Bolstad.
  12. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Super. Je wiki tout ça.
  13. Ann O'Nymous Member

  14. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Voici une traduction de la 8e vidéo, la première partie de la conférence de Maureen Bolstad.

    Voici une traduction de la 9e vidéo, la deuxième partie de la conférence de Maureen Bolstad.

  15. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je prends le texte de Nancy Many (3 vidéos: 11, 12, et 13).
  16. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    @mnql1: Merci beaucoup. Ajouté au wiki, qui commence à avoir belle allure.

    De mon côté, j'ai de la peine à m'y mettre. Cela devrait mieux aller ce week-end.

    En vue du sous-titrage, as-tu des nouvelles récentes de notre expert ? Je vais lui envoyer un PM au cas où.
  17. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je prends Laura Decrescenso.
  18. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je fais une petite pause.
  19. PresidentShaw Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Bon travail!
  20. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je prends l'introduction par Mark Bunker (Marquez la soute selon Babelfish...)
  21. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Pause.
  22. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Questions et réponses 1 à 8
  23. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Questions 9 et 10
  24. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Question 11
  25. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Questions 12 à 14 (fin)
  26. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Nancy Many (pt.1) - Ex-Scientologists Speak Out [11 of 17]

    Nancy Many (pt.2) - Ex-Scientologists Speak Out [12 of 17]

    Nancy Many (pt.3) - Ex-Scientologists Speak Out [13 of 17]

  27. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je crois maintenant que toute la conférence a été traduite en français, mais les traductions existantes, y compris celles dont je me suis occupé, ont besoin de quelques petites corrections (p. ex. remplacer "j'étais 16 ans" par "j'avais 16 ans"). J'aimerais prendre quelques jours pour tout lire, faire quelques retouches et livrer le résultat ici.

    En ce qui concerne le sous-titrage (hélàs, notre ami Olrik est absent), mon premier choix serait la méthode que nous avons utilisée dans le passé pour "Un jour un destin" et d'autres documentaires, c'est-à-dire utiliser un logiciel comme "Subtitle Workshop" pour formater et minuter les sous-titres et par la suite utiliser un autre logiciel pour encoder les sous-titres dans la vidéo. Une fois la révision terminée, je propose de sous-titrer la première des 17 tranches et de l'afficher sur YouTube à titre d'expérience. On pourra ensuite faire le point et décider si on poursuit de cette façon. Serait-ce acceptable?
  28. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Je n'ai jamais fait de sous-titrage (mais je peux m'y mettre). Je m'en remets à toi pour choisir la démarche. Dis.moi ce qu'il y a à faire.
  29. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Voici une révision d'ensemble de la traduction française de la conférence de presse du 12 février 2010. De nouvelles modifications vont peut-être s'avérer nécessaires lors du formatage des sous-titres.

    Introduction

    Jim Underdown

    Je vais présenter la personne qui va mener la conférence de presse, mais je voudrais dire qu'aucune manifestation ou interruption ne sera tolérée durant la conférence de presse.

    Merci. Mark Bunker va mener la conférence de presse. C'est un journaliste qui a gagné un Emmy Award. Il est le créateur de Xenu TV, et un critique de longue date de l'Église de Scientologie. Mark Bunker.

    [Applaudissements]

    Marc Headley (1ère partie)
    Vidéo 1

    Mark Bunker

    Merci. Mon site XENU TV est en ligne depuis plus de dix ans, exposant la fraude et les abus de la Scientologie en diffusant des vidéos et des enregistrements audio. Je suis donc très heureux de savoir que cette conférence de presse est visible en direct sur le Web dans le monde entier grâce à Anonymous. Nous sommes ici aujourd'hui parce que c'est le deuxième anniversaire du projet Chanology. Cette opération a été lancée par Anonymous en février 2008 pour combattre les abus de la Scientologie et, depuis, des membres d'Anonymous manifestent tous les mois devant les centres de la Scientologie partout dans le monde, tous les mois, manifestant contre l'escroquerie et les abus.

    Si vous consultez YouTube, ils mettent quotidiennement de nouvelles vidéos en ligne. Ils ont créé des sites Web géniaux et ils prémunissent la jeune génération qui est ciblée par la Scientologie. Ainsi pour les scientologues, les anonymes qui sont ici aujourd'hui et ceux qui nous regardent dans le monde entier, je vous remercie de tous vos efforts. Tout cela a fait une grande différence. Je n’ai jamais été scientologue, mais il y a ici 5 personnes qui vont parler aujourd'hui – 6 si nous avons de la chance. Leurs histoires sont vraiment étonnantes et choquantes, voire même horrifiantes, et les abus – merci de le rappeler, je vous prie d’éteindre vos portables ou de les mettre en mode silencieux.

    Leurs histoires sont très étonnantes et je suis heureux qu’elles osent parler. De plus en plus de gens le font, tous les jours, et nous remercions les médias qui couvrent ce dossier, parce que le gouvernement ne fait rien au sujet de ces abus systématiques qui existent depuis des décennies. Plus il y aura d’attention portée à ces abus, le mieux cela sera. Avant de présenter nos intervenants, il est important de préciser qu'il y a trois types de scientologues.

    Il y a le public payant, comme Tom Cruise ou John Travolta ou des gens de toutes les conditions sociales qui ont les moyens de payer les cours de plus en plus chers du «Pont vers la liberté totale» de la Scientologie. C’est le nom donné par L. Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie, au chemin très coûteux vers sa version du salut. Ces membres publics ignorent très souvent les abus auxquels les membres du personnel et le troisième type de scientologue font face quotidiennement. Nous espérons que ce type d'événement médiatique leur ouvrira les yeux et que peut-être ils exigeront des changements.

    Le deuxième type de scientologue est composé du personnel. Ils vont travailler tous les jours dans les centres de la Scientologie et ils mènent une vie à peu près normale. Ils travaillent de longues heures et ils sont payés au lance-pierre, mais ils peuvent en général rentrer à la maison à la fin de la journée. Mais le troisième type de scientologue – et c'est principalement de celui-ci que nous allons parler aujourd'hui – est composé des membres de la Sea Org. La Scientologie adore les abréviations et au lieu d'appeler leurs centres des églises, ils les appellent des organisations, ou «orgs» en abrégé.

    Vous entendrez parler de l'org de Boston, ou l'org de Londres ou l'org de Los Angeles. C’est de cela qu’ils parlent. Et les membres de la Sea Org signent réellement un contrat d’un milliard d'années et s’engagent à travailler pour la Scientologie vie après vie en échange de ces cours coûteux. Ce sont eux qui subissent la plupart des abus de la entreprise scientologue, et j’emploie le mot «entreprise» parce que c'est vraiment un commerce.

    Dans la plupart des églises, vous faites un don au moment de l’offrande ou vous payez une dîme. En Scientologie, vous payez chaque cours de développement personnel, chaque session de thérapie, chaque livre ou CD ou DVD de L. Ron Hubbard. Vous devez payer tout cela et il y a des gens qui touchent des commissions pour la vente de ces produits.

    Ainsi pour ces raisons et pour d’autres, il s’agit plutôt d'une société commerciale que d'une religion. Lorsque vous écouterez ces récits, rappelez-vous que si une entreprise traitait ses employés comme la Scientologie traite les membres de la Sea Org, ce ne serait jamais accepté. Jamais. Mais parce qu'elle se cache sous le couvert de religion, la Scientologie a pu impunément commettre certains délits vraiment affreux. Nous espérons que, si un nombre suffisant de personnes livrent leur témoignage, le gouvernement décidera d'agir.

    Permettez-moi de présenter notre premier intervenant. Son histoire est si étonnante qu'elle a fait l'objet d'un livre. Marc Headley a écrit «Blown For Good» et c'est un livre extraordinaire qui vous entraîne dans la vie quotidienne de la Sea Org, notamment à la base dans le désert près de Hemet, en Californie, où se trouvent tous les hauts dirigeants de la Scientologie. Merci d'accueillir Marc Headley.

    [Applaudissements]

    Marc Headley

    Merci beaucoup. J'ai commencé à travailler au quartier général international de Gilman Hot Springs en Californie, appelé «Gold base» ou «Int base», en 1990. J'ai travaillé là de 1990 à 2005.

    J'ai commencé à travailler pour la Sea Org quand j'avais 16 ans. J'ai été recruté dans une école scientologue à Los Angeles et peu après, j'ai été promu au siège international. Au moment de mon recrutement, on m’avait promis un bon salaire, des vacances, des week-ends de congé, mais la réalité durant ces quinze années a été très différente.

    L'organisation pour laquelle j'ai travaillé s'appelle Golden Era Productions. Elle produit tous les films, vidéos, conférences et autres choses qui sont vendues à toutes les organisations scientologues dans le monde entier. Notre journée commençait en moyenne vers 7h30 et se terminait vers minuit. C'était notre programme, 7 jours sur 7, à peu près chaque semaine de l'année.

    Si nous produisions bien, nos pauses repas étaient prolongées de 15 minutes à 30 minutes. Chaque jour, les trois repas devaient être avalés en 15 minutes. Si nous étions vraiment bons, nous obtenions parfois 30 minutes.

    Si notre production était vraiment bonne, on courait la chance d'avoir congé une partie du jour de Noël ou, si nous produisions très bien, une pause repas de 30 à 45 minutes le jour de l'Action de grâce, comme récompense. Ceci vous donne une idée de l'environnement et des heures de travail.

    Après m’être échappé de la Sea Org en 2005 et avoir recommencé ma vie, j'ai reçu une facture de la Scientologie pour plus de 150 mille dollars pour les cours que j'ai suivis. Pendant toutes les années que j'ai travaillé pour Golden Era Productions, en 15 ans, j'ai gagné un total de 29 mille dollars, ce qui fait en moyenne moins de 40 cents de l’heure pour mon travail.

    Nous travaillions plus de 100 heures par semaine. Quand j'ai obtenu un relevé de la sécurité sociale après mon départ, il comprenait un décompte annuel. Une année, je crois que c'était en 2000, j'ai gagné 1 100 dollars pour toute l’année, en l'an 2000.

    C’est ce que j’ai gagné pour 100 heures de travail par semaine, chaque semaine de l'année.

    Marc Headley (2e partie)
    Vidéo 2

    Marc Headley

    Ce n'est pas un cas particulier. À peu près tous les employés qui sont membres de la Sea Org partout dans le monde gagnent un maximum de 50 dollars par semaine, et c'est vrai dans à peu près tous les pays où la Scientologie est active.

    C’est ce que gagne les membres de la Sea Org. À Golden Era Productions, il y avait des membres du personnel affectés à des tâches spécifiques et quand ils ne pouvaient pas accomplir tout le travail qu'il fallait faire pour les différents produits que nous produisions, des professionnels externes étaient parfois embauchés pour faire les mêmes travaux que les employés de Golden Era faisient, que les membres de la Sea Org faisaient. Un homme que je connaissais était payé 50 dollars par semaine – environ 7 dollars par jour – pour travailler sur des vidéos, et les professionnels externes qu'on faisait venir étaient payés 1 200 dollars par jour pour faire le même travail que cet homme faisait.

    C'ést donc pour vous donner une idée de combien ils devraient payer les personnes qui travaillent là si elles étaient payées aux salaires équivalents à ceux du «monde réel». Quelqu'un a fait des calculs pour moi qui montrent que, sur la base du nombre d'heures que je travaillais par semaine et du nombre d'années que j'ai travaillé là-bas, si on traduisait tout selon un horaire de 9h à 17h dans le monde réel, j'aurais travaillé l’équivalent de 40 années à Golden Era Productions.

    Je n’ai même pas encore 40 ans.

    Ainsi, avant même d'avoir 35 ans, j'avais travaillé l'équivalent de 40 ans dans un emploi de 9h à 17h, ayant commencé à 16 ans à Golden Era Productions.

    Beaucoup de gens demandent, au sujet de l'argent, s'ils n'ont peut-être pas – c'est un groupe, il a une philosophie, et il n'a peut-être pas assez d'argent pour payer ses employés pour tout ce qu'ils font, compte tenu du nombre d'employés.

    J'ai travaillé dans une usine de fabrication de cassettes audio quand j'ai commencé à travailler à Golden Era Productions et nous devions produire 50 mille cassettes par semaine. Elles étaient ensuite vendues aux organisations scientologues dans le monde entier, et le prix de vente de ces cassettes variait entre 20 et 75 dollars pièce. Les recettes potentielles de notre production hebdomadaire étaient donc d'environ 4 millions de dollars par semaine, pour les produits faits par une équipe de 10 à 15 personnes.

    En plus, quand je travaillais là, j'ai conçu, construit et installé des systèmes audiovisuels pour des organisations scientologues dans le monde entier. Ces systèmes sont encore aujourd'hui vendus et installés par la Scientologie, ceux que j'ai construits pendant mes 15 années comme employé. Chaque système vendu à une organisation scientologue valait environ 300 mille dollars. C'est le prix qu'une organisation devrait payer pour l'installation et l'expédition de ces systèmes. La Scientologie a probablement gagné plus de 10 à 15 millions de dollars, juste sur les systèmes que j'ai installés ou construits pour eux.

    Ainsi, il n’y a aucun manque de fonds pour pouvoir payer les personnes qui travaillent pour eux. Souvent, quand des personnes entendent mon histoire ou entendent parler de ce qui se passe, on me demande: «Si c’était si moche, pourquoi n’es-tu pas parti? Pourquoi ne pas partir et recommencer ailleurs?»

    Eh bien, quand j’ai finalement eu assez de courage et subi assez d'abus pour enfin décider de m'échapper, en janvier 2005, je me suis enfui de la propriété en moto. Dans les 30 secondes, j'ai été poursuivi par un véhicule utilitaire appartenant au personnel de sécurité du complexe.

    Ils m'ont pourchassé sur la route conduisant à la ville la plus proche et insistaient pour que je revienne. Ils hurlaient par la fenêtre: «Tu dois revenir, tu ne peux pas partir. Pense à ce que tu es en train de faire.» J'ai refusé et continué à fuir et ils m’ont expressément fait déraper sur l'accotement. Ils m'ont littéralement poussé en dehors de la route.

    Je suis tombé et un conducteur passant par là a appelé la police. Dans un délai de cinq minutes, les policiers sont arrivés. Le personnel de sécurité avait déjà déguerpi vers la propriété. Mais je n’ai pu m'échapper que grâce à l’aide de la police. Deux policiers m'ont escorté jusqu’à la ville.

    Tout cela est détaillé dans des rapports de police disponibles sur Internet. Alors même que les 2 policiers m’accompagnaient, les gardes de la Scientologie essayaient encore de m’intercepter et de me suivre. Seule la menace d’une arrestation par la police les a fait reculer et laisser la police me conduire en sécurité.

    Alors, à la question «Pourquoi n’es-tu pas simplement parti?» voici la réponse. Là-bas, on voit et on entend ce qui arrive à ceux qui essaient de partir. La plupart du temps ils sont ramenés. Dans de rares circonstances, certaines personnes réussissent à s'échapper et ne reviennent pas. Partir n’est pas des plus aisés.

    Une fois dehors, vous n’avez pas d’argent, vous n’avez jamais vécu dans le monde réel. Vous ne savez même pas si vous pourrez trouver un travail ou manger le lendemain. Il y donc de nombreuses raisons qui leur permettent de retenir les gens et d'empêcher plus de personnes à partir et à venir parler ici aujourd’hui.

    Vous allez entendre d'autres personnes qui vont raconter des histoires semblables à la mienne et j’espère que cela vous donnera un aperçu de ce qui se produit et comment les gens sont traités, même une fois dehors. Plusieurs personnes ici présentes sont témoins du fait que, il y a seulement trois ou quatre jours, des détectives privés me suivaient dans mes trajets à Hollywood, essayant de découvrir avec qui je parlais, où j’allais, ce que je faisais.

    Des détectives privés ont fouillé mes poubelles, m’ont suivi lorsque je conduisais mes enfants à l'école le matin ou que je faisais mes courses. Il n’y a quasiment pas de limite à ce que la Scientologie est prête à faire pour réduire au silence ses critiques. Même si des gens s’échappent, ils sont intimidés et harcelés de sorte qu’ils n’oseront jamais parler, ni s’adresser aux médias pour raconter ce qu’il leur est arrivé.

    Mais, durant les derniers mois et la dernière année, de plus en plus de gens ont eu assez de courage pour raconter ce qui leur est arrivé et ils n’ont plus peur de la Scientologie et de ses intimidations. J'espère qu'ainsi et grâce aux personnes qui publient ces histoires et font un travail de sensibilisation, qu'on puisse exposer la vérité sur ce qui se passe et qu'on puisse mettre un terme à tous les abus, de sorte que plus personne ne subisse ce que j’ai vécu.

    Merci beaucoup.

    [Applaudissements]

    Jeff Hawkins (1ère partie)
    Vidéo 3

    Mark Bunker

    Le prochain... Je vais plutôt commencer ainsi. Il y a environ six mois, le St. Petersburg Times en Floride a commencé à publier une série impressionnante d’articles à propos des abus horribles, tant physiques que mentaux, qui se produisent actuellement dans la Sea Org du fait du leader actuel de la Scientologie, David Miscavige. Le prochain intervenant, Jeff Hawkins, a travaillé 35 ans aux échelons supérieurs de la Scientologie, très près de David Miscavige. Tellement près que celui-ci a battu notre prochain intervenant. Voici Jeff Hawkins.

    Jeff Hawkins

    Merci beaucoup.

    Je ne suis pas censé être là aujourd’hui, du moins selon l’église. À peine avais-je accepté de participer à cette séance qu’une personne s’est présentée à ma porte, à Portland, pour me remettre une convocation à comparaître pour une déposition, à la demande des avocats de l’église. Le document précisait qu’elle aurait lieu le 12 février à 10 heures. Je me suis dit: «Quelle coïncidence!»

    Eh bien, non.

    Il y a une autre raison pour laquelle je ne suis pas censé être là. Avant de quitter la base internationale de la Scientologie, j’ai passé trois mois de «contrôles de sécurité» dans lesquels on tient les électrodes d'un électromètre et quelqu'un demande: «Quels sont tes crimes? Qu’as-tu fait? Quels sont tes crimes contre David Miscavige?» Et ainsi de suite. Ils vous font confesser tout et n’importe quoi. Cela a duré trois mois, jusqu’à ce qu’ils jugent qu’ils disposaient d’assez d’éléments compromettants contre moi pour me faire taire si je décidais de parler. Et ils ont tenté de le faire. Lorsque j’ai donné une interview à un journaliste à Portland, ils l’ont contacté et lui ont dit: «Ce type a commis des crimes horribles», ce à quoi j’ai répondu: «Allez-y, dites-nous lesquels, parce qu’ils proviennent forcément de mes dossiers de confession.» C’est ainsi qu’ils procèdent. Ils ouvrent les dossiers de confession privés, en sortent ce dont ils ont besoin et ils l’utiliseront contre vous pour vous faire taire.

    Une troisième raison pour laquelle je ne devrais pas être ici aujourd’hui tient au fait que, avant qu'on me laisse quitter l’église, j’ai dû signer devant un parterre d’avocats une pile de formulaires et de documents dans lesquels je m’engageais à ne jamais, au grand jamais, révéler ce qui c’est passé à la base internationale de la Scientologie. Le tout a été filmé, comme pour un procès. Ce qu’ils ne vous disent pas, c’est qu’il y avait un gardien costaud hors champ prêt à me ramener et à m’enfermer à la base si je ne coopérais pas. J’ai donc coopéré et signé tout ce qu’ils voulaient, puis je suis parti. C’est une troisième raison pour laquelle je ne devrais pas être ici.

    Mais la principale raison pour laquelle je ne devrais pas être ici, c’est que je n’aurais jamais dû quitter la base internationale. Et ils se donnent beaucoup de mal pour s’assurer que les gens ne partent pas.

    J’ai travaillé 35 ans pour l'Église de Scientologie, en Europe et aux Etats-Unis. Les 15 dernières années, j’étais à la base internationale à Hemet, en Californie. Je travaillais comme cadre dans le marketing.

    Beaucoup d’entre vous se rappellent peut-être la campagne sur la Dianétique dans les années 80 qui montrait un volcan en éruption. Je suis l’auteur de ces publicités. Une campagne très efficace. Depuis mon départ, j’ai beaucoup parlé des violations des droits de la personne à cette base, la violence physique, mentale et émotionnelle. La question qu'on me pose le plus souvent est celle à laquelle Marc a déjà essayé de répondre: «Pourquoi n’es-tu pas parti? Pourquoi ne pas avoir simplement quitté?»

    L’église vous dira: «Ils auraient pu partir quand ils le voulaient. Ils étaient libres.» J’aimerais vous donner quelques détails à ce propos, car cela revêt une grande importance et fournit des indications sur les fondements de la philosophie scientologue.

    L’église tente de me faire passer pour un incitateur à la haine et... Ils adorent l’expression «fanatique anti-religieux» et ils aiment dire que moi et les autres personnes ici sommes des fanatiques remplis de haine et que nous détestons la Scientologie.

    Eh bien, non, je ne hais point la Scientologie et, en fait, j’ai beaucoup d'amis qui ont quitté l'église et ont continué à pratiquer la Scientologie, et je dis: «Grand bien vous fasse.» Les croyances religieuses d’une personne lui appartiennent et je n’interfère pas avec elles. Mais mes amis ne maltraitent pas qui que ce soit, ils ne fraudent pas, ils ne font rien d’illégal, et leurs croyances et pratiques leur appartiennent. Je suis également en contact avec beaucoup de personnes qui sont encore dans l'église – je vois déjà les oreilles à l’interne se dresser. Ce sont des personnes très gentilles, et la plupart d'entre elles sont très consciencieuses, très merveilleuses. Elles ont été endoctrinées dans le système de pensée de la Scientologie.

    Quand je suis entré en Scientologie – j’ai déjà eu l’occasion de le dire – si la Scientologie n'avait rien de bon, rien de pratique, je n’y serais pas resté 5 minutes. Et j'y ai passé 35 ans. Donc, j’ai évidemment trouvé quelque chose de bon à son sujet, pour rester aussi longtemps. J'étais très enthousiaste au début. Cette idée de communiquer avec les autres, d'aider les autres et d'aider la planète, etc. Tout cela était attirant pour le jeune homme idéaliste que j’étais.

    Mais par-dessus cela se trouvait cette idée d'immortalité. Selon la Scientologie, la Terre est une planète prison et nous sommes tous prisonniers. Nous sommes condamnés à passer vie après vie après vie dans l'obscurité et l'ignorance complètes. C'est censément le piège dans lequel on vit. En escaladant le Pont jusqu’au Thétan Opérant, ou OT, qui est censé être un état de conscience et de puissance spirituelles élevées, on est censé être entièrement conscient et pouvoir alors passer vie après vie en se rappelant tout qui est arrivé dans ses vies antérieures. Et c’est de cela qu’il est question lorsque l’on parle de «liberté totale» et de votre «éternité».

    J'ai entendu une histoire drôle hier. Quelqu'un m’a dit qu'un scientologue parle de ses succès en disant: «Je sais que j'ai gagné mon éternité et l'éternité après celle-ci, et l'éternité d’après…» Je ne sais pas ce qu’il voulait dire par là.

    Bon…

    Pour un scientologue, ce n’est pas qu’un objet de discussion lors d’une réunion de prière dominicale. C'est une activité très, très sérieuse. Voici comment Hubbard l'a dit: «Nous ne jouons pas un petit jeu en Scientologie. Ce n’est pas mignon ou accessoire. Le futur angoissant de cette planète, de chaque homme, femme, et enfant y vivant, et votre propre destin pour les prochains trilliards d’années, dépendent de ce que vous faites ici et maintenant dans la Scientologie. C'est une activité extrêmement sérieuse.»

    Ceci est le ton des gens actifs en Scientologie. Quand j'étais scientologue, j’y croyais. Je croyais que c'était sérieux et que le destin de la planète était en jeu.

    Ainsi, la plus grande crainte de tout scientologue, qu’il soit membre de la Sea Org ou public ou quoi que ce soit, n’est pas de perdre leurs amis ou leur famille. Leur plus grande crainte, c'est de perdre ce qu'ils appellent leur «éternité».

    Je vais lire un extrait d'une déclaration de personne suppressive émise par l'église il y a quelques années. «Plus jamais, au grand jamais, je le promets, dans aucune vie, ne pourra-t-il recevoir de l’audition» – c'est-à-dire de thérapie – «et il ne pourra jamais sortir de son piège. Ceux qui sont OT 3» – niveau Thétan Opérant 3 – «savent ce que cela signifie. Cela signifie mourir et mourir et mourir et mourir sans fin.»

    Donc, ce n’est pas simplement une menace de mort. C’est une menace de mort perpétuelle qu’ils brandissent au-dessus de votre tête, et c'est sérieux. Si vous adhérez au système de croyance de la Scientologie, c'est une menace grave. Ils sont meilleurs que la mafia. Ce n’est pas une simple menace de mort. C’est une menace de mort perpétuelle.

    Jeff Hawkins (2e partie)
    Vidéo 4

    Jeff Hawkins

    Ce sont la carotte et le bâton des scientologues. C’est ce qu’ils essaient d'obtenir, l'immortalité, et ce qu’ils craignent, c'est: «Nous pourrions décider de l'enlever.» Ils ne peuvent faire ni l’un ni l’autre, mais si vous adhérez à ce système de croyance, vous pensez qu'ils en sont capables.

    Ainsi la chose la plus importante pour que la Scientologie maintienne son emprise sur les personnes consiste à maintenir ce système de croyance intact. S’ils y parviennent, alors ils peuvent garder le contrôle.

    Si vous regardez toutes leurs règles et restrictions sous cette optique, vous voyez un peu leur approche.

    Par exemple, ils pratiquent la déconnexion. Ils disent que ce n’est pas vrai, mais ils le font. Plusieurs milliers de personnes ont été déconnectées de leur famille, enfants, parents, parce qu'ils ont critiqué la Scientologie. Si votre famille ou votre conjoint ou vos enfants expriment quelque critique envers la Scientologie, boum! Vous êtes déconnectés d’avec eux. Vous ne pouvez pas leur parler. Ils disent: «Manier ou déconnecter». «Manier» signifie persuader d'être d'accord avec la Scientologie ou, au moins, de se taire. Ma mère, par exemple, n'a jamais aimé la Scientologie, mais elle a appris à se taire, parce qu'elle savait que je serais en difficulté si elle critiquait, alors elle s’est tue. Donc, soit vous vous taisez, soit vous y adhérez.

    Il est ironique que l'Église de Scientologie dise qu'elle prône la liberté, alors que, finalement, il s’agit avant tout de contrôle. Et plus vous allez haut, plus vous êtes contrôlés. Et quand vous vous atteignez les niveaux OT supérieurs – OT 7 – vous êtes contrôlés très, très étroitement par l'église. Vous devez vous présenter au quartier général de Clearwater tous les 6 mois. Vous subissez des contrôles de sécurité. Ils examinent chaque aspect de votre vie et s'assurent que vous ne lisez pas de sites Internet critiques, de livres critiques, que vous n’avez pas de pensées critiques, et ainsi de suite. Ils verrouillent vraiment la vie de ces personnes.

    Et là où j'étais, à la base internationale de la Scientologie, avec des membres de la Sea Org, le contrôle était total. C'est le site le plus étroitement surveillé de la Scientologie. J'ai passé 15 ans là. Et Marc vous a dit une partie de ce qui s’y passe. L'endroit est entouré par des fils de fer barbelés et surveillé à l'aide de caméras et de détecteurs de mouvement. Il est impossible de sortir de là, sans déclencher ces détecteurs ou alerter les gardes de sécurité qui patrouillent le site. Si vous voulez quitter la base de Hemet, vous devez obtenir la permission de votre patron et du patron de votre patron. Vous ne pouvez pas sortir et entrer librement. Vous devez avoir une autorisation.

    Le courrier entrant est ouvert, ce qui va à l’encontre de la législation fédérale, mais ils le font quand même. Si vous recevez une lettre de vos parents, ils l'ouvrent avant de vous la donner, et si elle contient quelque critique de la Scientologie, vous êtes convoqués pour vous entendre dire: «Maniez vos parents ou déconnectez-vous d’avec eux.» Le courrier sortant est également contrôlé et censuré.

    Et tout le monde doit se rassembler à certaines heures, et ceci et cela.

    En plus, il y a des punitions physiques. Des gens sont jetés dans le lac, ils doivent courir autour des bâtiments. Et c'est vrai, il y a aussi... Il y a également des abus physiques. J'ai été personnellement battu en 5 occasions séparées par le chef de la Scientologie, David Miscavige, qui est censé être le chef. Il aime s'appeler «le pape de la Scientologie». En fait, c’est un intimidateur. Un intimidateur. À noter que nous nous trouvons dans le Théâtre Steve Allen. Or Steve Allen a appelé la Scientologie «une religion d'intimidateurs». Je pense que c’est une description précise. Elle est même menée par le plus grand intimidateur de tous, David Miscavige.

    Alors, pourquoi ne suis-je pas parti? C'était la carotte et le bâton. Je ne voulais pas perdre mon éternité. J'avais toujours... J'avais toujours ma foi, même si j’étais physiquement et mentalement maltraité. Finalement, j’ai dit: «Je m’en fiche de savoir si je damne mon âme pour l’éternité. Je dois quitter cet endroit, parce que je ne veux plus être maltraité.» Et je suis parti. Et j'ai dû... J'ai perdu mon épouse, une femme merveilleuse que j'aime beaucoup. J'ai perdu tous mes amis, toute ma famille, qui étaient toujours dans la Scientologie à ce moment-là. Je ne pouvais pas leur parler. Je suis parti à l'âge de 58 ans avec quelques dollars en poche et il j'ai dû recommencer une nouvelle vie à partir de zéro. Ils ne m'ont pas donné d'argent. Ils ne m'ont fourni aucune aide. Je ne connaissais personne en dehors de la Scientologie. Et j'ai dû m’installer dans une ville étrange où je ne connaissais personne et construire une nouvelle vie, ce que j'ai fait.

    Mais j'ai beaucoup d'amis qui sont toujours dedans. Ils sont toujours scientologues. Ils sont toujours à la base internationale. Et si je pouvais leur envoyer un seul message, je leur dirais ceci: «Quitter la Scientologie ne signifie pas perdre son éternité. Cela signifie gagner sa liberté.»

    Merci.

    Laura Decrescenzo (1ère partie)
    Vidéo 5

    Mark Bunker

    Jeff a mentionné le fait que vous revenez vie après vie et je l’ai également mentionné. Nous n'attaquons pas les croyances de la Scientologie. Ils peuvent croire tout ce qu'ils veulent. Mais ils ne peuvent pas se comporter comme ils le désirent et une des conséquences de la croyance selon laquelle on vit des millions de vies, c'est qu'ils croient que les enfants sont vraiment des êtres sans âge qui peuvent être éloignés de leur famille à un très jeune âge et mis au travail.

    Notre prochaine intervenante a vécu cela et a été recrutée extraordinairement tôt dans sa vie pour travailler pour la Scientologie. Je vous prie d’accueillir Laura Decrescenzo.

    Laura Decrescenzo

    Merci. Comme il vient de le mentionner, j'ai rejoint la Sea Org, en fait, à l’âge de 12 ans. Je suis née dans la Scientologie. Mes deux parents étaient des scientologues et ont suivi des cours de Scientologie à Portland, en Oregon. J'ai fait mon premier cours à l’âge de 6 ou 7 ans et j'ai signé mon premier contrat, le contrat pour un milliard d’années, à 7 ou 8 ans.

    J'ai commencé à travailler dans une organisation à Albuquerque, au Nouveau Mexique, à 9 ans. J'ai obtenu un permis de travail, je ne sais même pas comment. À 10 ans, j'ai obtenu un permis de travail et je gagnais des clopinettes pour 30 à 40 heures de travail par semaine, entre l’âge de 9 et de 12 ans, lorsque je suis entrée dans la Sea Org.

    La personne qui est venue à Albuquerque, pour me recruter, a promis un tas de choses qui ont semblé formidables à mes parents. Elle a réussi à les convaincre de me laisser partir et je suis allée à Los Angeles. Parmi ces promesses, celle que je continuerais mon éducation, je pourrais avoir des enfants quand je serais plus grande, et je pourrais revenir à Albuquerque ou commencer le «Pont vers la liberté totale» que d'autres personnes ont mentionné.

    J'obtiendrais tout cela gratuitement parce que je travaillais pour eux. Toutes mes dépenses médicales et dentaires devaient être couvertes. Vous pouvez imaginer qu'à 12 ans, la plupart des enfants ont des caries et que des soins sont nécessaires. Je pourrais rentrer à la maison pour rendre visite à mes parents, jusqu'à une fois par mois si je le voulais, en raison de mon âge.

    Toutes ces promesses ont été faites pour donner l’illusion d’une expérience merveilleuse. Malheureusement, la plupart de ces promesses se sont avérées complètement fausses. Puisque j'avais 12 ans, j'étais considérée comme très qualifiée. Je n'avais pas vécu.

    Je suis sûre que vous pouvez imaginer que la plupart des enfants de 12 ans vont à l'école, jouent à des jeux vidéo et n'ont vraiment aucune histoire qui les disqualifieraient en vue de l’entrée dans les niveaux supérieurs de la Sea Org. À votre entrée à la Sea Org, ils vous font compléter un «formulaire de parcours de vie».

    Il s’agit d’environ 8 pages de questions extrêmement personnelles. Cela couvre chaque médicament ou drogue que vous avez pris, chacune de vos fréquentations, chaque expérience sexuelle que vous avez eue, dans le menu détail. Ils vous mettent ensuite face à un électromètre – leur détecteur de mensonge – pour vérifier que vous dites la vérité. À 12 ans, mon parcours de vie ne contenait rien.

    Je répondais: «non, non, non, non, non.» J'étais considérée comme une recrue de choix. Sans compter le fait qu’à 12 ans, votre esprit ressemble à une ardoise vierge. Vous pouvez être programmé comme ils le veulent. Je suis donc entrée dans la Sea Org. J'ai quitté mes parents et j'ai déménagé à Los Angeles.

    Comme je l'ai mentionné, presque tout ce qu’ils m'avaient promis était un mensonge. Je n'ai quasiment pas continué mon éducation. J'allais en classe environ une fois par semaine, sans professeur qualifié.

    Concernant les visites à mes parents, je voulais, à 12 ans, rentrer à la maison et voir mes parents pendant un week-end. Ma première visite à la maison a été un cauchemar complet.

    J'étais censée partir en avion et, à quelques heures du départ, ils m’ont dit que je ne pouvais pas partir avant d’avoir passé un contrôle de sécurité sur l’électromètre. Je leur ai dit: «Ma maman m'a acheté un billet non remboursable. Que suis-je censée faire? Je dois partir dans quelques heures.»

    Ils ont dit: «Tu ne peux pas. Si tu pars, tu seras soumise à la ‘justice’ à ton retour.» Cela signifie, en fait, que ma position dans l'organisation serait révoquée. Cela signifiait beaucoup de choses.

    Quand vous êtes dans la Sea Org, une action de justice est considérée comme effrayante. Je me demandais: «Qu'est-ce que je dois faire? Je suis censée partir dans cet avion, on ne joue pas avec l'argent de ma maman, c’est un billet non remboursable.»

    Alors j'ai dit: «OK, je pars de toute façon», et je suis allée à mon dortoir. J'étais passée de l'immeuble HGB au «Complexe» et je suis montée dans la navette à l'entrée en fer à cheval du «Complexe». La sécurité m’en a sortie et m'a physiquement empêchée de partir.

    J'avais fermé la porte de la navette parce que j'avais vu un garde qui arrivait. Je pétais de trouille. Je tenais à partir, mais il a débloqué et ouvert la porte, empêchant la navette de partir. Donc, dès le début, on m'a enseigné qu’il ne faut pas jouer avec eux.

    Ils vous gardent même si vous ne voulez pas rester et j'ai fini par attraper l'avion avec 24 heures de retard, sur un vol arrangé par eux. Me voici, à 12 ans, quittant l’aéroport de Los Angeles à environ 11 heures du soir, avec une escale d'une heure à Las Vegas, au Nevada. En tant que mère, je flanche à la pensée d’une fillette de 12 ans dans l'aéroport de Las Vegas au milieu de la nuit et arrivant à Albuquerque à 3 heures du matin.

    Quoi qu'il en soit, chaque fois que j'ai voulu prendre des congés, c’était la même chose, un cauchemar à chaque fois. Je me suis mariée à 16 ans. Dans la Sea Org, c’est très commun, parce que vous ne pouvez rien faire physiquement avec votre partenaire jusqu'à ce que vous soyez mariés. Je me suis mariée et je voulais des enfants. Je l'avais déjà dit quand j'ai rejoint la Sea Org. Je prévoyais d’avoir des enfants.

    Laura Decrescenzo (2e partie)
    Vidéo 6

    Laura Decrescenzo

    Je vais maintenant parler de quelque chose d’extrêmement personnel. Je le fais pour montrer à quelles extrémités ils en arrivent pour garder et contrôler leurs gens, en relation avec le fait de vouloir des enfants.

    Je suis tombée enceinte en février 1996 avec la pleine intention d’avoir un enfant avec mon mari. J'avais 17 ans. Quand je l'ai dit à mon mari, il a été naturellement un peu étonné et effrayé, comme un jeune couple, voire un couple plus âgé, peut l’être dans l’attente d’un premier enfant. Cela vous rend nerveux.

    Quand nous avons informé les commandants de nos organisations, la première chose que m’a dite ma commandante, c'était que le bébé n'était pas un bébé, juste des cellules. Quelques mois plus tôt, elle-même était tombée enceinte.

    Elle n'avait pas réalisé qu'elle était enceinte jusqu'à la 14e semaine, mais elle a avorté pour «le plus grand bien». Elle a argumenté que mon travail était important, que cela porterait préjudice à l'organisation si je devais partir, que ni moi ni mon mari n'avions d'argent et que nous n'en aurions pas si nous partions, si nous avions des enfants.

    Après 2 jours de pression constante, avec la menace que si je partais, je n’aurais pas d’argent, pas de vie... La plupart des personnes, même plus âgées, ne réussissent pas leur vie. Je n'avais aucune formation. Il n’était pas possible que je puisse élever un enfant, me répétaient-ils continuellement.

    Je suis sûre que j'aurais pu élever cet enfant si je l’avais gardé. Mais, après plusieurs jours de ce traitement, j'ai cédé et avorté. Il y a 10 jours, j’ai réalisé une déposition et l'avocat de l'Église de Scientologie m'a demandé de manière insistante, en reformulant ses questions, pour m'obliger à dire que j'ai accepté d'avorter.

    Je n'ai jamais accepté d'avorter. Est-ce que j'ai cédé? Oui. Cela me tue-t-il tous les jours? Oui. En fait, ma dernière pensée, quand je suis allée subir l'avortement, je me suis dit: «Attends.»

    Ce n'était pas ce que je voulais, mais, malheureusement, c'est ainsi que les choses se sont passées. L'idée de vouloir avoir des enfants m’a poursuivie continuellement pendant mes années dans la Sea Org, à tel point qu’en 2001, on m'a envoyée au projet de réadaptation, aussi appelé RPF dans la Sea Org. C'est, essentiellement – vous y êtes envoyé comme punition.

    Ils le considèrent, comme un moyen de vous «réhabiliter», de vous récupérer pour vous faire travailler de nouveau, mais en fait vous y êtes envoyé pour faire du travail pénible et intensif pour eux et vous mettre complètement à l’écart du monde.

    J'ai été séparée de mon conjoint. J'ai été séparée de tous ceux qui m’importaient. On ne m'a pas permis de parler à ma famille. On ne vous permet pas d'avoir plus de 20 dollars dans vos poches. On ne vous permet pas de vous déplacer sans être accompagné. Vous êtes observé 24 heures sur 24. Il y a toujours quelqu'un qui garde le corridor à l’extérieur des dortoirs. J’ai passé presque 3 ans au RPF.

    Je pourrais continuer mais, malheureusement, il me reste peu de temps. Je savais que si je disais que je ne voulais plus rester, que je voulais partir, comme d'autres l’ont dit, j’aurais subi des pressions pour me faire rester.

    Je savais que, si je disais que je voulais partir, je serais envoyée au RPF du RPF. Je travaillais déjà... C’était déjà des circonstances intolérables, mais c’est encore pire au RPF du RPF. Un de mes amis avait passé 8 mois au RPF du RPF pour avoir essayé de partir.

    J'ai alors fait quelque chose qui me garantissait un renvoi immédiat. J’ai avalé de l’eau de Javel, sachant que je serais considérée comme un risque de suicide et qu'on se débarrasserait de moi immédiatement. Et ils m’ont renvoyée. Je n'étais pas suicidaire, mais c’est ce que j’ai dû faire pour pouvoir sortir immédiatement.

    Après mon départ du RPF, je me suis encore considérée comme une scientologue pendant plusieurs années. J’ai même payé... Je pense que c'est Marc qui a mentionné avoir reçu une facture de 100 mille dollars. Moi aussi, j'ai reçu une facture, de 120 mille dollars pour les services que j'avais obtenus dans la Sea Org.

    Ainsi, après avoir travaillé pendant 13 ans 100 heures par semaine, je leur devais de l'argent. Je leur ai même payé 10 mille dollars après mon départ, et il m'a fallu environ 4 ans pour comprendre que ce qui s’était produit n’était pas juste et que quelqu'un doit faire quelque chose à ce sujet. C'est pourquoi je suis ici aujourd'hui, pour commencer à ouvrir les yeux des gens sur ce que se passe dans la Sea Org, parce que ce n’est pas juste et que quelque chose doit changer.

    Merci.

    [Applaudissements]

    Will Fry
    Vidéo 7

    Mark Bunker

    Notre prochain intervenant a grandi au sein de la Scientologie et il en dira plus long sur cette expérience et sur le fait qu'il a travaillé très jeune pour la Scientologie. Il n'a commencé à s'exprimer que récemment, à quelques-uns des événements d'Anonymous, et Anonymous a diffusé ses vidéos sur le web. Il s'agit de sa première intervention devant un public. Voici Will Fry.

    Will Fry

    Bonjour. J'ai besoin d'une seconde. J'ai... Juste le fait d'entendre tous ces témoignages, je ressens, probablement, une forte montée d'adrénaline. C'est peut-être amusant d'entendre ces choses, mais ça me met vraiment en colère.

    Vous le savez, rappelons-le, ce n'est pas... Ce n'est pas en Corée du Nord que ça se passe. C'est en Amérique.

    Bon, alors...

    J'ai fait une petite vidéo pour YouTube comme préambule à cette conférence. Nous n'avons que 8 minutes ici et ce n'est pas beaucoup de temps. Dans cette vidéo, je parlais... je parlais de la Dianétique pour enfants, la philosophie de L. Ron Hubbard selon laquelle les enfants ne sont pas vraiment des enfants, mais des êtres âgés de milliards d'années qui occupent un corps plus petit que celui des adultes et qui devraient être aussi responsables que les adultes. Et d'autres folies du même genre. Mais je ne voulais pas seulement dénoncer un abus, je voulais décrire comment l'abusé devient l'abuseur.

    Et j'ai été... j'ai été initié à la Scientologie à l'âge de 2 ans. J'ai par la suite fréquenté leurs pensionnats dans le désert de la Californie et, à l'âge de 17 ans, je suis entré dans la Sea Org. Je voulais m'en sortir immédiatement, mais c'est difficile... C'est difficile à surmonter, cette sensation d'être un traître si on s'en va. On doit respecter la promesse de rester un milliard d'années.

    Deux ans plus tard, je suis simplement parti. J'ai «blowé», comme on dit, sans aucune intention d'y revenir, mais à la demande de ma famille... Ils ne voulaient pas... Ils ne voulaient pas que je sois déconnecté d'avec eux comme mon oncle, qui a été déconnecté d'avec nous pour avoir été déclaré personne suppressive dans les années 90 parce qu'il a demandé un remboursement de l'église d'Ann Arbor, au Michigan, pour des services qui n'ont pas été fournis.

    Le 10 décembre l'an dernier, il s'est donné la mort.

    J'y suis donc retourné, à la demande de ma famille, et j'ai passé 6 mois aux travaux forcés, travaillant comme un esclave, faisant des travaux physiques, sans aucune rémunération. Comme dans le RPF, j'étais sous surveillance et je subissais des interrogatoires tous les jours avec leur version d'un détecteur de mensonges. Et ça... Ça m'a fait du tort.

    Quand on quitte la Scientologie, ils veulent qu'on soit absolument réticent à faire ce que je fais aujourd'hui, c'est-à-dire parler, et il m'a fallu beaucoup de temps pour y parvenir. Il a fallu que je me réveille et j'ai dû... j'ai dû comprendre beaucoup de choses par moi-même.

    Mais, encore une fois, je veux décrire comment l'abusé devient abuseur. Pendant la première année après mon départ de la Sea Org, j'avais 20 ans et je cherchais seulement à m'évader. En résumé: «Donne-moi une fausse pièce d'identité et allons dans un bar s'enivrer et rencontrer des filles.» Je voulais avoir une compagne, mais il était plutôt difficile pour une fille de souhaiter plus qu'une relation courte avec moi, simplement parce que j'avais des problèmes. Et je les ai encore. Je suis en cours de thérapie et je suis en train de résoudre tout ça, mais c'est un autre sujet.

    Une fille que j'ai fréquentée – nous avons été ensemble pendant environ un mois – elle avait 15 ans. C'était un ancien membre de la Sea Org. J'en ai parlé dans la vidéo. Nous ne le cachions pas. Ses parents le savaient. Mes amis le savaient. Quant aux autres scientologues,... Personne ne désapprouvait, mais ce n'était pas correct, je l'ai compris plus tard, évidemment, mais... Et je ne vais pas la nommer ou nommer les autres personnes concernées, mais...

    Elle a été expulsée de la Sea Org, et vous ne le réalisez peut-être pas...

    Comme vous avez entendu à quel point il est difficile de partir quand on le veut, vous n'allez peut-être pas comprendre à quel point il est difficile de se faire expulser. Elle a été expulsée à l'âge de 14 ans. J'avais entendu des rumeurs quand j'étais dans la Sea Org, au sujet du motif de son expulsion, mais je n'y croyais pas vraiment. Encore une fois, je ne vais pas la nommer. Elle mérite qu'on respecte sa vie privée et il en va de même pour l'homme en question, mais...

    Il y a une église, pas très loin d'ici, qui s'appelle «l'Organisation avancée de Los Angeles.» C'est l'Église de Scientologie responsable de la formation des OT jusqu'au niveau OT 5. Après OT 5, les OT doivent aller à Clearwater, en Floride, la «mecque». C'était en 1999, 2000, et le capitaine, ou le chef de l'Organisation avancée de Los Angeles était... un petit Italien d'environ 50 ans, et elle était son assistante. Ils avaient des relations sexuelles.

    Quand l'église l'a su, ils ont expulsée la fille. Ils ont permis à sa mère et à son beau-père, qui travaillaient aussi pour l'AOLA, l'Organisation avancée de Los Angeles, de partir sans bruit, pour la surveiller dans le monde réel, pour s'assurer qu'elle n'allait rien révéler.

    L'homme a été condamné au RPF, mais pas le RPF local. Ils l'ont envoyé, je pense, outre-mer or à la base internationale. Quelqu'un pourrait probablement vous le dire, mais je ne suis pas ici pour dire: «Untel est un pédophile.» Il est peut-être aussi bousillé que je l'étais quand je suis parti.

    Ce que je veux souligner, c'est à quel point cette organisation, la Sea Org, le service des affaires spéciales OSA, l'Église de Scientologie Internationale, sont prêtes à contourner la justice dans ce pays, à quel point il est absolument primordial pour elles d'éviter des problèmes de relations publiques. C'est leur priorité.

    Elles ne composent pas le 911 de leur gré. Elles ne l'ont jamais fait et elles ne le feront jamais. C'est la raison d'être du RPF: pour enterrer les gens vivants. S'il se passe quelque chose qu'ils n'aiment pas, ils peuvent s'en aller.

    D'autres personnes pourraient confirmer cette histoire, même pas... Je doute qu'un membre de l'église le confirmerait, mais il y a des personnes qui sont parties et qui seraient parfaitement au courant, à part des personnes concernées, par exemple Mike Rinder, l'ancien chef du service des affaires spéciales OSA, anciennement connu sous le nom de «Guardian's Office», l'agence coupable de la plus grande infiltration du gouvernement des États-Unis. Renseignez-vous sur l'opération «Snow White» [Blanche-Neige]. Faites une recherche Google. Ils ont changé le nom à l'OSA, mais la stratégie n'a pas changé.

    Mike Rinder est encore scientologue. Il n'en pouvait plus des abus commis contre lui, mais il est personnellement responsable d'avoir gâché des vies innombrables. Je suis certain qu'il le savait. Et d'autres, mais...

    Vous devrez me pardonner. Malgré les conseils de ceux qui me connaissent, je n'ai rien préparé par écrit. Ce n'est tout simplement pas mon style.

    Bon.

    J'ai bien d'autres histoires à raconter et avec le temps, je les raconterai. Si vous voulez, vous pouvez aller sur YouTube et rechercher mon nom, Will Fry, F R Y. Vous le trouverez sans difficulté. J'ai hâte de parler avec vous plus longuement.

    Merci de m'avoir écouté.
  30. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Maureen Bolstad (1ère partie)
    Vidéo 8

    Mark Bunker

    Vous aurez la possibilité de parler avec Will et les autres intervenants après notre période de questions à la fin de la conférence.

    Will a mentionné la déconnexion. À la fin de notre période de questions, je vais lire 2 lettres écrites par des mères déconnectées d'avec leurs enfants. C'est un des aspects les plus importants de l'emprise exercée par la Scientologie.

    Une des raisons... Un des moyens employés pour vous empêcher de sortir consiste à vous menacer de perdre toutes vos relations avec vos êtres chers, vos parents, vos enfants. Notre prochaine intervenante l'a vécu et elle aussi est entrée très jeune en Scientologie.

    Voici Maureen Bolstad.

    Maureen Bolstad

    J'ai déjà donné beaucoup d'entrevues face à une caméra, mais c'est la première fois que je me trouve devant un si grand auditoire.

    J'aimerais tout d'abord dire que je vis actuellement une situation dans laquelle je suis déconnectée d'avec ma soeur jumelle. C'est déchirant et douloureux pour moi. La seule raison pour laquelle elle n'a pas la permission de me parler ouelle croit qu'elle ne peut pas me parler, c'est que j'ai quitté la Sea Org. C'est une des choses qui empêchent les personnes de sortir, quand elles ont des amis ou des membres de leur famille qui sont aussi membres.

    Il existe toujours cette menace de ne plus pouvoir parler à votre famille et à vos amis si vous partez. Vous avez aussi la possibilité de partir en suivant un «protocole de départ», une série d'étapes qui vous autorise à partir, mais vous serez ensuite endetté, parce que vous recevrez une «facture de déserteur» pour tous les services que vous avez reçus pendant que vous faisiez partie du personnel, et vous ne pourrez parler à personne tant que vous ne l'avez pas acquittée.

    Mais le protocole de départ n'est pas toujours facile pour tout le monde et dans mon cas... Je suis pas mal certaine que c'est pour cette raison que je prends la parole en dernier. J'ai demandé d'entamer le protocole de départ en février 1997 et on ne m'a pas donné la permission.

    J'étais essentiellement dans le RPF et on m'a dit qu'il ne m'était pas permis de suivre le protocole de départ et qu'il ne m'était pas permis de partir. J'y étais détenue et il y avait toujours quelqu'un qui me surveillait, 24 heures par jour.

    Il fallait qu'une autre personne soit toujours avec moi. On me projetait la lumière d'une lampe de poche au visage la nuit, quand je dormais, toutes les 2 heures, pour vérifier si j'étais encore au lit. À quelques reprises, j'ai réussi à m'enfuir, mais on m'a plaquée au sol et on m'a ramenée de force.

    Un des hommes qui s'est lancé sur moi s'appelle Chris Guider, un ancien footballeur professionnel australien. Il était imposant et j'étais incapable de m'en échapper, mais j'ai continué d'essayer.

    Une des dernières fois que j'étais dans le RPF à la fin de 1997, je me suis retrouvée dans une bagarre avec un des autres détenus du RPF. Il m'a cassé la main contre une table et il m'a plaquée contre des bibliothèques. J'étais pas mal abîmée et j'ai dit: «J'en ai marre. Si vous ne me laissez pas partir, je vais cesser de manger et de dormir, et je vais mourir», parce que je voulais ma liberté. Je n'aimais pas être traitée comme une prisonnière alors que je n'avais absolument rien fait de mal, à part le fait que je ne voulais plus travailler là pour rien.

    Ce soir-là je parlais à – On m'a dit: «Prends le temps de dormir, ça ne veut pas dire...» Ils disaient qu'ils me parleraient le lendemain de ce qui me donnait envie de partir et qu'ils allaient mieux me traiter. Je suis donc allée me coucher.

    J'ai laissé tomber ma menace de ne pas dormir ou manger et, ce soir-là, j'ai réussi à m'évader.

    J'ai entendu les deux personnes qui surveillaient ma porte de l'extérieur s'éloigner. Je m'étais couchée toute habillée et je... C'était à Hemet à l'endroit qu'ils appellent «le ranch» ou «Happy Valley» qui est – ils n'en sont plus propriétaires, mais ils l'étaient autrefois – situé près de la réserve indienne Soboba. J'ai couru derrière les maisons des Indiens pour m'esquiver des gardiens de sécurité, mais une équipe a été expédiée pour me rechercher.

    Ils avaient même un chien. Ils avaient 2 camions et ils étaient plusieurs, à 4 ou 5 heures du matin, qui tentaient de me trouver. J'ai réussi à me rendre chez ma tante.

    Maureen Bolstad (2e partie)
    Vidéo 9

    Maureen Bolstad

    J'ai fait de l'auto-stop, j'ai pris l'autobus et, quand je suis arrivée chez ma tante, un responsable de l'Église de Scientologie s'est présenté chez elle avec ma soeur. Ils m'ont dit: «Si tu reviens,» – excusez-moi – «tu pourras parler avec ta soeur, tu pourras parler avec ton mari, tu n'auras pas à faire le RPF et nous allons mieux te traiter.» Ils m'ont fait des promesses et j'ai voulu y croire, mais quand j'y suis retournée, j'ai été coincée là encore 3 misérables années et ma soeur ne m'a pas parlé, mon mari a divorcé d'avec moi, et c'était pénible.

    Pendant 3 ans, j'ai été en semi-isolement. Je devais faire des travaux manuels tous les jours malgré le fait que mon dos et mon cou étaient en mauvais état à cause de blessures antérieures. Ça me rendait folle. J'avais tellement mal.

    J'étais... J'ai perdu ma volonté de vivre à un moment donné et ils ont enfin cessé de me harceler parce qu'ils craignaient que je ne meure parmi eux.

    Et bien entendu: «Ce serait néfaste pour les relations publiques de l'église si quelqu'un mourait chez nous, parce que c'est déjà arrivé à Clearwater. Lisa McPherson est décédée. On ne veut pas que ça se reproduise.»

    Ils m'ont donc laissée... laissée partir, mais à ce moment-là, je ne voulais pas m'en aller. J'avais besoin de soins. J'étais dans un état lamentable et... Bon, je ne veux pas vraiment... Évidemment, je suis encore en vie.

    Je m'en suis sortie et je mène ma vie, mais la raison pour laquelle je témoigne, c'est que... Je ne suis pas contre les aspects des croyances de la Scientologie qui aident les gens. Je ne suis pas contre l'idée que le système de santé mentale a besoin d'être réformé. Je ne suis contre aucune de ces bonnes choses.

    Je suis contre les abus, les mauvais traitements. J'ai travaillé pour la Sea Org pendant 18 ans. J'y suis entrée à l'âge de 16 ans et j'ai travaillé fort pour eux.

    Je travaillais parfois plus de 20 heures par jour, 7 jours par semaine. Je... pour moins de 30 cents l'heure. Et quand je n'en pouvais plus, que je ne pouvais plus être un cheval de labeur pour eux et que je voulais m'en aller, j'ai été traitée comme... comme une criminelle. Et ça ne devrait pas... Ça devrait...

    Ce qui m'est arrivé est illégal. J'étais en si mauvais état par la suite que j'étais incapable d'y faire face immédiatement, mais je suis maintenant en mesure d'en parler et d'expliquer au public que la Scientologie a un côté sombre et qu'il faut faire quelque chose. Ils ne devraient pas pouvoir faire des choses pareilles avec impunité, simplement parce que c'est une religion.

    Il me reste une minute. J'essaie de me rappeler les autres choses que je voulais dire. Bien des gens me demandent comment j'y suis entrée. Les personnes qui ont parlé avant moi aujourd'hui ont expliqué le processus de recrutement, et c'est une chose qui m'est arrivée quand j'étais très, très jeune – j'avais 15 ans – dans une mission de Scientologie.

    Je n'avais pas assez d'argent pour payer les cours de Scientologie, mais on me les avait bien vantés et j'étais intéressée et je voulais les étudier. En me joignant au personnel, on me proposait comme un programme de travail-études qui permet de suivre les cours parce qu'on fait partie du personnel.

    C'est donc ce que j'ai fait. Pendant ma première année de travail dans une mission je n'ai pas reçu... je n'ai fait que travailler et travailler. J'étais comme un cheval de labeur. Je m'occupais de la ronéotypie, je travaillais à la réception. Je n'étais pas rémunérée et je ne recevais aucun cours de Scientologie.

    Je voulais prendre les cours de Scientologie parce que tant de gens disaient que c'est formidable. Quand j'avais 16 ans, un recruteur de la Sea Org est venu me recruter. Il m'a abordée quand ma mère n'était pas présente.

    Il m'a promis beaucoup de choses, qu'on m'aiderait avec mes études, que je compléterais des études secondaires et collégiales et que j'aurais toutes sortes de choses merveilleuses. J'apprendrais la Scientologie.

    Je serais logée, j'aurais des soins médicaux et dentaires, je pourrais visiter ma famille tous les ans pendant 3 semaines et ce serait merveilleux. Il est allé chez ma mère pour obtenir sa permission. Elle était ivre et le recruteur l'a quand même fait signer le formulaire de consentement.

    Mon petit frère était là. Il n'avait que 14 ans et elle lui a demandé: Et mon frère de répondre: «Oui.»

    On s'est donc retrouvés dans un avion à destination de Clearwater, en Floride, et nous sommes arrivés et on nous a immédiatement mis au travail à faire la lessive pour une des organisations supérieures.

    Je travaillais littéralement jusqu'à 2 heures du matin, 4 heures du matin à la lessive tous les jours – faisant la lessive et faisant le ménage dans les chambres pendant un mois environ, et à la fin, je me disais «Mon Dieu! Qu'est-ce que je fais ici? Je n'en peux plus. Je ne peux pas continuer à veiller des nuits entières sans aller à l'école», et ainsi de suite.

    Mon supérieur me dit: «Bon, en fait, nous nous sommes trompés. Nous avons commis une erreur. Tu ne devrais pas faire ce travail. Nous allons te faire suivre un autre programme qui commence par une formation pour le personnel. Tu pourras dormir comme il faut et tu auras un horaire convenable. Il fallait simplement respecter en bonne et due forme les règles établies par L. Ron Hubbard. Nous ne l'avons pas fait jusqu'à maintenant, donc nous nous en excusons. Tu peux rester, parce que ça ne se reproduira pas.»

    Je suis donc restée, mais même si j'avais quitté, je n'avais pas d'argent et ma mère n'avait pas d'argent. Qu'est-ce que j'aurais fait à Clearwater, en Floride, à l'âge que j'avais?

    J'ai donc fait la prochaine étape, une formation de base pour le personnel, et il a fallu que je signe une facture sans frais pour 3 mille dollars. J'avais 16 ans et voilà que j'étais en train de signer un document qui disait que, si je m'en allais, je leur devrais 3 mille dollars, et les factures se sont accumulées au fils des ans. Je crois qu'à l'âge de 17 ou 18 ans je leur devais 20 ou 30 mille dollars uniquement pour ma formation comme membre du personnel – je n'avais pas suivi de formation en Scientologie. Il s'agissait seulement d'un apprentissage de base de l'administration, par exemple le système des 3 corbeilles, comment rédiger des dépêches, comment remplir des bons de commande. Des choses de ce genre.

    J'aurais tellement de choses à dire. Dix-huit ans, c'est long. Je pourrais vous raconter histoire après histoire et il y a beaucoup de choses que vous auriez de la difficulté à croire... à croire possibles ici en Californie ou à Clearwater.

    La seule chose que j'aimerais ajouter, c'est qu'il y a certainement un manque de respect pour le corps humain et pour la santé que j'ai constaté de façon plutôt criante à maintes reprises dans la Sea Org, et je l'ai appris à la dure. J'ai eu un accident en 1993.

    Je me suis blessée dans un accident de motocyclette, au cou et à l'épaule, et je suis retournée au travail 2 jours plus tard, après avoir failli me casser le cou dans un accident. Et je veux vous dire ce que je faisais comme travail.

    Vous voyez cet homme qui porte une caméra sur son épaule? C'est ce que je faisais pour eux. Donc après mon accident où j'ai failli... Je me suis déchiré des muscles à l'épaule, au bras et au cou. J'avais 3 hernies discales au cou. J'ai dû retourner au travail et porter une caméra sur mon épaule et j'avais... on ne me permettait pas de prendre des anti-douleurs et je devais travailler de très, très longues heures. C'était vraiment pénible.

    Vous savez... Des gens me disent: «Tu sais, toi... tu as perdu la raison» et, vous savez, quand... En Scientologie, j'ai eu des ennuis parce que j'ai fait une dépression nerveuse. Et ma réaction, c'est que vous feriez de même. Vous feriez de même si vous travailliez plus de 20 heures par jour et que vous deviez porter une caméra sur une épaule presque cassée.

    C'était rude et, vous savez, il n'y a pas d'employeur... Il faut qu'un employeur soit responsable de la sécurité et de la santé de ses employés, et la plupart des entreprises surveillent la façon dont les travailleurs sont traités, leur sécurité et leur santé. Et dans les organisations de la Scientologie, il n'y avait vraiment presque rien.

    Voilà une autre chose qui, à mon avis, a vraiment besoin d'être corrigée. Le simple fait qu'un groupe soit religieux ne lui permet pas de jeter la sécurité et la santé de ses travailleurs par la fenêtre, sans prendre des mesures convenables pour veiller à leur santé.

    C'est tout. Merci.

    Nancy Many (1ère partie)
    Vidéo 11

    Mark Bunker

    ... et vous présenter notre dernière intervenante, qui a des choses fascinantes à raconter, elle aussi. Elle a écrit un livre et c'est un livre vraiment formidable, intitulé «Mon contrat d'un milliard d'années.»

    Elle est entrée en Scientologie alors qu'elle était jeune collégienne et qu'elle fréquentait des amis qui consommaient des drogues douces, et elle se disait qu'il doit y avoir plus que ça dans la vie. Malheureusement, c'était la Scientologie.

    Voici Nancy Many. Son témoignage est fort impressionnant.

    Nancy Many

    Bonjour, tout le monde. Je n'ai pas... Je n'en ai pas parlé avec Jeff [Hawkins], mais le temps... le nombre d'années que nous y avons consacrées est assez considérable. J'étais adolescente quand j'ai commencé et je suis encore engagée, pas directement de l'intérieur, mais de l'extérieur.

    J'ai écrit mon livre, au fond pour... C'était en partie... une sorte de thérapie. Mes expériences en Scientologie sont très diverses et elles touchent à pratiquement tout ce que mes prédécesseurs ont dit et à des aspects qui n'ont pas été abordés.

    Je connais d'expérience le RPF. J'ai travaillé pour leur service de renseignement. J'ai participé à des infiltrations, y compris pour le programme «Snow White» [Blanche-Neige], implanté il y a des années par le «Guardian's Office».

    Le bureau des affaires spéciales OSA a remplacé le «Guardian's Office» en disant: «On n'agit plus de la même manière. Nous agissons en toute légalité et nous faisons ce que nous sommes censés faire.» Et j'ai aussi été une taupe... une espionne... un agent clandestin pour l'OSA. Et je peux affirmer catégoriquement qu'il n'est pas vrai que l'OSA est différent.

    Il n'y a pas vraiment de différence entre ce que le «Guardian's Office» et l'OSA m'ont demandé de faire. Le but d'un service de renseignement... Mike Rinder l'a très, très bien dit: «Vous avez un attaquant. Vous avez ciblé une personne et vous voulez dénicher l'information la plus précieuse sur cette personne, pour pouvoir la menacer. En la menaçant, vous aller persuader cette personne à reculer.»

    Voilà donc le principe directeur, le mode de fonctionnement. C'est de cette façon que le GO fonctionnait et c'est ainsi qu'ils continuent de fonctionner aujourd'hui. Ils ont maintenant un bouclier supplémentaire d'avocats et ils embauchent plus d'enquêteurs privés. C'est beaucoup plus dispendieux aujourd'hui qu'à l'époque du GO. Et grâce au privilège avocat-client, l'église ignore ce que leur avocat a fait. Ils l'ignorent, ou même s'ils le savaient, ils ne partageraient pas l'information.

    J'ai aussi travaillé avec Hubbard. J'étais l'assistante de Hubbard lorsqu'il vivait dans la clandestinité. Il avait essentiellement 7 divisions dans son organisation et il avait un assistant pour chacune de ces divisions. J'étais son assistante pour la «Division 6», à savoir «les relations publiques et l'expansion mondiale», ce qui comprend les célébrités et le recrutement pour la Scientologie. Chaque personne dans cette salle se dit probablement: «Jamais je ne pourrais...» Jamais vous ne vous pourriez... Et moi, je vous dis que, si, vous le pourriez!

    J'ai participé à une émission de radio il y a quelques mois, et j'ai pratiqué un dialogue de recrutement avec l'animateur et sa réaction était du genre: «Ouais, j'aimerais ça.» La formation qui permet de recruter une personne en Scientologie, que ce soit une célébrité ou non, est essentiellement la même. La différence, c'est que les célébrités sont traitées avec délicatesse. On les traite un peu... Ça ne se fait pas de façon agressive, parce que, si une personne ordinaire s'en va en disant: «Je ne vous aime pas», ils s'en fichent. Mais si c'est une célébrité, ils ont beaucoup investi et ils veulent recruter cette célébrité. Ils ne veulent pas que cette célébrité dise quoi que ce soit de négatif.

    J'ai quitté l'église, la Sea Org. J'ai complètement cessé de travailler pour la Sea... pour la Scientologie en 1986 ou 1987. Je suis ensuite devenue scientologue publique; j'ai suivi un parcours à rebours. Comme beaucoup d'autres qui ont parlé pendant cette conférence, j'ai commencé au sommet et je me suis un peu retirée.

    À la fin, ils ont mis la main sur un courriel que j'avais envoyé à une femme qui avait des doutes sur la Scientologie. Elle ressentait de la confusion. J'étais dans un état fort semblable. Je sentais vraiment que nous avions quelque chose en commun. Elle était en Afrique du Sud et il se passait beaucoup de choses. Elle m'a écrit en me demandant: «Mais comment peux-tu communiquer avec moi? Tu es scientologue. Tu n'es pas censée communiquer avec moi, étant donné que j'ai été déclarée personne suppressive.» Et j'ai répondu, en donnant mon vrai nom: «Je n'ai pas peur de communiquer avec toi. Ce qui me fait peur, ce sont les espions que la Scientologie va envoyer dans ton entourage.»

    J'ai su quelques années plus tard qu'elle n'a jamais reçu ce télex. Cinq mois plus tard, on m'a convoquée à l'immeuble HGB, le siège de l'OSA, et on m'a montré ce courriel. L'ironie du fait qu'on me montrait ce courriel dans le saint des saints de la Scientologie ne m'échappait pas, mais elle semblait échapper aux personnes face à moi. C'est une notion qu'elles ne saisissaient pas tout à fait. J'ai aussi appris que cette femme en Afrique du Sud ne l'a, en fait, jamais reçu.

    Ils m'ont offert de l'aide. Ils m'ont dit: «Bon, nous avons quelqu'un. Nous sommes prêts à t'aider. Nous savons que tu éprouves toutes sortes de doutes et de confusion à propos de la Scientologie. Tu y as investi une grande partie de ta vie, beaucoup de temps, et nous allons t'aider.» Puis ils m'ont convoquée à ce qui était essentiellement un interrogatoire. C'était... D'après mon thérapeute, c'était fort semblable à ce que les hommes ont subi quand ils ont été capturés en Corée du Nord. Et elle m'a dit: «Nancy, si tu doutes de tes capacités et de ton endurance, rappelle-toi qu'il leur a fallu beaucoup de temps pour te faire craquer.»

    Et c'est ce qu'ils ont fait. Ils m'ont fait craquer. J'ai fait une crise psychotique.

    Cette crise psychotique était tellement intense qu'on m'a attachée et transportée en ambulance dans un hôpital, où je ne reconnaissais même pas mon mari. Cette rupture d'avec la réalité s'est poursuivie. Il ma fallu beaucoup de temps pour m'en remettre. Je n'ai pas vraiment reçu d'aide. La soi-disant église... Il me semblait... Ils ne m'ont pas aidée du tout, disons-le ainsi.

    Le médecin scientologue chez lequel on m'a envoyée m'a prescrit un médicament qui s'appelle «hydrate de chloral», le même médicament qu'on a donné à Lisa McPherson, qui est décédée. On m'a dit que c'est la même drogue que le Docteur Denk a donnée à L. Ron Hubbard, que ce n'était pas une drogue psychotrope qu'il ne pouvait pas prendre. Et il est décédé. C'est la drogue qu'on a trouvée... qui a été identifiée comme cause du décès de Pamela Ander– non, s'agit-il de Pamela Ander–? Non, qui est-ce? Son fils est décédé avant elle. Anna Nicole Smith. Cette drogue était la cause de son décès. C'est ce qui a été conclu. L'hydrate de chloral. C'est le nom du médicament.

    Un jour après ma sortie de l'hôpital, j'ai décidé faire le contraire de ce qu'on me disait. J'ai donc cessé de prendre tout ce que la Scientologie me disait de prendre, les énormes doses de vitamines que... je l'ai appris par la suite, quand j'ai su que Lisa était morte. On lui avait donné d'énormes doses de vitamines. Un médecin spécialiste a dit que ce n'était pas à cause d'une vitamine en particulier. C'était le mélange des vitamines qu'on lui a données, parfois de force en la gavant, qui l'a tuée.

    Nancy Many (2e partie)
    Vidéo 12

    Nancy Many

    Je ne savais pas qu'elle était décédée. Mon interrogatoire et ma perte de santé mentale ont eu lieu 6... environ 6 ou 7 semaines après son décès. J'ai su un an plus tard, quand mon état s'était beaucoup amélioré, qu'elle était décédée. Et c'est tellement semblable. Et le médecin était... C'était le même médecin dans nos deux cas.

    J'ai tenté de faire beaucoup choses pour me guérir. J'ignore si vous avez connu une personne qui a subi une crise, un épisode psychotique. On n'est certainement pas présent avec les autres. On voit certainement des choses que les autres ne voient pas. Et on sait parfois que les autres ne les voient pas, donc on évite d'en parler. C'est ce qui m'a permise de conduire une voiture.

    À chaque année, je fais quelque chose pour marquer cet anniversaire, pour ma guérison. Une année, j'ai écrit, sous le pseudonyme de Kathryn, mon histoire, le noyau de mon livre. J'ai écrit le récit de Kathryn, racontant comment ils m'ont fait perdre la raison et n'ont rien fait pour m'aider à me réintégrer à la vie. En fait, si... j'étais tout à fait délaissée.

    J'ai donc mis mon récit sur Internet et, d'après mon expérience avec l'OS– dans le renseignement, je savais que: «Bon, ils sont maintenant en train de le lire. Qui va m'appeler en premier?» Le premier appel est venu de la personne que j'attendais, et j'ai dit: «D'accord, je vais te rencontrer pour un repas.» Et sa première question, ou une des premières, c'était: «Combien de fois parles-tu avec Arnie Lerma?» À cette époque, Arnie Lerma était la cible numéro 1 de l'église.

    Ce que personne ne savait, c'est que je n'avais pas envoyé mon récit à Arnie sous mon vrai nom. Je connais Arnie et Arnie sait maintenant que c'était moi, mais à ce moment-là, je croyais simplement qu'il était de confiance et je voulais que ce soit lui qui mette mon récit sur Internet.

    Au fil des ans, j'ai écrit mon livre pour ma santé personnelle, mais j'ai aussi reçu des commentaires d'autres personnes. Je suis allée à Boston dernièrement, à un congrès de bibliothécaires, et j'ai colligé environ un tiers des courriels et des informations que j'ai reçus de personnes qui ont vécu des expériences semblables à la mienne. Partout dans monde. Des familles de suicidés. Des familles de meurtriers, qui étaient scientologues, mais qui sont devenus des meurtriers.

    J'étais... Je les recevais un à la fois et je les ajoutais au dossier. Quand je me suis installée pour tout lire, j'ai été sidérée. J'ai été absolument sidérée que cet abus mental se soit perpétué, à l'échelle mondiale, de manière systémique en Scientologie. Comme scien– Ayant oeuvré dans le renseignement, je suis très consciente des conséquences possibles pour moi-même, mais je suis encore plus consciente que ces abus doivent cesser. Ces abus doivent cesser. Ce sont des personnes!

    Une femme, par exemple, après avoir subi un maniement spécial, s'est retrouvée incapable de conduire sa voiture sur l'autoroute pendant un an, parce qu'elle avait des pensées suicidaires du genre: «Que se passerait-il si je fonçais sur une autre auto?»

    D'autres personnes ont été très, très traumatisées. Je suis devenue amie avec un homme, par téléphone, qui était... qui a fait une crise psychotique. Il était en Floride. Il s'appelait Greg Bashaw. «Mort d'un scientologue» [Titre de journal]. Il était originaire de Chicago. Il avait dépensé des centaines de milliers de dollars pour la Scientologie. Il était rendu aux niveaux avancés. Il avait quitté des emplois dont la Scientologie n'approuvait pas. Quitter un emploi qui rapporte 200 mille dollars par an, c'est vraiment une preuve de dévouement à la Scientologie.

    Dans mon livre, j'inclus la dernière lettre qu'il a écrite au chef de l'organisation scientologue en Floride. Sa femme était heureuse de me permettre de la publier. Et je n'ai pas changé un mot. Elle contient quelques termes de Scientologie qui seront peut-être incompréhensibles pour certains d'entre vous.

    Quand sa femme était en négociation avec l'Église de Scientologie, ils l'ont piégée alors qu'elle était sans avocat, sans ami, sans qui que ce soit, à un moment où elle était très vulnérable, et ils lui ont offert une somme dérisoire. Je ne connais pas le montant exact, parce que c'est confidentiel. Mais je sais que c'est une somme dérisoire, parce qu'elle risque encore de perdre sa maison et que son mari avait versé plus de 300 mille dollars, payés surtout avec des cartes de crédit, et que c'est une dette qu'elle devait quand même acquitter.

    Quand on lui a donné le formulaire à signer, il y avait une phrase qui disait: «Je ne parlerai jamais à la presse et je n'écrirai jamais un livre à propos de ce qui est arrivé à mon mari.» Elle a refusé de signer. Elle a dit: «Je vais peut-être écrire.» Et elle le fera, quand elle le voudra, et elle s'exprimera avec ses propres mots. Mais le scientologue qui lui offrait un chèque pour une somme dérisoire a répondu: «Bon, d'accord. Je vais simplement rayer cette ligne. Qui pourrait bien s'intéresser à votre mari? Qui voudrait savoir ou lire de quoi au sujet de la mort d'un scientologue?» Il a donc simplement biffé la phrase.

    J'espère que vous allez désormais communiquer le fait que des personnes meurent. Il y a des personnes qui meurent. Il y a des personnes qui font des psychoses et, comme Greg et moi en avons discuté... une des fois qu'on s'est parlé au téléphone avant sa mort, nous avons compris pourquoi Christopher Reeve voulait rester en vie. C'est parce qu'il possédait ses facultés mentales. Sans nos facultés mentales, on est sans vie.

    Et la Scientologie... Le nombre de personnes qui m'ont écrit ou qui, par Internet, ont réagi à mon livre en disant: «Mon Dieu! Je n'en ai jamais parlé, mais, il y a 15 ans, j'étais psychotique. Et je ne l'ai dit à personne. Et j'ai réussi tant bien que mal à me retrouver et à m'en sortir.»

    Voilà pourquoi je prends la parole. C'est encore vrai aujourd'hui.

    Il y eu un meurtre. Quand? La semaine dernière? Le patron scientologue... [une voix d'homme: C'était en décembre.] C'était il y a environ un mois.

    Il y a le cas de Jeremy, enfant psychotique de parents scientologues. On lui a refusé des soins psychiatriques. Il a poignardé sa mère 77 fois. Il se passe des choses semblables partout dans le monde. Une femme à Copenhague a communiqué avec moi et je jure que, de mémoire, elle a pu nommer 20 personnes qui sont mortes et qu'elle a connues personnellement. Et elles sont mortes à cause de ce groupe.

    Je me demande: «Comment en vient-on là? Pourquoi ne suis-je pas sortie en courant de la salle d'audition, même si je savais que je subissais un interrogatoire très, très intense et qu'on me poussait au bord de la folie?»

    Et je reviens au tout premier cours que j'ai pris en Scientologie, qui aujourd'hui... Les «upper indocs» [endoctrinements avancés] sont aujourd'hui séparés, mais ils font partie de ce qu'on appelle les TR ou routines d'entraînement. Les «upper indocs» sont les TR plus avancées. Et tout le monde en parle... Un des exercices consiste à parler à un cendrier. La plupart d'entre vous ont entendu parler de l'exercice dans lequel on parle à un cendrier et on le soulève. Je crois que Tom Cruise a fait l'exercice du cendrier avec une des personnes ici.

    Mais fondamentalement... le principe de ces «upper indocs», c'est le contrôle. «Contrôle» dans le sens de «contrôle physique». Vous devez contrôler physiquement le corps, la personne, qui est devant vous. Votre chaise est placée stratégiquement devant la porte, de sorte que l'autre personne ne puisse pas sortir. Si elle sort, comme je l'ai vu à quelques occasions, il y a une expression codée, «HCO Bring Order», qui signifie que chaque bien-portant dans l'entourage doit se jeter sur cette personne...


    Nancy Many (3e partie)
    Vidéo 13

    Nancy Many

    et l'expulser des locaux ou la ramener à l'endroit où on veut cette personne. Ce sont eux qui ont le contrôle. Et ce «8C» – j'ignore le sens du «8», mais je sais que le «C» signifie «contrôle» – c'était dans le tout premier cours que j'ai suivi.

    De mon siège, le dernier jour de l'interrogatoire, j'avais des haut-le-coeur et j'étais penchée sur une poubelle, et je pouvais regarder par la fenêtre et voir mon auto, et je ne voulais rien de plus que d'être dans mon auto. Les cours de 8C et le fait que la porte soit bloquée et qu'il y ait une caméra dans la pièce, le fait que je sois au 11e étage de l'immeuble HGB, qui était... qui est le centre de l'OSA. Pour me rendre de là à mon auto, si j'avais pu contourner l'interrogatrice, je n'aurais jamais pu ni passer devant les gardiens de sécurité, ni esquiver les caméras, ni prendre un ascenseur, ni trouver un escalier.

    Et je reviens encore au tout premier cours qui est offert en Scientologie. Comme je l'ai mentionné, les temps ont changé. Ils ont un plus grand nombre de cours d'initiation, mais c'était autrefois le premier cours, et aujourd'hui il se donne séparément et plus tard. Mais il existe toujours. Et il s'appelle encore «upper indocs». C'est le cours dans lequel on vous apprend, et on vous fait pratiquer, la façon de contrôler physiquement le corps d'une autre personne contre son gré. Contre son gré. On vous donne une formation. Pour contrôler le corps d'une autre personne.

    Cet homme [Greg Bashaw] n'est plus parmi nous. Il était rendu à un des plus hauts niveaux, OT 7. Il a versé plus de 300 mille dollars. Il a donné sa vie. Il a même travaillé dans l'espionnage. J'ignore si vous savez qu'il y avait autrefois un groupe qui s'appelait «Cult Awareness Network», mais la Scientologie en a pris contrôle. Cet homme faisait partie intégrante de l'espionnage et du travail clandestin qui a préparé la prise de contrôle de cet immeuble... de cette organisation, dis-je.

    Et il y a bien d'autres personnes comme lui. Et le fait que la Scientologie, en payant une somme dérisoire à sa femme, puisse dire: «Je vais simplement biffer cette phrase, parce que personne ne s'y intéressera.»

    Et c'est vrai. Personne ne s'est montré intéressé.

    Quand j'ai commencé à chercher un éditeur pour mon livre, on ne l'ouvrait même pas. On entendait le mot «Scientologie» et c'était fatal. Un agent m'a répondu par téléphone et sa voix tremblait: «Ils pourraient même s'en prendre à moi. Ils pourraient même s'en prendre à moi.»

    Et c'est maintenant le deuxième anniversaire d'Anonymous, un groupe de personnes qui n'ont même pas été scientologues. Ils ont compris qu'il y a un problème. Ils ont compris qu'il n'y a pas de liberté de parole. Au début, je suis certaine qu'ils ne savaient pas à quel point le problème est grave. Mais ils se sont tenus debout.

    Et pourquoi pas moi? Pourquoi pas moi? Et pourquoi le public est-il incapable de s'intéresser à Greg Bashaw? Et à son fils, qui a été témoin de ses tentatives de suicide... et de son suicide. Et à sa femme, qui est restée endettée à cause de l'argent qu'il a donné à l'Église de Scientologie. C'est là qu'est allé tout cet argent, à l'Église de Scientologie. Et ils n'ont pas... Et enfin, lui, il est mort et sa femme doit lutter pour garder sa maison.

    J'espère que vous allez vous y intéresser. J'espère que vous parlerez de Greg Bashaw et des nombreuses autres personnes comme lui, qui subissent cet abus mental quotidiennement, internationalement.

    Comme on l'a mentionné avant moi aujourd'hui, le siège international de la Scientologie se trouve en Amérique. Si de telles choses se passent en Amérique, elles se passent en Australie, elles se passent en Afrique du Sud, ces choses se passent partout. Si ces choses se passent au sommet, elles se passent aux autres niveaux. Et peu importe le pays.

    Les pays européens en savent plus long parce qu'ils ont fait face aux nazis. L'Amérique est un peu réticente à intervenir en matière de religion, parce qu'elle a été fondée sur la liberté de religion. Si vous voulez manipuler un serpent au venin mortel, c'est votre droit, dans le cadre de vos offices religieux. Si le serpent vous mord, c'est la volonté de Dieu. Vous ne prenez pas d'anti-venin, parce que si vous mourez, c'est la volonté de Dieu. Et c'est l'Amérique. Nous sommes différents en matière de religion. C'est connu. C'est très connu des scientologues et ils s'en servent beaucoup.

    Mon livre contient beaucoup plus d'informations et j'espère que vous aurez la chance de le lire. J'espère que vous n'allez pas partir sans enquêter plus en profondeur et que vous n'aurez pas peur.

    Anonymous, je l'ai dit à Anonymous, les personnes qui portent des masques: continuez de porter vos masques. Conduisez des voitures différentes. Ils prennent note de votre numéro de plaque. Ils vous identifient. C'est... c'est la norme.

    C'est la norme dans le travail de renseignement. Tout d'abord, ils veulent votre photo. C'est la première chose. Ouvrir le dossier, insérer la photo. Deuxièmement, ils veulent connaître votre adresse. Et ils veulent avoir une photo de votre résidence. Ensuite, ils veulent savoir où vous travaillez. Et ils examinent encore plus à fond les amis que vous avez connus au cours de votre vie.

    Et vous, n'importe qui parmi vous, parce que vous êtes membres de la presse et que vous êtes vulnérables à ce type de harcèlement. Ce ne sont pas les personnes qui vous approchent qui devraient vous inquiéter. Ce sont les personnes qui approchent votre conjoint ou un ami proche. Car vous direz des choses à un ami proche, et cette nouvelle personne dont vous ignorez tout... ces choses sont partagées. Et c'est ainsi que la Scientologie recueille des renseignements. Ils ne le font pas d'une façon qui saute aux yeux. Quand ça saute aux yeux, c'est parce qu'ils le veulent.

    Mais leur vrai service de renseignement et leurs vraies méthodes de collecte d'informations s'introduisent à votre insu.

    J'espère que vous prendrez à coeur le fait que Greg Bashaw est mort, après avoir donné sa vie et son argent, jusqu'aux limites permises par ses cartes de crédit, à la Scientologie.

    Je vous remercie.

    Mark Bunker

    Merci. Y a-t-il d’autres questions?

    Question 1

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] J’aimerais poser une question à Nancy.

    Nancy Many

    Oui.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Nancy, pouvez-vous parler du terme scientologue «fin de cycle»? Croyez-vous que c’est un ordre? [inaudible] très controversé et [inaudible].

    Nancy Many

    «Fin de cycle» a été mentionné à la mort d'Yvonne Jentsch. Il y a eu une rumeur selon laquelle L. Ron Hubbard ou David Mayo lui a donné un programme de fin de cycle. Elle était mourante. Dans le monde ordinaire, elle aurait été mise dans un hospice et on l’aurait aidée à partir aussi doucement et tranquillement que possible, parce qu'il n'y avait aucune autre option. «Fin de cycle» comme directive spécifique, je ne l'ai jamais lue. Seulement des rumeurs, probablement les mêmes que vous avez entendues.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Je m'adresse aux intervenants et à vous, Mark. Il y avait un journaliste de la revue «Freewinds»...
  31. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Questions (1ère partie)
    Vidéo 10

    Mark Bunker

    Leur avocat, Barry Van Sickle, est ici et lui sera heureux de vous parler à ce sujet.

    Question 2

    Une voix de femme

    [Hors champ:] Pourquoi êtes-vous tous ensemble ici aujourd'hui? [12 février 2010]

    Mark Bunker

    Aujourd'hui? C'est le deuxième anniversaire du mouvement Anonymous, et nous avons pensé marquer cet événement d'une manière spéciale. Voilà pourquoi nous sommes réunis pour raconter ces histoires aujourd'hui.

    Question 3

    Une voix de femme

    [Hors champ:] Ainsi, cela n’a rien à voir avec les poursuites judiciaires?

    Mark Bunker

    C'est exact.

    Question 4

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Nous avons eu un événement semblable en Australie en novembre dernier. En avez-vous connaissance?

    Mark Bunker

    Oui.

    Question 5

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] [Inaudible]

    Mark Bunker

    Je ne l'ai pas organisée. Je dirais que c'est probablement un facteur de motivation. Il y a eu une grande conférence à Hambourg, l'année dernière également, à laquelle Jeff a participé, je crois. Non? C’est Marc Headley qui y était. C'est quelque chose qui revient de temps en temps. Nous sommes ravis de pouvoir répandre le message…

    Question 6

    Une voix de femme

    [Hors champ:] Parmi les intervenants, combien ont été interviewés pour l'article du St. Petersburg Times?

    Mark Bunker

    Jeff en était. Voulez-vous répondre?

    Jeff Hawkins

    Oui. Quelle était la question?

    Une voix de femme

    [Hors champ:] Je voulais juste savoir lesquels des intervenants ont été interviewés pour la série d’articles du St. Petersburg Times ou n'importe quel autre grand reportage.

    Jeff Hawkins

    Oui, j’ai participé. J'ai été interviewé par le St. Petersburg Times, et je sais que Marc a aussi été interviewé, ainsi que d'autres personnes qui ne sont pas ici, mais il y a beaucoup de personnes qui osent parler maintenant. De plus en plus, les gens osent parler, parce qu'il devient moins risqué de le faire. Ils ne peuvent pas vraiment s'attaquer à tout le monde.

    Question 7

    Une voix de femme

    [Hors champ:] Pourquoi pensez-vous qu'il y a cet élan maintenant?

    Jeff Hawkins

    C’est en partie dû au mouvement Anonymous, parce qu'ils ont commencé ces manifestations et que cela a beaucoup occupé l'attention de l'église et permis aux gens de sortir du bois et de dire: «J’ai été maltraité. J'ai été maltraité.» Cela a commencé à se produire et, par un effet boule de neige, de plus en plus de personnes s’expriment. Aujourd’hui, nous pouvons nous exprimer sans grand risque contre l'église parce que, comme je l’ai dit, ils ne peuvent pas courir après tout le monde. Par le passé, nous étions si peu nombreux qu'ils pouvaient se concentrer sur ces quelques personnes, les faire suivre par des détectives privés, les harceler jusqu'à ce qu’ils se taisent. Maintenant cela devient très répandu et c’est une des raisons pour lesquelles je pense que l'église s'écroule.

    Question 8

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] [Question concernant les poursuites judiciaires en cours].

    Marc Headley

    Je vais vous dire ce qu’il en est. Dans mon cas, je vous ai fourni certains détails au sujet de mon travail pour la Scientologie. J'ai intenté un procès à ce sujet. Ma plainte a été déposée l'année dernière et je soutiens qu'ils ont violé le droit du travail et sont impliqués dans le trafic d’êtres humains. Mon épouse a également porté plainte pour des avortements forcés, des violations du droit du travail et le trafic d'êtres humains. En résumé, ils produisent des biens, ils emploient des personnes, ils disent aux personnes qui travaillent pour eux, leurs employés, que ce sont des bénévoles et qu'ils ne sont pas tenus de les rémunérer et ils ne les paient pas. La raison pour laquelle j’ai été suivi par des détectives privés et eux ont dépensé des millions de dollars pour contrer ma plainte, c'est qu'actuellement, ils ont 5 mille employés dans le monde. Ils paient chacune de ces personnes 50 dollars par semaine. S'ils étaient reconnus coupables de violations du droit du travail et que les lois étaient appliquées, leur masse salariale passerait de 250 mille dollars par semaine à presque 4 millions de dollars par semaine, soit 200 millions de dollars par an. C’est donc une très grosse affaire, et l’enjeu est énorme. Au début, quand j'ai commencé à m'exprimer, je n'étais qu'un individu parmi un petit nombre de personnes qui les dénonçaient. Au fur et à mesure des années depuis que je les dénonce, j’ai subi une avalanche de harcèlement et d’intimidation. À cause du fait que de plus en plus de gens parlent, ils sont de plus en plus débordés et, comme Jeff l’a souligné, ils ne peuvent pas courir après tout le monde. Il y a actuellement entre 20 et 50 personnes qui s’expriment en Amérique, en Allemagne, en Australie, en Europe. Chaque cas est essentiellement identique. La Scientologie n'a qu'un seul ensemble de politiques et elles sont appliquées partout dans le monde. Ce qui se produit ici à Hemet, en Californie, se produit également à Los Angeles, à Sacramento, partout. Pour en revenir aux poursuites judiciaires, les procès sont programmés pour novembre 2010. Dans mon cas, du moins. Il y a encore 3 plaintes qui ont été déposées, très semblables à la mienne et ils ont engagé les plus coûteux spécialistes du droit du travail. De nombreux cabinets vont les représenter, ainsi que les autres organisations impliquées. On n'a pas fini d’en parler.

    Question 9

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] [L'enquête sur la Scientologie proposée par le sénateur Xenophon en Australie nécessite-t-elle une enquête sur l'organisation en Amérique?]

    Marc Headley

    Je ne sais pas comment cela fonctionne, mais tout l’argent recueilli par les diverses organisations dans le monde est acheminé vers le sommet. S'ils combattent la Scientologie ou s'ils mènent une enquête en Australie, ils vont certainement s'intéresser aux personnes qui dirigent l'organisation ici à Los Angeles et partout dans le monde.

    Questions (2e partie)
    Vidéo 14

    Question 10

    – Le segment audio suivant est difficile à comprendre et a été omis de la vidéo: –

    Une voix d’homme

    À tous les intervenants, et à vous, Mark. Il y avait un journaliste du magazine Freewinds, une publication scientologue, qui filmait tous ceux qui entraient [inaudible]. Êtes-vous étonné? À quoi cela sert-il?

    – Fin de segment audio omis –

    Mark Bunker

    Pas étonné du tout.

    Will Fry

    [Will Fry:] Pas du tout, non, [inaudible].

    Mark Bunker

    À la différence de ce que vous filmez, cela ne sera pas montré au public. C’est utilisé pour des opérations de renseignement. Ils veulent ramener cela et le montrer à David Miscavige et la hiérarchie, découvrir qui était présent et ce qu’ils peuvent faire pour vous manipuler.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Y en a-t-il parmi vous qui avez de l'expérience avec ce genre d'information recueillie à ce type d'événement dans le passé? En avez-vous une connaissance de première main?

    Nancy Many

    Connaissance de première main de quoi?

    Will Fry

    Répétez votre question, monsieur.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Une connaissance de première main de films et de photographies de personnes…

    Will Fry

    Je me trouvais dans un centre commercial et un enfant s’est approché de moi avec un téléphone portable et m’a photographié.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Non, non, non, non…

    Will Fry

    J’ai eu des personnes…

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] À l’époque où vous étiez dans la Scientologie…

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Approchez-vous du micro, SVP.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Lorsque que vous étiez dans la Scientologie, l’un d’entre vous a-t-il manipulé ce type de matériel?

    Will Fry

    Je pense, peut-être…

    Nancy Many

    [Nancy Many:] Je l'ai fait.

    Will Fry

    Oui, l'OSA.

    Nancy Many

    Je l'ai fait. C'est ainsi qu'ils... Lorsque le FBI a perquisitionné la Scientologie, à l’époque du «Guardian's Office» et du programme «Snow White» [Blanche-Neige], un agent du FBI à dit que cette organisation était à la hauteur des services de renseignements de la plupart des pays.

    Tout repose sur le principe de connaissance sélective. J'avais une personne de contact. C'était tout. Je ne connaissais que cette personne. Et il me disait qu'il parlait à une personne au-dessus de lui. C'était drôle, des années plus tard, de rencontrer cette autre personne qui m’a dit: «C'était vous la femme?» J’ai répondu: «Oui, et l'homme c'était vous!» Voilà à quel point c’était cloisonné.

    Quand j’espionnais un certain groupe ou un endroit, ils avaient d'autres espions présents, qui m’espionnaient et rapportaient ce que je faisais. Vous saviez que vous étiez observé, même en tant qu’espion.

    Mark Bunker

    Permettez-moi d'ajouter une chose, en réponse à votre question.

    Le meilleur exemple qui me vient à l'idée, c'est qu'il y a un an ou deux, à la BBC, «Panorama» a fait un reportage d’une demi-heure appelé «La Scientologie et moi». John Sweeney était le journaliste à cette émission. Ils avaient des caméras qui le suivaient partout.

    À un moment, ici à Los Angeles, ils ont poussé John Sweeney à bout, et vous avez probablement vu le clip dans lequel il hurle à leur porte-parole: «Vous n’étiez pas là!» Il criait et postillonnait. La Scientologie a utilisé ces images et, le week-end précédant la diffusion de Panorama par la BBC, ils ont posté ce clip sur YouTube, pour réduire un peu l'impact du reportage. Malheureusement pour la Scientologie, cela a attiré l'attention sur le reportage, qui a été le programme le plus vu sur la BBC cette semaine-là.

    Ils avaient des équipes le suivant partout, de Los Angeles à la Floride. Ils ont compilé un mini-documentaire complet de leur cru et la Scientologie a distribué ce «documentaire» sur les pratiques journalistiques de la BBC. Ils ont produit environ cent mille DVD et l’ont remis à autant de responsables que possible au Royaume-Uni. Ils l'ont envoyé à chaque journaliste, à chaque politicien. Ils ont fait le maximum pour émousser l'impact de cette émission avant qu’elle ne soit diffusée. Mais cela n’a pas marché.

    D'autres questions? Oui.

    – Le segment audio suivant est difficile à comprendre et a été omis de la vidéo: –

    Une voix d’homme

    Les célébrités sont fondamentales pour la Scientologie, peut-être un de ses atouts majeurs, puisqu’ils recherchent les célébrités. Mais c’est probablement une de ses plus grandes faiblesses. Deux épisodes récents à propos desquels je me demande si vous pourriez émettre un commentaire. Le premier concerne Paul Haggis, qui s’est exprimé publiquement et leur a dit qu'il partait, et lui s’attendait à des représailles. Le second – ce n'est peut-être qu'une rumeur – concerne la mort du fils de John Travolta, que son fils aurait eu besoin d'un médicament rejeté par la Scientologie; est-ce que ce décès pourrait ou non affecter la position de l'église à ce sujet?

    – Fin de segment audio omis –

    Question 11

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] [Question concernant la mort du fils de John Travolta et la possibilité que son fils aurait eu besoin d'un médicament interdit par la Scientologie].

    Mark Bunker

    John Travolta a dit qu'il est toujours un fervent croyant en la Scientologie. Il a assisté à un rassemblement il y a quelques semaines au Royaume-Uni, et il a indiqué clairement que la Scientologie l'aurait aidé lors de cette tragédie, et je le prends au mot.

    Mais j’ai également crû comprendre que Travolta et sa famille donnaient à Jett des médicaments pour gérer sa maladie. Mais Jett a-t-il bénéficié de soins appropriés durant toute sa vie? Je ne sais pas et je doute qu’aucun d’entre nous puisse commenter valablement ce cas.

    Question

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Et Paul Haggis?

    Mark Bunker

    Paul Haggis, c’était explosif. C'est une histoire importante, et je pense que nous allons voir plus de cas de ce type. La défection de célébrités est probablement leur plus grande crainte en ce moment.

    Paul Haggis, un auteur et directeur récompensé aux Oscars, a vertement critiqué la Scientologie, et il l’a fait sur Internet, via le blog de Marty Rathbun. Marty Rathbun était l'un des hauts dirigeants qui ont quitté la Scientologie et en ont parlé, causant ainsi beaucoup de problèmes à David Miscavige, le leader actuel.

    Il y a aussi une personne peu connue en dehors de la Scientologie, mais qui est connue dans le monde scientologue. C'était un autre coup énorme il y a peine 2 semaines. Le présentateur de leur film d'orientation est parti publiquement. C'est un film d'introduction que toutes les nouvelles recrues de la Scientologie voient. Il est le visage de la Scientologie.

    C’est un film merveilleusement hilarant qui dure 20 minutes, si vous avez l'occasion de le voir. En ce moment, je suis sûr qu’ils le tournent à nouveau. Il ressemblait à l'acteur Troy McClure.

    Il vous faisait visiter une Église de Scientologie en disant: «Faisons un saut à la bibliothèque. Je pense que vous devriez avoir ce livre-ci et ce livre-là. Vous aurez envie d’acheter ce livre-ci et ce livre-là.»

    C’était le type le plus heureux et le plus gentil que vous puissiez probablement rencontrer, jusqu'à la fin du film, quand les lumières s’amenuisent et la musique devient très sinistre. Et il dit: «Bien sûr, vous pourriez sortir sur-le-champ et ne plus jamais penser à la Scientologie, mais vous pourriez tout aussi bien vous faire sauter la cervelle.»

    C’est de la folie pure! Je me rappelle l’avoir vu la première fois avec un ami scientologue dans une salle de projection. Je riais de façon hystérique.

    Tous les scientologues connaissent Larry Anderson. Sa défection publique était donc très importante pour la Scientologie. En plus, lorsqu’il a demandé à récupérer son argent, il a posé un magnétophone sur la table et il a eu une conversation d’environ une heure avec Tommy Davis, le porte-parole de la Scientologie, et leur conversation a toute été enregistrée. L’enregistrement a été transmis au St. Petersburg Times, qui l’a mis en ligne il y a quelques semaines. C'était explosif, parce que, clairement, dans l’enregistrement, la Scientologie ment au sujet de son processus de remboursement si vous n’êtes pas satisfait. Or, cela fait partie de l’accord entre la Scientologie et le fisc. Ils ont dit: «Si vous demandez votre argent, en bonne et due forme, nous vous restituerons votre argent.» Dans ce cas documenté, ils ont refusé de lui restituer l'argent.

    Des cas comme celui-là sont explosifs.

    Questions (3e partie)
    Vidéo 15

    Question 12

    – Le segment audio suivant est difficile à comprendre et a été omis de la vidéo: –

    Une voix d’homme

    Merci. Merci aux intervenants de partager leurs histoires.

    Au sujet de Paul Haggis, une chose très intéressante à noter. Récemment Haggis, à lui seul, a levé 8 millions de dollars pour Haïti. Une action charitable légitime, si peu de temps après avoir quitté une organisation qui, selon Hubbard, ne croit pas à la charité sans contrepartie. Je pense que cela devrait être relevé.

    Une question aux intervenants, peut-être que Nancy pourrait répondre. Toutes les fois qu’il y a un désastre, du 11 septembre au massacre de Virginia Tech à la tragédie en Haïti, on voit la Scientologie représentée par la chemise jaune, celle des ministres volontaires. Personnellement, je les ai vus nuire aux secours légitimes le 11 septembre, à Ground Zero.

    Quel est l’objectif? La diffusion de la Scientologie? Je comprends qu'ils font de l’aide par le toucher et d’autres choses de ce type. Mais la plupart du temps, d'après ce que j’ai vu, ils semblent plus intéressés par leurs statistiques de distribution de la brochure «La voie du bonheur».

    – Fin de segment audio omis –

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] [Question concernant les motifs postiches du travail humanitaire et charitable de la Scientologie].

    Nancy Many

    Je suis d'accord avec vous. Durant mes années dans les strates dirigeantes de la Scientologie, j’ai toujours été très irritée par le fait que nous ne rendions jamais service à la communauté. Selon moi, quand vous rendez service à la communauté, vous ne le faites pas pour avoir bonne presse. Vous ne portez pas un T-shirt jaune pour faire savoir à tout le monde ce que vous faites. Et pourtant, c’est ce qu'ils font.

    En outre, j'ai lu dans le journal hier, ou ce matin – la matinée as été longue – que certains à Haïti qui aident réellement ont affirmé: «Les chemises jaunes se déplacent et pratiquent l’aide par le toucher, mais ils n'ont donné ni nourriture, ni argent, ni vêtements, ni aucune aide véritable. Mais ils étaient présents avec leurs chemises jaunes, pratiquant l’aide par le toucher.»

    Je connais John Travolta et je sais qu'il est quelqu’un de bien, au plus profond de son âme. Il n'est pas au courant de ce qui se passe en coulisse. Le monde des célébrités, qui inclut les millionnaires – les millionnaires sont très importants, même si vous ne connaîtrez jamais leurs noms – quand le St. Petersburg Times a publié son article, ils ont reçu la consigne de ne pas lire les journaux, regarder la télévision ou surfer sur Internet pendant 5 jours. Ils leur ont indiqué quand l’embargo a été levé. Et les gens obéissent.

    Leurs cas sont suivis en dehors des orgs. Ils ne sont pas suivis par les «Orgs idéales», parce qu’elles sont vides, et les célébrités ne doivent pas savoir que leurs dons n’ont servi à rien. Ils leur font croire qu’ils sont spéciaux. Ils ne veulent pas que les célébrités entrent dans les orgs en-dehors des occasions qui sont prévues.

    Question 13

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] J'ai une question pour Jeff [Hawkins]. Vous avez dit que des scientologues osent maintenant s’exprimer, encouragés par le soutien d'Anonymous. Est-ce que vous collaborez avec Anonymous pour aider les autres à parler et, si oui, qu’est-ce qui se fait pour que les ex-membres qui avaient peur de s’exprimer aient le courage de le faire?

    Jeff Hawkins

    Permettez-moi de clarifier ce point. Je ne travaille pas avec Anonymous. Je ne suis pas un «membre» d'Anonymous. J'apprécie le travail qu’ils ont fait pour dénoncer les crimes de l’église et j’encourage quiconque ayant subi de tels crimes à le dire publiquement. Et beaucoup de personnes le font, en ce moment.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Estimez-vous qu’ils sont allés trop loin avec certaines de leurs actions?

    Jeff Hawkins

    Je ne souhaite pas faire de commentaires sur Anonymous. Je ne suis pas un expert et ne sais pas grand-chose à leur propos.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Une dernière question. Faites-vous personnellement quelque chose pour aider ceux qui veulent parler? Car c'est impressionnant d'entendre votre témoignage et celui des autres. Existe-t-il une forme quelconque d'aide ou de soutien pour ces personnes qui n’ont aucun [inaudible], de sorte qu'elles aient un réseau de soutien et que leurs voix puissent être entendues?

    Jeff Hawkins

    Je ne suis pas sûr de savoir comment répondre. Il y a beaucoup d’anciens membres de la Sea Org ou du personnel et nous sommes en contact les uns avec les autres. Si quelqu'un a besoin d'aide, ils en trouvent. C’est un réseau très informel.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Merci.

    Jeff Hawkins

    Je vous en prie.

    Question 14

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Avec la désaffection de célébrités et le travail d'Anonymous, y a-t-il une indication de la façon dont cela affecte les membres de la Scientologie [inaudible]?

    Mark Bunker

    Nous voyons de plus en plus de membres quitter la Scientologie. Les membres de la Scientologie n'ont pas vraiment accès aux médias. Par exemple, les membres de la Sea Org n’ont pas accès à Internet pour voir ce qui se passe. Mais il y a un peu d’information qui pénètre à l’intérieur.

    Pendant deux ans, en 2000 et 2001, j’ai emménagé à Clearwater, en Floride, et j'ai travaillé avec un groupe appelé le «Lisa McPherson Trust», fondé par mon camarade, Bob Minton, qui est décédé il y a quelques semaines. Nous avons situé notre bureau tout près du Bureau des affaires spéciales de la Scientologie. Nous étions là pour le cas où des scientologues viendraient nous demander de l'aide. Durant cette période, personne ne l’a fait, parce que des caméras nous surveillaient constamment.

    Les scientologues qui travaillaient dans les bâtiments environnants n’avaient plus le droit de marcher dans la rue. Ils étaient poussés dans des fourgons dont les fenêtres avaient été obscurcies, parce qu'ils avaient peur que le message passe. Nous avions quelques affiches du genre: «Vous pouvez regarder en toute sécurité» ou «Vous pouvez parler en toute sécurité».

    Des années plus tard, j'ai appris que des personnes qui étaient alors là-bas ont dit: «J'ai vu ce message et cela m’est resté. Je me demandais pourquoi nous n’avions pas le droit de voir cela et de parler librement avec qui que ce soit.»

    Voilà.

    D’autres personnes ont dit: «Je me rappelle que nous étions poussés dans le bâtiment avec interdiction de sortir, simplement parce qu'une personne passait dans la rue avec une affiche. Cela m'a incité à me demander comment les gens les plus puissants sur la planète, nous autres scientologues, pouvions avoir peur d’une seule personne avec une affiche.»

    Ces messages finissent par s’infiltrer. Mais, la plupart d’entre eux ne verront jamais les vidéos qui sont en ligne maintenant, ou les nouvelles dans les médias.

    Question 15

    Will Fry

    Très rapidement, je voudrais ajouter quelque chose. Qui a parlé d’Haïti?

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Approchez-vous du micro.

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] C’est moi.

    Will Fry

    Je voulais juste préciser quelque chose, étant donné que, dans la Sea Org, je m'occupais des ventes de Bridge Publications Incorporated. J'étais le responsable des ventes.

    Vous devez savoir qu’une tragédie ou une crise constituent d’excellentes occasions pour demander de l'argent aux membres. N'est-ce pas? Tous ces efforts de secours de l'église pour Haïti ou lors du 11 septembre ou à Columbine – je suis parti avant septembre 2001, mais…

    Une voix d’homme

    [Hors champ:] Katrina.

    Oui. Columbine, Katrina, toutes ces occasions. Quand ces tragédies se produisent, les vendeurs décrochent leur téléphone et sortent une liste très épaisse de paroissiens à contacter. Ils appellent inlassablement et ramènent autant d’argent que possible. Ensuite, ils envoient les photographes et les gens avec les chemises jaunes pour montrer que les brochures ont bien été distribuées.

    Une voix d’homme

    C'est une fraude.

    Will Fry

    C'est une fraude. Je suis coupable de fraude, en tant que responsable des ventes pour Bridge Publications Incorporated.

    Mark Bunker

    Est-ce que quelqu'un fera quelque chose à ce sujet? Non.

    Will Fry

    Je suis prêt... Je n'ai pas encore été poursuivi. Je n'ai pas été convoqué par une cour, mais je m'y attends. Je suis disposé à aller en prison ou à accepter une sanction. Ce n’est pas une option. Je n’ai même pas à faire un choix. Je me fiche des menaces.

    Tout ce que je veux, c’est que plus aucun enfant ne souffre comme ma famille a souffert. Je ne veux pas que d’autres fassent ce que mon oncle Bob a fait. C’est tout.

    Une voix d’homme

    Merci, Will.

    Lettre de Susan Talbot à sa fille, Mandy Kember
    Vidéo 16

    Mark Bunker

    Pour terminer, j'aimerais lire deux lettres écrites par des mères d'enfants qui sont actuellement membres de la Sea Org et ont coupé les ponts avec leur famille.

    Voici d'abord une lettre écrite en février. Elle s'adresse à Mandy Kember.


    Ma très chère Mandy,

    Cette lettre vient de mon coeur.

    J'avais 17 ans quand je t'ai donné naissance et j'étais très jeune pour avoir un bébé. Comme tu le sais, il n'existe aucun manuel de formation pour les parents. J'ignorais tout de la maternité. J'avais la possibilité d'avoir un avortement, mais pour moi c'était hors de question, parce que je te désirais.

    Puis tu es née, et je sais que la plupart des mères disent la même chose, mais tu étais si belle, parfaite dans tous les sens, et je t'aimais. Je me réveillais le matin et je voyais ma jolie petite fille. Souviens-toi de ton premier jour à l'école.

    La vie était difficile et l'argent était très rare à cette époque, mais je t'ai toujours mise au premier rang. Je t'aimais et je te protégeais de tout mon coeur. Jusqu'au jour où tu es allée à Los Angeles, j'étais toujours là pour toi. Tu avais 33 ans quand tu t'es jointe à Chaz à Los Angeles.

    Te souviens-tu de l'incendie de Brook House dans lequel tu as tout perdu? Tu étais mariée avec Chaz. Je me suis occupée de vous, toi et ton mari, pendant plus de 2 ans. Je veillais à ce que tu aies toujours de bons repas et mon soutien lorsque tu étais dans la Sea Org.

    En tant que mère, je le savais quand les choses n'allaient pas bien pour toi. J'avais l'instinct d'une mère et j'avais l'intuition que quelque chose allait mal. C'est ce que j'ai ressenti avant ma tentative de te rendre visite en mars 2009.

    Je me suis rendue à Los Angeles à cause d'une intuition. Je n'avais jamais rencontré les personnes qui m'accompagnaient devant l'immeuble HGB, et j'y suis allée parce que je sentais que tu ne te portais pas bien. Tout ce que je désirais, c'était de te voir et de te serrer une dernière fois avant que je quitte ce monde. Je ne voulais rien d'autre que de serrer ma fille dans mes bras encore une fois.

    Je n'ai pas cherché ce qui m'est arrivé en Scientologie. Je te rappelle qu'après 15 années de contribution à la Scientologie, on m'a de nouveau déclarée préclair illégal et tu connais les conséquences: aucun service, plus moyen d'escalader le Pont. On m'a tout retiré. C'est arrivé juste après que j'ai payé pour OT 4, et j'ai demandé un remboursement parce que la Scientologie ne pouvait pas me fournir les services.

    Le document qui me déclare personne suppressive donne l'impression qu'on m'a tout remboursé, mais c'est faux. Seulement 5 mille livres. Quand j'ai reçu le paiement, Graeme Wilson est venu chez moi et il m'a dit: «Nous croyons qu'il y a eu une injustice. Vous avez payé pour un service et on ne pouvait pas vous l'offrir.» En partant, il m'a dit: «Vous comprenez que vous serez maintenant déclarée personne suppressive.» Mais comme j'étais préclair illégal, que m'importait?

    S'il te plaît ouvre ton coeur et appelle-moi.

    Je t'aime, Mandy, et j'aimerais entendre ta voix et savoir que tu vas bien.

    Avec amour,

    Maman

    Lettre de Susan Lentsch à sa fille, Kate Olson
    Vidéo 17

    Mark Bunker

    Et cette deuxième lettre, écrite en février 2010, est une lettre ouverte à Katherine Olson.


    Ma chère Kate,

    J'aimerais beaucoup mieux te parler en personne, mais ce n'est plus possible. Depuis septembre 2008, la communication entre nous a été rompue. Cette décision n'est pas la mienne. Jamais je ne couperai les ponts avec toi, et je sais qu'au fond de ton coeur tu m'aimes aussi.

    Tu fais partie de la Sea Org depuis près de 17 ans. Lorsque je t'ai permis, quand tu étais encore adolescente, d'adhérer à la Sea Org, tu as signé le contrat de service qui dit que: «Les congés sont de 3 semaines par année d'activité continue pour les membres de l'Organisation maritime.» Ces congés n'ont cependant jamais été accordés. Tu n'as eu que 3 jours à Portland en 1996. À chacune de nos conversations, et dans les lettres que tu m'as écrites au fil des années, tu as exprimé le désir de venir me rendre visite. Pendant notre dernière rencontre en mars 2008 au musée J. Paul Getty à Los Angeles, tu m'as dit que tu viendrais bientôt me visiter.

    Te souviens-tu, Kate, des cartes postales que tu m'as achetées au musée ce jour-là? Tu m'as écrit des messages qui disaient:

    «Chère Maman,

    «Je t'offre ces cartes pour te rappeler notre journée ensemble, pour te rappeler que nous resterons toujours en contact, peu importe les distances, pour te rappeler que tu as élevé une personne heureuse, saine et engagée, pour te rappeler que je te rendrai visite, pour te rappeler que je t'aime!

    «Avec tout mon amour, Katherine»

    Je crois que tu étais sincère, car lorsque tu étais petite, tu étais toujours honnête avec moi.

    L'agente de l'OSA, Beth, m'a donné sa parole qu'elle t'aiderait à faire aboutir la demande de congé. Beth et moi nous sommes serré la main et je lui ai dit que je faisais confiance en sa parole et que je la tiendrais responsable de sa promesse. Beth a dit qu'elle ferait tout son possible.

    Mais quand je suis rentrée à Portland, on m'a présenté des conditions. Beth m'a dit au téléphone que je ne pouvais fréquenter «certaines personnes». Pendant une conversation téléphonique avec toi, tu voulais que je te donne des noms d'anciens scientologues et de personnes qui critiquent la Scientologie et avec qui j'aurais eu contact, et tu voulais que j'identifie les sites web que je visitais. Comme j'ai refusé de divulguer ces informations, on ne t'a pas accordé de vacances. Au contraire, on nous a floués, on nous a menti et, maintenant, la communication entre nous est rompue. Je suis incapable de te joindre par téléphone. J'ignore même si tu reçois mes lettres, mes cartes ou mes cadeaux.

    Comme je te l'ai dit la dernière fois au téléphone, en septembre 2008: «Je continuerai à crier du sommet des montagnes. Je refuse d'être réduite au silence. Je t'aime. Mon coeur et ma maison seront toujours ouverts pour toi.» J'attends toujours ton arrivée à Portland pour les vacances qu'on nous a promises.

    Avec amour,

    Ta mère,

    Susan Lentsch

    Conclusion

    Mark Bunker

    En terminant, je vous remercie de votre présence et je vous remercie de votre attention. J'espère que nous nous réunirons encore bientôt, car il y a bien d'autres cas à raconter et d'autres personnes sont prêtes à décrire leur vécu. Vous qui oeuvrez dans les médias, continuez à fouiller; il y a beaucoup d'histoires à partager.

    Merci beaucoup.
  32. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    À titre d'exemple, voici sur YouTube la première des 17 vidéos avec sous-titres français. Cette vidéo n'est qu'un spécimen et elle sera supprimée le 31 mars 2010.

    Y aurait-il quelque chose à changer?



    J'entame maintenant le sous-titrage de la 2e vidéo.

    Si on ne sait pas déjà qui mettra en ligne les vidéos sous-titrées en français, je propose qu'Anonymous Montréal le fasse en premier.

    J'ai converti en fichier .avi chaque fichier .mp4 haute définition qui est disponible sur la chaîne YouTube ScilonTV et j'ai ajouté une bande noire au bas de l'image pour ajouter 2 lignes de sous-titres. Ces fichiers avec une bande noire pourraient aussi éventuellement servir au travail de sous-titrage dans d'autres langues.

    Pour télécharger la vidéo sous-titrée:
    Des ex-scientologues témoignent (1/17) Marc Headley (1/2)
    Nom du fichier: Conférence de presse 2010-02-12 01 Marc Headley 1 sous-titres français.avi
    Taille: 169.07 MO
    Durée: 9 min. 4 sec.
    MEGAUPLOAD - The leading online storage and file delivery service

    @Ann O'Nymous:
    Si tu es intéressé à t'initier au formatage des sous-titres, tu pourrais tenter l'expérience pour la plus courte des 17 vidéos, la 16e, qui dure 3 minutes et 15 secondes. Il s'agirait de:
    - Installer Subtitle Workshop 2.51:
    URUWorks - 100% Software Uruguayo
    - Télécharger le fichier vidéo "PC 2010-02-12 16 Letter to Mandy Kember.avi":
    MEGAUPLOAD - The leading online storage and file delivery service
    - Télécharger le fichier de sous-titres déjà entamé "PC 2010-02-12 16 Letter to Mandy Kember.ssa"
    Download PC 2010-02-12 16 Letter to Mandy Kember.ssa from Sendspace.com - send big files the easy way
    - Lancer Subtitle Workshop, ouvrir le fichier de sous-titres déjà entamé, ouvrir le fichier vidéo, et continuer à ajouter et à minuter des sous-titres.
    Le fichier de sous-titres ne contient que du texte et on peut aussi le visionner ou le modifier à l'aide de n'importe quel éditeur de texte. Une fois que le fichier de sous-titres est prêt, je m'occuperai de l'encodage de la vidéo sous-titrée et je livrerai le fichier .avi ici.
    Si tu as des questions, n'hésite pas à m'envoyer un message. Bonne chance!
  33. Ann O'Nymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Super boulot: sous-titres très lisibles, bien calés sur le discours.

    OK pour Montréal.

    Je vais suivre tes explications et m'essayer sur la 16e vidéo. Mais cela ne sera pas avant la semaine prochaine.
  34. N. Ron Rubber Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Ici un Anon de Montréal. Présentement, ma liste de choses à faire déborde. Je ne peux malheureusement effectuer la traduction.

    Je vais toutefois poster le message sur le forum de Montréal.
  35. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    La traduction est déjà faite au complet. Ce qui reste à faire, c'est formater et minuter le texte traduit en un fichier de sous-titres .ssa.

    Les vidéos sous-titrées seront livrées ici et Anonymous Montréal peut les mettre en ligne sur sa chaîne YouTube. Autrement dit, Anonymous Montréal aura la primeur des vidéos sous-titrées.
  36. Anonymous Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Excellent. Dites-moi quand les vidéos seront prêts et je vais les poster.
  37. Ann O'Nymous Member

  38. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Voici la version finale de la traduction française de la conférence de presse du 12 février 2010. Cette version correspond aux vidéos sous-titrées qui seront bientôt disponibles.


    Introduction

    Jim Underdown

    Je vais présenter la personne qui va mener la conférence de presse, mais je voudrais dire qu'aucune manifestation ou interruption ne sera tolérée durant la conférence de presse.

    Merci. Mark Bunker va mener la conférence de presse. C'est un journaliste qui a gagné un Emmy Award. Il est le créateur de Xenu TV, et un critique de longue date de l'Église de Scientologie. Mark Bunker.

    [Applaudissements]

    Marc Headley (1ère partie)
    Vidéo 1

    Mark Bunker

    Merci. Mon site XENU TV est en ligne depuis plus de dix ans, exposant la fraude et les abus de la Scientologie en diffusant des vidéos et des enregistrements audio. Je suis donc très heureux de savoir que cette conférence de presse est visible en direct sur le Web dans le monde entier grâce à Anonymous. Nous sommes ici aujourd'hui parce que c'est le deuxième anniversaire du projet Chanology. Cette opération a été lancée par Anonymous en février 2008 pour combattre les abus de la Scientologie et, depuis, des membres d'Anonymous manifestent tous les mois devant les centres de la Scientologie partout dans le monde, tous les mois, manifestant contre l'escroquerie et les abus.

    Si vous consultez YouTube, ils mettent quotidiennement de nouvelles vidéos en ligne. Ils ont créé des sites Web géniaux et ils prémunissent la jeune génération qui est ciblée par la Scientologie. Ainsi pour les scientologues, les anonymes qui sont ici aujourd'hui et ceux qui nous regardent dans le monde entier, je vous remercie de tous vos efforts. Tout cela a fait une grande différence. Je n’ai jamais été scientologue, mais il y a ici 5 personnes qui vont parler aujourd'hui – 6 si nous avons de la chance. Leurs histoires sont vraiment étonnantes et choquantes, voire même horrifiantes, et les abus – merci de le rappeler, je vous prie d’éteindre vos portables ou de les mettre en mode silencieux.

    Leurs histoires sont très étonnantes et je suis heureux qu’elles osent parler. De plus en plus de gens le font, tous les jours, et nous remercions les médias qui couvrent ce dossier, parce que le gouvernement ne fait rien au sujet de ces abus systématiques qui existent depuis des décennies. Plus il y aura d’attention portée à ces abus, le mieux cela sera. Avant de présenter nos intervenants, il est important de préciser qu'il y a trois types de scientologues.

    Il y a le public payant, comme Tom Cruise ou John Travolta ou des gens de toutes les conditions sociales qui ont les moyens de payer les cours de plus en plus chers du «Pont vers la liberté totale» de la Scientologie. C’est le nom donné par L. Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie, au chemin très coûteux vers sa version du salut. Ces membres publics ignorent très souvent les abus auxquels les membres du personnel et le troisième type de scientologue font face quotidiennement. Nous espérons que ce type d'événement médiatique leur ouvrira les yeux et que peut-être ils exigeront des changements.

    Le deuxième type de scientologue est composé du personnel. Ils vont travailler tous les jours dans les centres de la Scientologie et ils mènent une vie à peu près normale. Ils travaillent de longues heures et ils sont payés au lance-pierre, mais ils peuvent en général rentrer à la maison à la fin de la journée. Mais le troisième type de scientologue – et c'est principalement de celui-ci que nous allons parler aujourd'hui – est composé des membres de la Sea Org. La Scientologie adore les abréviations et au lieu d'appeler leurs centres des églises, ils les appellent des organisations, ou «orgs» en abrégé.

    Vous entendrez parler de l'org de Boston, ou l'org de Londres ou l'org de Los Angeles. C’est de cela qu’ils parlent. Et les membres de la Sea Org signent réellement un contrat d’un milliard d'années et s’engagent à travailler pour la Scientologie vie après vie en échange de ces cours coûteux. Ce sont eux qui subissent la plupart des abus de la entreprise scientologue, et j’emploie le mot «entreprise» parce que c'est vraiment un commerce.

    Dans la plupart des églises, vous faites un don au moment de l’offrande ou vous payez une dîme. En Scientologie, vous payez chaque cours de développement personnel, chaque session de thérapie, chaque livre ou CD ou DVD de L. Ron Hubbard. Vous devez payer tout cela et il y a des gens qui touchent des commissions pour la vente de ces produits.

    Ainsi pour ces raisons et pour d’autres, il s’agit plutôt d'une société commerciale que d'une religion. Lorsque vous écouterez ces récits, rappelez-vous que si une entreprise traitait ses employés comme la Scientologie traite les membres de la Sea Org, ce ne serait jamais accepté. Jamais. Mais parce qu'elle se cache sous le couvert de religion, la Scientologie a pu impunément commettre certains délits vraiment affreux. Nous espérons que, si un nombre suffisant de personnes livrent leur témoignage, le gouvernement décidera d'agir.

    Permettez-moi de présenter notre premier intervenant. Son histoire est si étonnante qu'elle a fait l'objet d'un livre. Marc Headley a écrit «Blown For Good» et c'est un livre extraordinaire qui vous entraîne dans la vie quotidienne de la Sea Org, notamment à la base dans le désert près de Hemet, en Californie, où se trouvent tous les hauts dirigeants de la Scientologie. Merci d'accueillir Marc Headley.

    [Applaudissements]

    Marc Headley

    Merci beaucoup. J'ai commencé à travailler au quartier général international de Gilman Hot Springs en Californie, appelé «Gold base» ou «Int base», en 1990. J'ai travaillé là de 1990 à 2005.

    J'ai commencé à travailler pour la Sea Org quand j'avais 16 ans. J'ai été recruté dans une école scientologue à Los Angeles et peu après, j'ai été promu au siège international. Au moment de mon recrutement, on m’avait promis un bon salaire, des vacances, des week-ends de congé, mais la réalité durant ces quinze années a été très différente.

    L'organisation pour laquelle j'ai travaillé s'appelle Golden Era Productions. Elle produit tous les films, vidéos, conférences et autres choses qui sont vendues à toutes les organisations scientologues dans le monde entier. Notre journée commençait en moyenne vers 7h30 et se terminait vers minuit. C'était notre programme, 7 jours sur 7, à peu près chaque semaine de l'année.

    Si nous produisions bien, nos pauses repas étaient prolongées de 15 minutes à 30 minutes. Chaque jour, les trois repas devaient être avalés en 15 minutes. Si nous étions vraiment bons, nous obtenions parfois 30 minutes.

    Si notre production était vraiment bonne, on courait la chance d'avoir congé une partie du jour de Noël ou, si nous produisions très bien, une pause repas de 30 à 45 minutes le jour de l'Action de grâce, comme récompense. Ceci vous donne une idée de l'environnement et des heures de travail.

    Après m’être échappé de la Sea Org en 2005 et avoir recommencé ma vie, j'ai reçu une facture de la Scientologie pour plus de 150 mille dollars pour les cours que j'ai suivis. Pendant toutes les années que j'ai travaillé pour Golden Era Productions, en 15 ans, j'ai gagné un total de 29 mille dollars, ce qui fait en moyenne moins de 40 cents de l’heure pour mon travail.

    Nous travaillions plus de 100 heures par semaine. Quand j'ai obtenu un relevé de la sécurité sociale après mon départ, il comprenait un décompte annuel. Une année, je crois que c'était en 2000, j'ai gagné 1 100 dollars pour toute l’année, en l'an 2000.

    C’est ce que j’ai gagné pour 100 heures de travail par semaine, chaque semaine de l'année.

    Marc Headley (2e partie)
    Vidéo 2

    Marc Headley

    Ce n'est pas un cas particulier. À peu près tous les employés qui sont membres de la Sea Org partout dans le monde gagnent un maximum de 50 dollars par semaine, et c'est vrai dans à peu près tous les pays où la Scientologie est active.

    C’est ce que gagnent les membres de la Sea Org. À Golden Era Productions, il y avait des membres du personnel affectés à des tâches spécifiques et quand ils ne pouvaient pas accomplir tout le travail qu'il fallait faire pour les différents produits que nous produisions, des professionnels externes étaient parfois embauchés pour faire les mêmes travaux que les employés de Golden Era faisient, que les membres de la Sea Org faisaient. Un homme que je connaissais était payé 50 dollars par semaine – environ 7 dollars par jour – pour travailler sur des vidéos, et les professionnels externes qu'on faisait venir étaient payés 1 200 dollars par jour pour faire le même travail que cet homme faisait.

    C'ést donc pour vous donner une idée de combien ils devraient payer les personnes qui travaillent là si elles étaient payées aux salaires équivalents à ceux du «monde réel». Quelqu'un a fait des calculs pour moi qui montrent que, sur la base du nombre d'heures que je travaillais par semaine et du nombre d'années que j'ai travaillé là-bas, si on traduisait tout selon un horaire de 9h à 17h dans le monde réel, j'aurais travaillé l’équivalent de 40 années à Golden Era Productions.

    Je n’ai même pas encore 40 ans.

    Ainsi, avant même d'avoir 35 ans, j'avais travaillé l'équivalent de 40 ans dans un emploi de 9h à 17h, ayant commencé à 16 ans à Golden Era Productions.

    Beaucoup de gens demandent, au sujet de l'argent, s'ils n'ont peut-être pas – c'est un groupe, il a une philosophie, et il n'a peut-être pas assez d'argent pour payer ses employés pour tout ce qu'ils font, compte tenu du nombre d'employés.

    J'ai travaillé dans une usine de fabrication de cassettes audio quand j'ai commencé à travailler à Golden Era Productions et nous devions produire 50 mille cassettes par semaine. Elles étaient ensuite vendues aux organisations scientologues dans le monde entier, et le prix de vente de ces cassettes variait entre 20 et 75 dollars pièce. Les recettes potentielles de notre production hebdomadaire étaient donc d'environ 4 millions de dollars par semaine, pour les produits faits par une équipe de 10 à 15 personnes.

    En plus, quand je travaillais là, j'ai conçu, construit et installé des systèmes audiovisuels pour des organisations scientologues dans le monde entier. Ces systèmes sont encore aujourd'hui vendus et installés par la Scientologie, ceux que j'ai construits pendant mes 15 années comme employé. Chaque système vendu à une organisation scientologue valait environ 300 mille dollars. C'est le prix qu'une organisation devrait payer pour l'installation et l'expédition de ces systèmes. La Scientologie a probablement gagné plus de 10 à 15 millions de dollars, juste sur les systèmes que j'ai installés ou construits pour eux.

    Ainsi, il n’y a aucun manque de fonds pour pouvoir payer les personnes qui travaillent pour eux. Souvent, quand des personnes entendent mon histoire ou entendent parler de ce qui se passe, on me demande: «Si c’était si moche, pourquoi n’es-tu pas parti? Pourquoi ne pas partir et recommencer ailleurs?»

    Eh bien, quand j’ai finalement eu assez de courage et subi assez d'abus pour enfin décider de m'échapper, en janvier 2005, je me suis enfui de la propriété en moto. Dans les 30 secondes, j'ai été poursuivi par un véhicule utilitaire appartenant au personnel de sécurité du complexe.

    Ils m'ont pourchassé sur la route conduisant à la ville la plus proche et insistaient pour que je revienne. Ils hurlaient par la fenêtre: «Tu dois revenir, tu ne peux pas partir. Pense à ce que tu es en train de faire.» J'ai refusé et continué à fuir et ils m’ont expressément fait déraper sur l'accotement. Ils m'ont littéralement poussé en dehors de la route.

    Je suis tombé et un conducteur passant par là a appelé la police. Dans un délai de cinq minutes, les policiers sont arrivés. Le personnel de sécurité avait déjà déguerpi vers la propriété. Mais je n’ai pu m'échapper que grâce à l’aide de la police. Deux policiers m'ont escorté jusqu’à la ville.

    Tout cela est détaillé dans des rapports de police disponibles sur Internet. Alors même que les 2 policiers m’accompagnaient, les gardes de la Scientologie essayaient encore de m’intercepter et de me suivre. Seule la menace d’une arrestation par la police les a fait reculer et laisser la police me conduire en sécurité.

    Alors, à la question «Pourquoi n’es-tu pas simplement parti?» voici la réponse. Là-bas, on voit et on entend ce qui arrive à ceux qui essaient de partir. La plupart du temps ils sont ramenés. Dans de rares circonstances, certaines personnes réussissent à s'échapper et ne reviennent pas. Partir n’est pas des plus aisés.

    Une fois dehors, vous n’avez pas d’argent, vous n’avez jamais vécu dans le monde réel. Vous ne savez même pas si vous pourrez trouver un travail ou manger le lendemain. Il y donc de nombreuses raisons qui leur permettent de retenir les gens et d'empêcher plus de personnes à partir et à venir parler ici aujourd’hui.

    Vous allez entendre d'autres personnes qui vont raconter des histoires semblables à la mienne et j’espère que cela vous donnera un aperçu de ce qui se produit et comment les gens sont traités, même une fois dehors. Plusieurs personnes ici présentes sont témoins du fait que, il y a seulement trois ou quatre jours, des détectives privés me suivaient dans mes trajets à Hollywood, essayant de découvrir avec qui je parlais, où j’allais, ce que je faisais.

    Des détectives privés ont fouillé mes poubelles, m’ont suivi lorsque je conduisais mes enfants à l'école le matin ou que je faisais mes courses. Il n’y a quasiment pas de limite à ce que la Scientologie est prête à faire pour réduire au silence ses critiques. Même si des gens s’échappent, ils sont intimidés et harcelés de sorte qu’ils n’oseront jamais parler, ni s’adresser aux médias pour raconter ce qu’il leur est arrivé.

    Mais, durant les derniers mois et la dernière année, de plus en plus de gens ont eu assez de courage pour raconter ce qui leur est arrivé et ils n’ont plus peur de la Scientologie et de ses intimidations. J'espère qu'ainsi et grâce aux personnes qui publient ces histoires et font un travail de sensibilisation, qu'on puisse exposer la vérité sur ce qui se passe et qu'on puisse mettre un terme à tous les abus, de sorte que plus personne ne subisse ce que j’ai vécu.


    Ainsi, et grâce aux personnes qui offrent leur soutien, il y a espoir que leur histoire se répande, qu'on puisse exposer la vérité sur ce qui se passe et qu'on puisse mettre un terme à tous les abus et faire en sorte que plus personne ne subisse ce que j’ai vécu.

    Merci beaucoup.

    [Applaudissements]

    Jeff Hawkins (1ère partie)
    Vidéo 3

    Mark Bunker

    Le prochain... Je vais plutôt commencer ainsi. Il y a environ six mois, le St. Petersburg Times en Floride a commencé à publier une série impressionnante d’articles à propos des abus horribles, tant physiques que mentaux, qui se produisent actuellement dans la Sea Org du fait du leader actuel de la Scientologie, David Miscavige. Le prochain intervenant, Jeff Hawkins, a travaillé 35 ans aux échelons supérieurs de la Scientologie, très près de David Miscavige. Tellement près que celui-ci a battu notre prochain intervenant. Voici Jeff Hawkins.

    Jeff Hawkins

    Merci beaucoup.

    Je ne suis pas censé être là aujourd’hui, du moins selon l’église. À peine avais-je accepté de participer à cette séance qu’une personne s’est présentée à ma porte, à Portland, pour me remettre une convocation à comparaître pour une déposition, à la demande des avocats de l’église. Le document précisait qu’elle aurait lieu le 12 février à 10 heures. Je me suis dit: «Quelle coïncidence!»

    Eh bien, non.

    Il y a une autre raison pour laquelle je ne suis pas censé être là. Avant de quitter la base internationale de la Scientologie, j’ai passé trois mois de «contrôles de sécurité» dans lesquels on tient les électrodes d'un électromètre et quelqu'un demande: «Quels sont tes crimes? Qu’as-tu fait? Quels sont tes crimes contre David Miscavige?» Et ainsi de suite. Ils vous font confesser tout et n’importe quoi. Cela a duré trois mois, jusqu’à ce qu’ils jugent qu’ils disposaient d’assez d’éléments compromettants contre moi pour me faire taire si je décidais de parler. Et ils ont tenté de le faire. Lorsque j’ai donné une interview à un journaliste à Portland, ils l’ont contacté et lui ont dit: «Ce type a commis des crimes horribles», ce à quoi j’ai répondu: «Allez-y, dites-nous lesquels, parce qu’ils proviennent forcément de mes dossiers de confession.» C’est ainsi qu’ils procèdent. Ils ouvrent les dossiers de confession privés, en sortent ce dont ils ont besoin et ils l’utiliseront contre vous pour vous faire taire.

    Une troisième raison pour laquelle je ne devrais pas être ici aujourd’hui tient au fait que, avant qu'on me laisse quitter l’église, j’ai dû signer devant un parterre d’avocats une pile de formulaires et de documents dans lesquels je m’engageais à ne jamais, au grand jamais, révéler ce qui s'est passé à la base internationale de la Scientologie. Le tout a été filmé, comme pour un procès. Ce qu’ils ne vous disent pas, c’est qu’il y avait un gardien costaud hors champ prêt à me ramener et à m’enfermer à la base si je ne coopérais pas. J’ai donc coopéré et signé tout ce qu’ils voulaient, puis je suis parti. C’est une troisième raison pour laquelle je ne devrais pas être ici.

    Mais la principale raison pour laquelle je ne devrais pas être ici, c’est que je n’aurais jamais dû quitter la base internationale. Et ils se donnent beaucoup de mal pour s’assurer que les gens ne partent pas.

    J’ai travaillé 35 ans pour l'Église de Scientologie, en Europe et aux États-Unis. Les 15 dernières années, j’étais à la base internationale à Hemet, en Californie. Je travaillais comme cadre dans le marketing.

    Beaucoup d’entre vous se rappellent peut-être la campagne sur la Dianétique dans les années 80 qui montrait un volcan en éruption. Je suis l’auteur de ces publicités. Une campagne très efficace. Depuis mon départ, j’ai beaucoup parlé des violations des droits de la personne à cette base, la violence physique, mentale et émotionnelle. La question qu'on me pose le plus souvent est celle à laquelle Marc a déjà essayé de répondre: «Pourquoi n’es-tu pas parti? Pourquoi ne pas avoir simplement quitté?»

    L’église vous dira: «Ils auraient pu partir quand ils le voulaient. Ils étaient libres.» J’aimerais vous donner quelques détails à ce propos, car cela revêt une grande importance et fournit des indications sur les fondements de la philosophie scientologue.

    L’église tente de me faire passer pour un incitateur à la haine et... Ils adorent l’expression «fanatique anti-religieux» et ils aiment dire que moi et les autres personnes ici sommes des fanatiques remplis de haine et que nous détestons la Scientologie.

    Eh bien, non, je ne hais point la Scientologie et, en fait, j’ai beaucoup d'amis qui ont quitté l'église et ont continué à pratiquer la Scientologie, et je dis: «Grand bien vous fasse.» Les croyances religieuses d’une personne lui appartiennent et je n’interfère pas avec elles. Mais mes amis ne maltraitent pas qui que ce soit, ils ne fraudent pas, ils ne font rien d’illégal, et leurs croyances et pratiques leur appartiennent. Je suis également en contact avec beaucoup de personnes qui sont encore dans l'église – je vois déjà les oreilles à l’interne se dresser. Ce sont des personnes très gentilles, et la plupart d'entre elles sont très consciencieuses, très merveilleuses. Elles ont été endoctrinées dans le système de pensée de la Scientologie.

    Quand je suis entré en Scientologie – j’ai déjà eu l’occasion de le dire – si la Scientologie n'avait rien de bon, rien de pratique, je n’y serais pas resté 5 minutes. Et j'y ai passé 35 ans. Donc, j’ai évidemment trouvé quelque chose de bon à son sujet, pour rester aussi longtemps. J'étais très enthousiaste au début. Cette idée de communiquer avec les autres, d'aider les autres et d'aider la planète, etc. Tout cela était attirant pour le jeune homme idéaliste que j’étais.

    Mais par-dessus cela se trouvait cette idée d'immortalité. Selon la Scientologie, la Terre est une planète prison et nous sommes tous prisonniers. Nous sommes condamnés à passer vie après vie après vie dans l'obscurité et l'ignorance complètes. C'est censément le piège dans lequel on vit. En escaladant le Pont jusqu’au Thétan Opérant, ou OT, qui est censé être un état de conscience et de puissance spirituelles élevées, on est censé être entièrement conscient et pouvoir alors passer vie après vie en se rappelant tout qui est arrivé dans ses vies antérieures. Et c’est de cela qu’il est question lorsque l’on parle de «liberté totale» et de votre «éternité».

    J'ai entendu une histoire drôle hier. Quelqu'un m’a dit qu'un scientologue parlait de ses succès en disant: «Je sais que j'ai gagné mon éternité et l'éternité après celle-ci, et l'éternité d’après…» Je ne sais pas ce qu’il voulait dire par là.

    Bon…

    Pour un scientologue, ce n’est pas qu’un objet de discussion lors d’une réunion de prière dominicale. C'est une activité très, très sérieuse. Voici comment Hubbard l'a dit: «Nous ne jouons pas un petit jeu en Scientologie. Ce n’est pas mignon ou accessoire. Le futur angoissant de cette planète, de chaque homme, femme, et enfant y vivant, et votre propre destin pour les prochains trilliards d’années, dépendent de ce que vous faites ici et maintenant dans la Scientologie. C'est une activité extrêmement sérieuse.»

    Ceci est le ton des gens actifs en Scientologie. Quand j'étais scientologue, j’y croyais. Je croyais que c'était sérieux et que le destin de la planète était en jeu.

    Ainsi, la plus grande crainte de tout scientologue, qu’il soit membre de la Sea Org ou public ou quoi que ce soit, n’est pas de perdre leurs amis ou leur famille. Leur plus grande crainte, c'est de perdre ce qu'ils appellent leur «éternité».

    Je vais lire un extrait d'une déclaration de personne suppressive émise par l'église il y a quelques années. «Plus jamais, au grand jamais, je le promets, dans aucune vie, ne pourra-t-il recevoir de l’audition» – c'est-à-dire de thérapie – «et il ne pourra jamais sortir de son piège. Ceux qui sont OT 3» – niveau Thétan Opérant 3 – «savent ce que cela signifie. Cela signifie mourir et mourir et mourir et mourir sans fin.»

    Donc, ce n’est pas simplement une menace de mort. C’est une menace de mort perpétuelle qu’ils brandissent au-dessus de votre tête, et c'est sérieux. Si vous adhérez au système de croyance de la Scientologie, c'est une menace grave. Ils sont meilleurs que la mafia. Ce n’est pas une simple menace de mort. C’est une menace de mort perpétuelle.

    Jeff Hawkins (2e partie)
    Vidéo 4

    Jeff Hawkins

    Ce sont la carotte et le bâton des scientologues. C’est ce qu’ils essaient d'obtenir, l'immortalité, et ce qu’ils craignent, c'est: «Nous pourrions décider de l'enlever.» Ils ne peuvent faire ni l’un ni l’autre, mais si vous adhérez à ce système de croyance, vous pensez qu'ils en sont capables.

    Ainsi la chose la plus importante pour que la Scientologie maintienne son emprise sur les personnes consiste à maintenir ce système de croyance intact. S’ils y parviennent, alors ils peuvent garder le contrôle.

    Si vous regardez toutes leurs règles et restrictions sous cette optique, vous voyez un peu leur approche.

    Par exemple, ils pratiquent la déconnexion. Ils disent que ce n’est pas vrai, mais ils le font. Plusieurs milliers de personnes ont été déconnectées de leur famille, enfants, parents, parce que quelqu'un a critiqué la Scientologie. Si votre famille ou votre conjoint ou vos enfants expriment quelque critique envers la Scientologie, boum! Vous êtes déconnectés d’avec eux. Vous ne pouvez pas leur parler. Ils disent: «Manier ou déconnecter». «Manier» signifie persuader d'être d'accord avec la Scientologie ou, au moins, de se taire. Ma mère, par exemple, n'a jamais aimé la Scientologie, mais elle a appris à se taire, parce qu'elle savait que je serais en difficulté si elle critiquait, alors elle s’est tue. Donc, soit vous vous taisez, soit vous y adhérez.

    Il est ironique que l'Église de Scientologie dise qu'elle prône la liberté, alors que, finalement, il s’agit avant tout de contrôle. Et plus vous allez haut, plus vous êtes contrôlés. Et quand vous vous atteignez les niveaux OT supérieurs – OT 7 – vous êtes contrôlés très, très étroitement par l'église. Vous devez vous présenter au quartier général de Clearwater tous les 6 mois. Vous subissez des contrôles de sécurité. Ils examinent chaque aspect de votre vie et s'assurent que vous ne lisez pas de sites Internet critiques, pas de livres critiques, que vous n’avez pas de pensées critiques, et ainsi de suite. Ils verrouillent vraiment la vie de ces personnes.

    Et là où j'étais, à la base internationale de la Scientologie, avec des membres de la Sea Org, le contrôle était total. C'est le site le plus étroitement surveillé de la Scientologie. J'ai passé 15 ans là. Et Marc vous a dit une partie de ce qui s’y passe. L'endroit est entouré par des fils de fer barbelés et surveillé à l'aide de caméras et de détecteurs de mouvement. Il est impossible de sortir de là sans déclencher ces détecteurs ou alerter les gardes de sécurité qui patrouillent le site. Si vous voulez quitter la base de Hemet, vous devez obtenir la permission de votre patron et du patron de votre patron. Vous ne pouvez pas sortir et entrer librement. Vous devez avoir une autorisation.

    Le courrier entrant est ouvert, ce qui va à l’encontre de la législation fédérale, mais ils le font quand même. Si vous recevez une lettre de vos parents, ils l'ouvrent avant de vous la donner, et si elle contient quelque critique de la Scientologie, vous êtes convoqués et on vous dit: «Maniez vos parents ou déconnectez-vous d’avec eux.» Le courrier sortant est également contrôlé et censuré.

    Et il y a des appels à certaines heures, et ceci et cela.

    En plus, il y a des punitions physiques. Des gens sont jetés dans le lac, ils doivent courir autour des bâtiments. Et c'est vrai, il y a aussi... Il y a également des abus physiques. J'ai été personnellement battu en 5 occasions séparées par le chef de la Scientologie, David Miscavige, qui est censé être le chef. Il aime s'appeler «le pape de la Scientologie». En fait, c’est un intimidateur. À noter que nous nous trouvons dans le Théâtre Steve Allen. Or Steve Allen a appelé la Scientologie «une religion d'intimidateurs». Je pense que c’est une description précise. Elle est même menée par le plus grand intimidateur de tous, David Miscavige.

    Alors, pourquoi ne suis-je pas parti? C'était la carotte et le bâton. Je ne voulais pas perdre mon éternité. J'avais toujours... J'avais toujours ma foi, même si j’étais physiquement et mentalement maltraité. Finalement, j’ai dit: «Je m’en fiche de savoir si je damne mon âme pour l’éternité. Je dois quitter cet endroit, parce que je ne veux plus être maltraité.» Et je suis parti. Et j'ai dû... J'ai perdu mon épouse, une femme merveilleuse que j'aime beaucoup. J'ai perdu tous mes amis, toute ma famille, qui étaient toujours dans la Scientologie à ce moment-là. Je ne pouvais pas leur parler. Je suis parti à l'âge de 58 ans avec quelques dollars en poche et il j'ai dû recommencer une nouvelle vie à partir de zéro. Ils ne m'ont pas donné d'argent. Ils ne m'ont fourni aucune aide. Je ne connaissais personne en dehors de la Scientologie. Et j'ai dû m’installer dans une ville étrange où je ne connaissais personne et construire une nouvelle vie, ce que j'ai fait.

    Mais j'ai beaucoup d'amis qui sont toujours dedans. Ils sont toujours scientologues. Ils sont toujours à la base internationale. Et si je pouvais leur envoyer un seul message, je leur dirais ceci: «Quitter la Scientologie ne signifie pas perdre son éternité. Cela signifie gagner sa liberté.»

    Merci.

    Laura Decrescenzo (1ère partie)
    Vidéo 5

    Mark Bunker

    Jeff a mentionné le fait que vous revenez vie après vie et je l’ai également mentionné. Nous n'attaquons pas les croyances de la Scientologie. Ils peuvent croire tout ce qu'ils veulent. Mais ils ne peuvent pas se comporter comme ils le désirent et une des conséquences de la croyance selon laquelle on vit des millions de vies, c'est qu'ils croient que les enfants sont vraiment des êtres sans âge qui peuvent être éloignés de leur famille à un très jeune âge et mis au travail.

    Notre prochaine intervenante a vécu cela et elle a été recrutée extraordinairement tôt dans sa vie pour travailler pour la Scientologie. Je vous prie d’accueillir Laura Decrescenzo.

    Laura Decrescenzo

    Merci. Comme il vient de le mentionner, j'ai rejoint la Sea Org, en fait, à l’âge de 12 ans. Je suis née dans la Scientologie. Mes deux parents étaient des scientologues et ont suivi des cours de Scientologie à Portland, en Oregon. J'ai fait mon premier cours à l’âge de 6 ou 7 ans et j'ai signé mon premier contrat, le contrat pour un milliard d’années, à 7 ou 8 ans.

    J'ai commencé à travailler dans une organisation à Albuquerque, au Nouveau Mexique, à 9 ans. J'ai obtenu un permis de travail, je ne sais même pas comment. À 10 ans, j'ai obtenu un permis de travail et je gagnais des clopinettes pour 30 à 40 heures de travail, entre l’âge de 9 et de 12 ans, lorsque je suis entrée dans la Sea Org.

    La personne qui est venue à Albuquerque, pour me recruter, a promis un tas de choses qui ont semblé formidables à mes parents. Elle a réussi à les convaincre de me laisser partir et je suis allée à Los Angeles. Parmi ces promesses, celle que je continuerais mon éducation, je pourrais avoir des enfants quand je serais plus grande, et je pourrais revenir à Albuquerque ou commencer le «Pont vers la liberté totale» que d'autres personnes ont mentionné.

    J'obtiendrais tout cela gratuitement parce que je travaillais pour eux. Toutes mes dépenses médicales et dentaires devaient être couvertes. Vous pouvez imaginer qu'à 12 ans, la plupart des enfants ont des caries et que des soins sont nécessaires. Je pourrais rentrer à la maison pour rendre visite à mes parents, jusqu'à une fois par mois si je le voulais, en raison de mon âge.

    Toutes ces promesses ont été faites pour donner l’illusion d’une expérience merveilleuse. Malheureusement, la plupart de ces promesses se sont avérées complètement fausses. Puisque j'avais 12 ans, j'étais considérée comme très qualifiée. Je n'avais pas vécu.

    Je suis sûre que vous pouvez imaginer que la plupart des enfants de 12 ans vont à l'école, jouent à des jeux vidéo et n'ont vraiment aucune histoire qui les disqualifieraient en vue de l’entrée dans les niveaux supérieurs de la Sea Org. À votre entrée à la Sea Org, ils vous font compléter un «formulaire de parcours de vie».

    Il s’agit d’environ 8 pages de questions extrêmement personnelles. Cela couvre chaque médicament ou drogue que vous avez pris, chacune de vos fréquentations, chaque expérience sexuelle que vous avez eue, dans le menu détail. Ils vous mettent ensuite face à un électromètre – leur détecteur de mensonge – pour vérifier que vous dites la vérité. À 12 ans, mon parcours de vie ne contenait rien.

    Je répondais: «non, non, non, non, non.» J'étais considérée comme une recrue de choix. Sans compter le fait qu’à 12 ans, votre esprit ressemble à une ardoise vierge. Vous pouvez être programmé comme ils le veulent. Je suis donc entrée dans la Sea Org. J'ai quitté mes parents et j'ai déménagé à Los Angeles.

    Comme je l'ai mentionné, presque tout ce qu’ils m'avaient promis était un mensonge. Je n'ai quasiment pas continué mon éducation. J'allais en classe environ une fois par semaine, sans professeur qualifié.

    Concernant les visites à mes parents, je voulais, à 12 ans, rentrer à la maison et voir mes parents pendant un week-end. Ma première visite à la maison a été un cauchemar complet.

    J'étais censée partir en avion et, à quelques heures du départ, ils m’ont dit que je ne pouvais pas partir avant d’avoir passé un contrôle de sécurité sur l’électromètre. Je leur ai dit: «Ma maman m'a acheté un billet non remboursable. Que suis-je censée faire? Je dois partir dans quelques heures.»

    Ils ont dit: «Tu ne peux pas. Si tu pars, tu seras soumise à la ‘justice’ à ton retour.» Cela signifie, en fait, que ma position dans l'organisation serait révoquée. Cela signifiait beaucoup de choses.

    Quand vous êtes dans la Sea Org, une action de justice est considérée comme effrayante. Je me demandais: «Qu'est-ce que je dois faire? Je suis censée partir dans cet avion, on ne joue pas avec l'argent de ma maman, c’est un billet non remboursable.»

    Alors j'ai dit: «OK, je pars de toute façon», et je suis allée à mon dortoir. J'étais passée de l'immeuble HGB au «Complexe» et je suis montée dans la navette à l'entrée en fer à cheval du «Complexe». La sécurité m’en a sortie et m'a physiquement empêchée de partir.

    J'avais fermé la porte de la navette parce que j'avais vu un garde qui arrivait. Je pétais de trouille. Je tenais à partir, mais il a débloqué et ouvert la porte, empêchant la navette de partir. Donc, dès le début, on m'a enseigné qu’il ne faut pas jouer avec eux.

    Ils vous gardent même si vous ne voulez pas rester et j'ai fini par attraper l'avion avec 24 heures de retard, sur un vol arrangé par eux. Me voici, à 12 ans, quittant l’aéroport de Los Angeles à environ 11 heures du soir, avec une escale d'une heure à Las Vegas, au Nevada. En tant que mère, je flanche à la pensée d’une fillette de 12 ans dans l'aéroport de Las Vegas au milieu de la nuit et arrivant à Albuquerque à 3 heures du matin.

    Quoi qu'il en soit, chaque fois que j'ai voulu prendre des congés, c’était la même chose, un cauchemar à chaque fois. Je me suis mariée à 16 ans. Dans la Sea Org, c’est très commun, parce que vous ne pouvez rien faire physiquement avec votre partenaire jusqu'à ce que vous soyez mariés. Je me suis mariée et je voulais des enfants. Je l'avais déjà dit quand j'ai rejoint la Sea Org. Je prévoyais d’avoir des enfants.

    Laura Decrescenzo (2e partie)
    Vidéo 6

    Laura Decrescenzo

    Je vais maintenant parler de quelque chose d’extrêmement personnel. Je le fais pour montrer à quelles extrémités ils en arrivent pour garder et contrôler leurs gens, en relation avec le fait de vouloir des enfants.

    Je suis tombée enceinte en février 1996 avec la pleine intention d’avoir un enfant avec mon mari. J'avais 17 ans. Quand je l'ai dit à mon mari, il a été naturellement un peu étonné et effrayé, comme un jeune couple, voire un couple plus âgé, peut l’être dans l’attente d’un premier enfant. Cela vous rend nerveux.

    Quand nous avons informé les commandants de nos organisations, la première chose que m’a dite ma commandante, c'était que le bébé n'était pas un bébé, juste des cellules. Quelques mois plus tôt, elle-même était tombée enceinte.

    Elle n'avait pas réalisé qu'elle était enceinte jusqu'à la 14e semaine, mais elle a avorté pour «le plus grand bien». Elle a argumenté que mon travail était important, que cela porterait préjudice à l'organisation si je devais partir, que ni moi ni mon mari n'avions d'argent et que nous n'en aurions pas si nous partions, si nous avions des enfants.

    Après 2 jours de pression constante, avec la menace que si je partais, je n’aurais pas d’argent, pas de vie... La plupart des personnes, même plus âgées, ne réussissent pas leur vie. Je n'avais aucune formation. Il n’était pas possible que je puisse élever un enfant, me répétaient-ils continuellement.

    Je suis sûre que j'aurais pu élever cet enfant si je l’avais gardé. Mais, après plusieurs jours de ce traitement, j'ai cédé et avorté. Il y a 10 jours, j’ai réalisé une déposition et l'avocat de l'Église de Scientologie m'a demandé de manière insistante, en reformulant ses questions, pour m'obliger à dire que j'ai accepté d'avorter.

    Je n'ai jamais accepté d'avorter. Est-ce que j'ai cédé? Oui. Cela me tue-t-il tous les jours? Oui. En fait, ma dernière pensée, quand je suis allée subir l'avortement, je me suis dit: «Attends.»

    Ce n'était pas ce que je voulais, mais, malheureusement, c'est ainsi que les choses se sont passées. L'idée de vouloir avoir des enfants m’a poursuivie continuellement pendant mes années dans la Sea Org, à tel point qu’en 2001, on m'a envoyée au projet de réadaptation, aussi appelé RPF dans la Sea Org. C'est, essentiellement – vous y êtes envoyé comme punition.

    Ils le considèrent, comme un moyen de vous «réhabiliter», de vous récupérer pour vous faire travailler de nouveau, mais en fait vous y êtes envoyé pour faire du travail pénible et intensif pour eux et vous mettre complètement à l’écart du monde.

    J'ai été séparée de mon conjoint. J'ai été séparée de tous ceux qui m’importaient. On ne m'a pas permis de parler à ma famille. On ne vous permet pas d'avoir plus de 20 dollars dans vos poches. On ne vous permet pas de vous déplacer sans être accompagné. Vous êtes observé 24 heures sur 24. Il y a toujours quelqu'un qui garde le corridor à l’extérieur des dortoirs. J’ai passé presque 3 ans au RPF.

    Je pourrais continuer mais, malheureusement, il me reste peu de temps. Je savais que si je disais que je ne voulais plus rester, que je voulais partir, comme d'autres l’ont dit, j’aurais subi des pressions pour me faire rester.

    Je savais que, si je disais que je voulais partir, je serais envoyée au RPF du RPF. Je travaillais déjà... C’était déjà des circonstances intolérables, mais c’est encore pire au RPF du RPF. Un de mes amis avait passé 8 mois au RPF du RPF pour avoir essayé de partir.

    J'ai alors fait quelque chose qui me garantissait un renvoi immédiat. J’ai avalé de l’eau de Javel, sachant que je serais considérée comme un risque de suicide et qu'on se débarrasserait de moi immédiatement. Et ils m’ont renvoyée. Je n'étais pas suicidaire, mais c’est ce que j’ai dû faire pour pouvoir sortir immédiatement.

    Après mon départ du RPF, je me suis encore considérée comme une scientologue pendant plusieurs années. J’ai même payé... Je pense que c'est Marc qui a mentionné avoir reçu une facture de 100 mille dollars. Moi aussi, j'ai reçu une facture, de 120 mille dollars pour les services que j'avais obtenus dans la Sea Org.

    Ainsi, après avoir travaillé pendant 13 ans 100 heures par semaine, je leur devais de l'argent. Je leur ai même payé 10 mille dollars après mon départ, et il m'a fallu environ 4 ans pour comprendre que ce qui s’était produit n’était pas juste et que quelqu'un doit faire quelque chose à ce sujet. C'est pourquoi je suis ici aujourd'hui, pour commencer à ouvrir les yeux des gens sur ce que se passe dans la Sea Org, parce que ce n’est pas juste et que quelque chose doit changer.

    Merci.

    [Applaudissements]

    Will Fry
    Vidéo 7

    Mark Bunker

    Notre prochain intervenant a grandi au sein de la Scientologie et il en dira plus long sur cette expérience et sur le fait qu'il a travaillé très jeune pour la Scientologie. Il n'a commencé à s'exprimer que récemment, à quelques-uns des événements d'Anonymous, et Anonymous a diffusé ses vidéos sur le web. Il s'agit de sa première intervention devant un public. Voici Will Fry.

    Will Fry

    Bonjour. J'ai besoin d'une seconde. J'ai... Juste le fait d'entendre tous ces témoignages, je ressens, probablement, une forte montée d'adrénaline. C'est peut-être amusant d'entendre ces choses, mais ça me met vraiment en colère.

    Vous le savez, rappelons-le, ce n'est pas... Ce n'est pas en Corée du Nord que ça se passe. C'est en Amérique.

    Bon, alors...

    J'ai fait une petite vidéo pour YouTube comme préambule à cette conférence. Nous n'avons que 8 minutes ici et ce n'est pas beaucoup de temps. Dans cette vidéo, je parlais... je parlais de la Dianétique pour enfants, la philosophie de L. Ron Hubbard selon laquelle les enfants ne sont pas vraiment des enfants, mais des êtres âgés de milliards d'années qui occupent un corps plus petit que celui des adultes et qui devraient être aussi responsables que les adultes. Et d'autres folies du même genre. Mais je ne voulais pas seulement dénoncer un abus, je voulais décrire comment l'abusé devient l'abuseur.

    Et j'ai été... j'ai été initié à la Scientologie à l'âge de 2 ans. J'ai par la suite fréquenté leurs pensionnats dans le désert de la Californie et, à l'âge de 17 ans, je suis entré dans la Sea Org. Je voulais m'en sortir immédiatement, mais c'est difficile... C'est difficile à surmonter, cette sensation d'être un traître si on s'en va. On doit respecter la promesse de rester un milliard d'années.

    Deux ans plus tard, je suis simplement parti. J'ai «blowé», comme on dit, sans aucune intention d'y revenir, mais à la demande de ma famille... Ils ne voulaient pas... Ils ne voulaient pas que je sois déconnecté d'avec eux comme mon oncle, qui a été déconnecté d'avec nous pour avoir été déclaré personne suppressive dans les années 90 parce qu'il a demandé un remboursement de l'église d'Ann Arbor, au Michigan, pour des services qui n'ont pas été fournis.

    Le 10 décembre l'an dernier, il s'est donné la mort.

    J'y suis donc retourné, à la demande de ma famille, et j'ai passé 6 mois aux travaux forcés, travaillant comme un esclave, faisant des travaux physiques, sans aucune rémunération. Comme dans le RPF, j'étais sous surveillance et je subissais des interrogatoires tous les jours avec leur version d'un détecteur de mensonges. Et ça... Ça m'a fait du tort.

    Quand on quitte la Scientologie, ils veulent qu'on soit absolument réticent à faire ce que je fais aujourd'hui, c'est-à-dire parler, et il m'a fallu beaucoup de temps pour y parvenir. Il a fallu que je me réveille et j'ai dû... j'ai dû comprendre beaucoup de choses par moi-même.

    Mais, encore une fois, je veux décrire comment l'abusé devient abuseur. Pendant la première année après mon départ de la Sea Org, j'avais 20 ans et je cherchais seulement à m'évader. En résumé: «Donne-moi une fausse pièce d'identité et allons dans un bar s'enivrer et rencontrer des filles.» Je voulais avoir une compagne, mais il était plutôt difficile pour une fille de souhaiter plus qu'une relation courte avec moi, simplement parce que j'avais des problèmes. Et je les ai encore. Je suis en cours de thérapie et je suis en train de résoudre tout ça, mais c'est un autre sujet.

    Une fille que j'ai fréquentée – nous avons été ensemble pendant environ un mois – elle avait 15 ans. C'était un ancien membre de la Sea Org. J'en ai parlé dans la vidéo. Nous ne le cachions pas. Ses parents le savaient. Mes amis le savaient. Quant aux autres scientologues,... Personne ne désapprouvait, mais ce n'était pas correct, je l'ai compris plus tard, évidemment, mais... Et je ne vais pas la nommer ou nommer les autres personnes concernées, mais...

    Elle a été expulsée de la Sea Org, et vous ne le réalisez peut-être pas...

    Comme vous avez entendu à quel point il est difficile de partir quand on le veut, vous n'allez peut-être pas comprendre à quel point il est difficile de se faire expulser. Elle a été expulsée à l'âge de 14 ans. J'avais entendu des rumeurs quand j'étais dans la Sea Org, au sujet du motif de son expulsion, mais je n'y croyais pas vraiment. Encore une fois, je ne vais pas la nommer. Elle mérite qu'on respecte sa vie privée et il en va de même pour l'homme en question, mais...

    Il y a une église, pas très loin d'ici, qui s'appelle «l'Organisation avancée de Los Angeles.» C'est l'Église de Scientologie responsable de la formation des OT jusqu'au niveau OT 5. Après OT 5, les OT doivent aller à Clearwater, en Floride, la «mecque». C'était en 1999, 2000, et le capitaine, ou le chef de l'Organisation avancée de Los Angeles était... un petit Italien d'environ 50 ans, et elle était son assistante. Ils avaient des relations sexuelles.

    Quand l'église l'a su, ils ont expulsé la fille. Ils ont permis à sa mère et à son beau-père, qui travaillaient aussi pour l'AOLA, l'Organisation avancée de Los Angeles, de partir sans bruit, pour la surveiller dans le monde réel, pour s'assurer qu'elle n'allait rien révéler.

    L'homme a été condamné au RPF, mais pas le RPF local. Ils l'ont envoyé, je pense, outre-mer ou à la base internationale. Quelqu'un pourrait probablement vous le dire, mais je ne suis pas ici pour dire: «Untel est un pédophile.» Il est peut-être aussi bousillé que je l'étais quand je suis parti.

    Ce que je veux souligner, c'est à quel point cette organisation, la Sea Org, le service des affaires spéciales OSA, l'Église de Scientologie Internationale, sont prêtes à contourner la justice dans ce pays, à quel point il est absolument primordial pour elles d'éviter des problèmes de relations publiques. C'est leur priorité.

    Elles ne composent pas le 911 de leur gré. Elles ne l'ont jamais fait et elles ne le feront jamais. C'est la raison d'être du RPF: pour enterrer les gens vivants. S'il se passe quelque chose qu'ils n'aiment pas, ils peuvent s'en aller.

    D'autres personnes pourraient confirmer cette histoire, même pas... Je doute qu'un membre de l'église la confirmerait, mais il y a des personnes qui sont parties et qui seraient parfaitement au courant, à part des personnes concernées, par exemple Mike Rinder, l'ancien chef du service des affaires spéciales OSA, anciennement connu sous le nom de «Guardian's Office», l'agence coupable de la plus grande infiltration du gouvernement des États-Unis. Renseignez-vous sur l'opération «Snow White» [Blanche-Neige]. Faites une recherche Google. Ils ont changé le nom à l'OSA, mais la stratégie n'a pas changé.

    Mike Rinder est encore scientologue. Il n'en pouvait plus des abus commis contre lui, mais il est personnellement responsable d'avoir gâché des vies innombrables. Je suis certain qu'il le savait. Et d'autres, mais...

    Vous devrez me pardonner. Malgré les conseils de ceux qui me connaissent, je n'ai rien préparé par écrit. Ce n'est tout simplement pas mon style.

    Bon.

    J'ai bien d'autres histoires à raconter et avec le temps, je les raconterai. Si vous voulez, vous pouvez aller sur YouTube et rechercher mon nom, Will Fry, F R Y. Vous le trouverez sans difficulté. J'ai hâte de parler avec vous plus longuement.

    Merci de m'avoir écouté.
  39. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Maureen Bolstad (1ère partie)
    Vidéo 8

    Mark Bunker

    Vous aurez la possibilité de parler avec Will et les autres intervenants après notre période de questions à la fin de la conférence.

    Will a mentionné la déconnexion. À la fin de notre période de questions, je vais lire 2 lettres écrites par des mères déconnectées d'avec leurs enfants. C'est un des aspects les plus importants de l'emprise exercée par la Scientologie.

    Une des raisons... Un des moyens employés pour vous empêcher de sortir consiste à vous menacer de perdre toutes vos relations avec vos êtres chers, vos parents, vos enfants. Notre prochaine intervenante l'a vécu et elle aussi est entrée très jeune en Scientologie.

    Voici Maureen Bolstad.

    Maureen Bolstad

    J'ai déjà donné beaucoup d'entrevues face à une caméra, mais c'est la première fois que je me trouve devant un si grand auditoire.

    J'aimerais tout d'abord dire que je vis actuellement une situation dans laquelle je suis déconnectée d'avec ma soeur jumelle. C'est déchirant et douloureux pour moi. La seule raison pour laquelle elle n'a pas la permission de me parler ouelle croit qu'elle ne peut pas me parler, c'est que j'ai quitté la Sea Org. C'est une des choses qui empêchent les personnes de sortir, quand elles ont des amis ou des membres de leur famille qui sont aussi membres.

    Il existe toujours cette menace de ne plus pouvoir parler à votre famille et à vos amis si vous partez. Vous avez aussi la possibilité de partir en suivant un «protocole de départ», une série d'étapes qui vous autorise à partir, mais vous serez ensuite endetté, parce que vous recevrez une «facture de déserteur» pour tous les services que vous avez reçus pendant que vous faisiez partie du personnel, et vous ne pourrez parler à personne tant que vous ne l'avez pas acquittée.

    Mais le protocole de départ n'est pas toujours facile pour tout le monde et dans mon cas... Je suis pas mal certaine que c'est pour cette raison que je prends la parole en dernier. J'ai demandé d'entamer le protocole de départ en février 1997 et on ne m'a pas donné la permission.

    J'étais essentiellement dans le RPF et on m'a dit qu'il ne m'était pas permis de suivre le protocole de départ et qu'il ne m'était pas permis de partir. J'y étais détenue et il y avait toujours quelqu'un qui me surveillait, 24 heures par jour.

    Il fallait qu'une autre personne soit toujours avec moi. On me projetait la lumière d'une lampe de poche au visage la nuit, quand je dormais, toutes les 2 heures, pour vérifier si j'étais encore au lit. À quelques reprises, j'ai réussi à m'enfuir, mais on m'a plaquée au sol et on m'a ramenée de force.

    Un des hommes qui s'est lancé sur moi s'appelle Chris Guider, un ancien footballeur professionnel australien. Il était imposant et j'étais incapable de m'en échapper, mais j'ai continué d'essayer.

    Une des dernières fois que j'étais dans le RPF à la fin de 1997, je me suis retrouvée dans une bagarre avec un des autres détenus du RPF. Il m'a cassé la main contre une table et il m'a plaquée contre des bibliothèques. J'étais pas mal abîmée et j'ai dit: «J'en ai marre. Si vous ne me laissez pas partir, je vais cesser de manger et de dormir, et je vais mourir», parce que je voulais ma liberté. Je n'aimais pas être traitée comme une prisonnière alors que je n'avais absolument rien fait de mal, à part le fait que je ne voulais plus travailler là pour rien.

    Ce soir-là je parlais à – On m'a dit: «Prends le temps de dormir, ça ne veut pas dire...» Ils disaient qu'ils me parleraient le lendemain de ce qui me donnait envie de partir et qu'ils allaient mieux me traiter. Je suis donc allée me coucher.

    J'ai laissé tomber ma menace de ne pas dormir ou manger et, ce soir-là, j'ai réussi à m'évader.

    J'ai entendu les deux personnes qui surveillaient ma porte de l'extérieur s'éloigner. Je m'étais couchée toute habillée et je... C'était à Hemet à l'endroit qu'ils appellent «le ranch» ou «Happy Valley» qui est – ils n'en sont plus propriétaires, mais ils l'étaient autrefois – situé près de la réserve indienne Soboba. J'ai couru derrière les maisons des Indiens pour m'esquiver des gardiens de sécurité, mais une équipe a été expédiée pour me rechercher.

    Ils avaient même un chien. Ils avaient 2 camions et ils étaient plusieurs, à 4 ou 5 heures du matin, qui tentaient de me trouver. J'ai réussi à me rendre chez ma tante.

    Maureen Bolstad (2e partie)
    Vidéo 9

    Maureen Bolstad

    J'ai fait de l'auto-stop, j'ai pris l'autobus et, quand je suis arrivée chez ma tante, un responsable de l'Église de Scientologie s'est présenté chez elle avec ma soeur. Ils m'ont dit: «Si tu reviens,» – excusez-moi – «tu pourras parler avec ta soeur, tu pourras parler avec ton mari, tu n'auras pas à faire le RPF et nous allons mieux te traiter.» Ils m'ont fait des promesses et j'ai voulu y croire, mais quand j'y suis retournée, j'ai été coincée là encore 3 misérables années et ma soeur ne m'a pas parlé, mon mari a divorcé d'avec moi, et c'était pénible.

    Pendant 3 ans, j'ai été en semi-isolement. Je devais faire des travaux manuels tous les jours malgré le fait que mon dos et mon cou étaient en mauvais état à cause de blessures antérieures. Ça me rendait folle. J'avais tellement mal.

    J'étais... J'ai perdu ma volonté de vivre à un moment donné et ils ont enfin cessé de me harceler parce qu'ils craignaient que je ne meure parmi eux.

    Et bien entendu: «Ce serait néfaste pour les relations publiques de l'église si quelqu'un mourait chez nous, parce que c'est déjà arrivé à Clearwater. Lisa McPherson est décédée. On ne veut pas que ça se reproduise.»

    Ils m'ont donc laissée... laissée partir, mais à ce moment-là, je ne voulais pas m'en aller. J'avais besoin de soins. J'étais dans un état lamentable et... Bon, je ne veux pas vraiment... Évidemment, je suis encore en vie.

    Je m'en suis sortie et je mène ma vie, mais la raison pour laquelle je témoigne, c'est que... Je ne suis pas contre les aspects des croyances de la Scientologie qui aident les gens. Je ne suis pas contre l'idée que le système de santé mentale a besoin d'être réformé. Je ne suis contre aucune de ces bonnes choses.

    Je suis contre les abus, les mauvais traitements. J'ai travaillé pour la Sea Org pendant 18 ans. J'y suis entrée à l'âge de 16 ans et j'ai travaillé fort pour eux.

    Je travaillais parfois plus de 20 heures par jour, 7 jours par semaine. Je... pour moins de 30 cents l'heure. Et quand je n'en pouvais plus, que je ne pouvais plus être un cheval de labeur pour eux et que je voulais m'en aller, j'ai été traitée comme... comme une criminelle. Et ça ne devrait pas... Ça devrait...

    Ce qui m'est arrivé est illégal. J'étais en si mauvais état par la suite que j'étais incapable d'y faire face immédiatement, mais je suis maintenant en mesure d'en parler et d'expliquer au public que la Scientologie a un côté sombre et qu'il faut faire quelque chose. Ils ne devraient pas pouvoir faire des choses pareilles avec impunité, simplement parce que c'est une religion.

    Il me reste une minute. J'essaie de me rappeler les autres choses que je voulais dire. Bien des gens me demandent comment j'y suis entrée. Les personnes qui ont parlé avant moi aujourd'hui ont expliqué le processus de recrutement, et c'est une chose qui m'est arrivée quand j'étais très, très jeune – j'avais 15 ans – dans une mission de Scientologie.

    Je n'avais pas assez d'argent pour payer les cours de Scientologie, mais on me les avait bien vantés et j'étais intéressée et je voulais les étudier. En me joignant au personnel, on me proposait comme un programme de travail-études qui permet de suivre les cours parce qu'on fait partie du personnel.

    C'est donc ce que j'ai fait. Pendant ma première année de travail dans une mission je n'ai pas reçu... je n'ai fait que travailler et travailler. J'étais comme un cheval de labeur. Je m'occupais de la ronéotypie, je travaillais à la réception. Je n'étais pas rémunérée et je ne recevais aucun cours de Scientologie.

    Je voulais prendre les cours de Scientologie parce que tant de gens disaient que c'est formidable. Quand j'avais 16 ans, un recruteur de la Sea Org est venu me recruter. Il m'a abordée quand ma mère n'était pas présente.

    Il m'a promis beaucoup de choses, qu'on m'aiderait avec mes études, que je compléterais des études secondaires et collégiales et que j'aurais toutes sortes de choses merveilleuses. J'apprendrais la Scientologie.

    Je serais logée, j'aurais des soins médicaux et dentaires, je pourrais visiter ma famille tous les ans pendant 3 semaines et ce serait merveilleux. Il est allé chez ma mère pour obtenir sa permission. Elle était ivre et le recruteur l'a quand même fait signer le formulaire de consentement.

    Mon petit frère était là. Il n'avait que 14 ans et elle lui a demandé: Et mon frère de répondre: «Oui.»

    On s'est donc retrouvés dans un avion à destination de Clearwater, en Floride, et nous sommes arrivés et on nous a immédiatement mis au travail à faire la lessive pour une des organisations supérieures.

    Je travaillais littéralement jusqu'à 2 heures du matin, 4 heures du matin à la lessive tous les jours – faisant la lessive et faisant le ménage dans les chambres pendant un mois environ, et à la fin, je me disais «Mon Dieu! Qu'est-ce que je fais ici? Je n'en peux plus. Je ne peux pas continuer à veiller des nuits entières sans aller à l'école», et ainsi de suite.

    Mon supérieur me dit: «Bon, en fait, nous nous sommes trompés. Nous avons commis une erreur. Tu ne devrais pas faire ce travail. Nous allons te faire suivre un autre programme qui commence par une formation pour le personnel. Tu pourras dormir comme il faut et tu auras un horaire convenable. Il fallait simplement respecter en bonne et due forme les règles établies par L. Ron Hubbard. Nous ne l'avons pas fait jusqu'à maintenant, donc nous nous en excusons. Tu peux rester, parce que ça ne se reproduira pas.»

    Je suis donc restée, mais même si j'avais quitté, je n'avais pas d'argent et ma mère n'avait pas d'argent. Qu'est-ce que j'aurais fait à Clearwater, en Floride, à l'âge que j'avais?

    J'ai donc fait la prochaine étape, une formation de base pour le personnel, et il a fallu que je signe une facture sans frais pour 3 mille dollars. J'avais 16 ans et voilà que j'étais en train de signer un document qui disait que, si je m'en allais, je leur devrais 3 mille dollars, et les factures se sont accumulées au fil des ans. Je crois qu'à l'âge de 17 ou 18 ans je leur devais 20 ou 30 mille dollars uniquement pour ma formation comme membre du personnel – je n'avais pas suivi de formation en Scientologie. Il s'agissait seulement d'un apprentissage de base de l'administration, par exemple le système des 3 corbeilles, comment rédiger des dépêches, comment remplir des bons de commande. Des choses de ce genre.

    J'aurais tellement de choses à dire. Dix-huit ans, c'est long. Je pourrais vous raconter histoire après histoire et il y a beaucoup de choses que vous auriez de la difficulté à croire... à croire possibles ici en Californie ou à Clearwater.

    La seule chose que j'aimerais ajouter, c'est qu'il y a certainement un manque de respect pour le corps humain et pour la santé que j'ai constaté de façon plutôt criante à maintes reprises dans la Sea Org, et je l'ai appris à la dure. J'ai eu un accident en 1993.

    Je me suis blessée dans un accident de motocyclette, au cou et à l'épaule, et je suis retournée au travail 2 jours plus tard, après avoir failli me casser le cou dans un accident. Et je veux vous dire ce que je faisais comme travail.

    Vous voyez cet homme qui porte une caméra sur son épaule? C'est ce que je faisais pour eux. Donc après mon accident où j'ai failli... Je me suis déchiré des muscles à l'épaule, au bras et au cou. J'avais 3 hernies discales au cou. J'ai dû retourner au travail et porter une caméra sur mon épaule et j'avais... on ne me permettait pas de prendre des anti-douleurs et je devais travailler de très, très longues heures. C'était vraiment pénible.

    Vous savez... Des gens me disent: «Tu sais, toi... tu as perdu la raison» et, vous savez, quand... En Scientologie, j'ai eu des ennuis parce que j'ai fait une dépression nerveuse. Et ma réaction, c'est que vous feriez de même. Vous feriez de même si vous travailliez plus de 20 heures par jour et que vous deviez porter une caméra sur une épaule presque cassée.

    C'était rude et, vous savez, il n'y a pas d'employeur... Il faut qu'un employeur soit responsable de la sécurité et de la santé de ses employés, et la plupart des entreprises surveillent la façon dont les travailleurs sont traités, leur sécurité et leur santé. Et dans les organisations de la Scientologie, il n'y avait vraiment presque rien.

    Voilà une autre chose qui, à mon avis, a vraiment besoin d'être corrigée. Le simple fait qu'un groupe soit religieux ne lui permet pas de jeter la sécurité et la santé de ses travailleurs par la fenêtre, sans prendre des mesures convenables pour veiller à leur santé.

    C'est tout. Merci.

    Nancy Many (1ère partie)
    Vidéo 11

    Mark Bunker

    ... et vous présenter notre dernière intervenante, qui a des choses fascinantes à raconter, elle aussi. Elle a écrit un livre et c'est un livre vraiment formidable, intitulé «Mon contrat d'un milliard d'années.»

    Elle est entrée en Scientologie alors qu'elle était jeune collégienne et qu'elle fréquentait des amis qui consommaient des drogues douces, et elle se disait qu'il doit y avoir plus que ça dans la vie. Malheureusement, c'était la Scientologie.

    Voici Nancy Many. Son témoignage est fort impressionnant.

    Nancy Many

    Bonjour, tout le monde. Je n'ai pas... Je n'en ai pas parlé avec Jeff [Hawkins], mais le temps... le nombre d'années que nous y avons consacrées est assez considérable. J'étais adolescente quand j'ai commencé et je suis encore engagée, pas directement de l'intérieur, mais de l'extérieur.

    J'ai écrit mon livre, au fond pour... C'était en partie... une sorte de thérapie. Mes expériences en Scientologie sont très diverses et elles touchent à pratiquement tout ce que mes prédécesseurs ont dit et à des aspects qui n'ont pas été abordés.

    Je connais d'expérience le RPF. J'ai travaillé pour leur service de renseignement. J'ai participé à des infiltrations, y compris pour le programme «Snow White» [Blanche-Neige], implanté il y a des années par le «Guardian's Office».

    Le bureau des affaires spéciales OSA a remplacé le «Guardian's Office» en disant: «On n'agit plus de la même manière. Nous agissons en toute légalité et nous faisons ce que nous sommes censés faire.» Et j'ai aussi été une taupe... une espionne... un agent clandestin pour l'OSA. Et je peux affirmer catégoriquement qu'il n'est pas vrai que l'OSA est différent.

    Il n'y a pas vraiment de différence entre ce que le «Guardian's Office» et l'OSA m'ont demandé de faire. Le but d'un service de renseignement... Mike Rinder l'a très, très bien dit: «Vous avez un attaquant. Vous avez ciblé une personne et vous voulez dénicher l'information la plus précieuse sur cette personne, pour pouvoir la menacer. En la menaçant, vous aller persuader cette personne à reculer.»

    Voilà donc le principe directeur, le mode de fonctionnement. C'est de cette façon que le GO fonctionnait et c'est ainsi qu'ils continuent de fonctionner aujourd'hui. Ils ont maintenant un bouclier supplémentaire d'avocats et ils embauchent plus d'enquêteurs privés. C'est beaucoup plus dispendieux aujourd'hui qu'à l'époque du GO. Et grâce au privilège avocat-client, l'église ignore ce que leur avocat a fait. Ils l'ignorent, ou même s'ils le savaient, ils ne partageraient pas l'information.

    J'ai aussi travaillé avec Hubbard. J'étais l'assistante de Hubbard lorsqu'il vivait dans la clandestinité. Il avait essentiellement 7 divisions dans son organisation et il avait un assistant pour chacune de ces divisions. J'étais son assistante pour la «Division 6», à savoir «les relations publiques et l'expansion mondiale», ce qui comprend les célébrités et le recrutement pour la Scientologie. Chaque personne dans cette salle se dit probablement: «Jamais je ne pourrais...» Jamais vous ne vous pourriez... Et moi, je vous dis que, si, vous le pourriez!

    J'ai participé à une émission de radio il y a quelques mois, et j'ai pratiqué un dialogue de recrutement avec l'animateur et sa réaction était du genre: «Ouais, j'aimerais ça.» La formation qui permet de recruter une personne en Scientologie, que ce soit une célébrité ou non, est essentiellement la même. La différence, c'est que les célébrités sont traitées avec délicatesse. On les traite un peu... Ça ne se fait pas de façon agressive, parce que, si une personne ordinaire s'en va en disant: «Je ne vous aime pas», ils s'en fichent. Mais si c'est une célébrité, ils ont beaucoup investi et ils veulent recruter cette célébrité. Ils ne veulent pas que cette célébrité dise quoi que ce soit de négatif.

    J'ai quitté l'église, la Sea Org. J'ai complètement cessé de travailler pour la Sea... pour la Scientologie en 1986 ou 1987. Je suis ensuite devenue scientologue publique; j'ai suivi un parcours à rebours. Comme beaucoup d'autres qui ont parlé pendant cette conférence, j'ai commencé au sommet et je me suis un peu retirée.

    À la fin, ils ont mis la main sur un courriel que j'avais envoyé à une femme qui avait des doutes sur la Scientologie. Elle ressentait de la confusion. J'étais dans un état fort semblable. Je sentais vraiment que nous avions quelque chose en commun. Elle était en Afrique du Sud et il se passait beaucoup de choses. Elle m'a écrit en me demandant: «Mais comment peux-tu communiquer avec moi? Tu es scientologue. Tu n'es pas censée communiquer avec moi, étant donné que j'ai été déclarée personne suppressive.» Et j'ai répondu, en donnant mon vrai nom: «Je n'ai pas peur de communiquer avec toi. Ce qui me fait peur, ce sont les espions que la Scientologie va envoyer dans ton entourage.»

    J'ai su quelques années plus tard qu'elle n'a jamais reçu ce télex. Cinq mois plus tard, on m'a convoquée à l'immeuble HGB, le siège de l'OSA, et on m'a montré ce courriel. L'ironie du fait qu'on me montrait ce courriel dans le saint des saints de la Scientologie ne m'échappait pas, mais elle semblait échapper aux personnes face à moi. C'est une notion qu'elles ne saisissaient pas tout à fait. J'ai aussi appris que cette femme en Afrique du Sud ne l'a, en fait, jamais reçu.

    Ils m'ont offert de l'aide. Ils m'ont dit: «Bon, nous avons quelqu'un. Nous sommes prêts à t'aider. Nous savons que tu éprouves toutes sortes de doutes et de confusion à propos de la Scientologie. Tu y as investi une grande partie de ta vie, beaucoup de temps, et nous allons t'aider.» Puis ils m'ont convoquée à ce qui était essentiellement un interrogatoire. C'était... D'après mon thérapeute, c'était fort semblable à ce que les hommes ont subi quand ils ont été capturés en Corée du Nord. Et elle m'a dit: «Nancy, si tu doutes de tes capacités et de ton endurance, rappelle-toi qu'il leur a fallu beaucoup de temps pour te faire craquer.»

    Et c'est ce qu'ils ont fait. Ils m'ont fait craquer. J'ai fait une crise psychotique.

    Cette crise psychotique était tellement intense qu'on m'a attachée et transportée en ambulance dans un hôpital, où je ne reconnaissais même pas mon mari. Cette rupture d'avec la réalité s'est poursuivie. Il ma fallu beaucoup de temps pour m'en remettre. Je n'ai pas vraiment reçu d'aide. La soi-disant église... Il me semblait... Ils ne m'ont pas aidée du tout, disons-le ainsi.

    Le médecin scientologue chez lequel on m'a envoyée m'a prescrit un médicament qui s'appelle «hydrate de chloral», le même médicament qu'on a donné à Lisa McPherson, qui est décédée. On m'a dit que c'est la même drogue que le Docteur Denk a donnée à L. Ron Hubbard, que ce n'était pas une drogue psychotrope qu'il ne pouvait pas prendre. Et il est décédé. C'est la drogue qu'on a trouvée... qui a été identifiée comme cause du décès de Pamela Ander– non, s'agit-il de Pamela Ander–? Non, qui est-ce? Son fils est décédé avant elle. Anna Nicole Smith. Cette drogue était la cause de son décès. C'est ce qui a été conclu. L'hydrate de chloral. C'est le nom du médicament.

    Un jour après ma sortie de l'hôpital, j'ai décidé faire le contraire de ce qu'on me disait. J'ai donc cessé de prendre tout ce que la Scientologie me disait de prendre, les énormes doses de vitamines que... je l'ai appris par la suite, quand j'ai su que Lisa était morte. On lui avait donné d'énormes doses de vitamines. Un médecin spécialiste a dit que ce n'était pas à cause d'une vitamine en particulier. C'était le mélange des vitamines qu'on lui a données, parfois de force en la gavant, qui l'a tuée.

    Nancy Many (2e partie)
    Vidéo 12

    Nancy Many

    Je ne savais pas qu'elle était décédée. Mon interrogatoire et ma perte de santé mentale ont eu lieu 6... environ 6 ou 7 semaines après son décès. J'ai su un an plus tard, quand mon état s'était beaucoup amélioré, qu'elle était décédée. Et c'est tellement semblable. Et le médecin était... C'était le même médecin dans nos deux cas.

    J'ai tenté de faire beaucoup choses pour me guérir. J'ignore si vous avez connu une personne qui a subi une crise, un épisode psychotique. On n'est certainement pas présent avec les autres. On voit certainement des choses que les autres ne voient pas. Et on sait parfois que les autres ne les voient pas, donc on évite d'en parler. C'est ce qui m'a permise de conduire une voiture.

    À chaque année, je fais quelque chose pour marquer cet anniversaire, pour ma guérison. Une année, j'ai écrit, sous le pseudonyme de Kathryn, mon histoire, le noyau de mon livre. J'ai écrit le récit de Kathryn, racontant comment ils m'ont fait perdre la raison et n'ont rien fait pour m'aider à me réintégrer à la vie. En fait, si... j'étais tout à fait délaissée.

    J'ai donc mis mon récit sur Internet et, d'après mon expérience avec l'OS– dans le renseignement, je savais que: «Bon, ils sont maintenant en train de le lire. Qui va m'appeler en premier?» Le premier appel est venu de la personne que j'attendais, et j'ai dit: «D'accord, je vais te rencontrer pour un repas.» Et sa première question, ou une des premières, c'était: «Combien de fois parles-tu avec Arnie Lerma?» À cette époque, Arnie Lerma était la cible numéro 1 de l'église.

    Ce que personne ne savait, c'est que je n'avais pas envoyé mon récit à Arnie sous mon vrai nom. Je connais Arnie et Arnie sait maintenant que c'était moi, mais à ce moment-là, je croyais simplement qu'il était de confiance et je voulais que ce soit lui qui mette mon récit sur Internet.

    Au fil des ans, j'ai écrit mon livre pour ma santé personnelle, mais j'ai aussi reçu des commentaires d'autres personnes. Je suis allée à Boston dernièrement, à un congrès de bibliothécaires, et j'ai colligé environ un tiers des courriels et des informations que j'ai reçus de personnes qui ont vécu des expériences semblables à la mienne. Partout dans monde. Des familles de suicidés. Des familles de meurtriers, qui étaient scientologues, mais qui sont devenus des meurtriers.

    J'étais... Je les recevais un à la fois et je les ajoutais au dossier. Quand je me suis installée pour tout lire, j'ai été sidérée. J'ai été absolument sidérée que cet abus mental se soit perpétué, à l'échelle mondiale, de manière systémique en Scientologie. Comme scien– Ayant oeuvré dans le renseignement, je suis très consciente des conséquences possibles pour moi-même, mais je suis encore plus consciente que ces abus doivent cesser. Ces abus doivent cesser. Ce sont des personnes!

    Une femme, par exemple, après avoir subi un maniement spécial, s'est retrouvée incapable de conduire sa voiture sur l'autoroute pendant un an, parce qu'elle avait des pensées suicidaires du genre: «Que se passerait-il si je fonçais sur une autre auto?»

    D'autres personnes ont été très, très traumatisées. Je suis devenue amie avec un homme, par téléphone, qui était... qui a fait une crise psychotique. Il était en Floride. Il s'appelait Greg Bashaw. «Mort d'un scientologue» [Titre de journal]. Il était de Chicago. Il avait dépensé des centaines de milliers de dollars pour la Scientologie. Il était rendu aux niveaux avancés. Il avait quitté des emplois dont la Scientologie n'approuvait pas. Quitter un emploi qui rapporte 200 mille dollars par an, c'est vraiment une preuve de dévouement à la Scientologie.

    Dans mon livre, j'inclus la dernière lettre qu'il a écrite au chef de l'organisation scientologue en Floride. Sa femme était heureuse de me permettre de la publier. Et je n'ai pas changé un mot. Elle contient quelques termes de Scientologie qui seront peut-être incompréhensibles pour certains d'entre vous.

    Quand sa femme était en négociation avec l'Église de Scientologie, ils l'ont piégée alors qu'elle était sans avocat, sans ami, sans qui que ce soit, à un moment où elle était très vulnérable, et ils lui ont offert une somme dérisoire. Je ne connais pas le montant exact, parce que c'est confidentiel. Mais je sais que c'est une somme dérisoire, parce qu'elle risque encore de perdre sa maison et que son mari avait versé plus de 300 mille dollars, payés surtout avec des cartes de crédit, et que c'est une dette qu'elle devait quand même acquitter.

    Quand on lui a donné le formulaire à signer, il y avait une phrase qui disait: «Je ne parlerai jamais à la presse et je n'écrirai jamais un livre à propos de ce qui est arrivé à mon mari.» Elle a refusé de signer. Elle a dit: «Je vais peut-être écrire.» Et elle le fera, quand elle le voudra, et elle s'exprimera avec ses propres mots. Mais le scientologue qui lui offrait un chèque pour une somme dérisoire a répondu: «Bon, d'accord. Je vais simplement rayer cette ligne. Qui pourrait bien s'intéresser à votre mari? Qui voudrait savoir ou lire de quoi au sujet de la mort d'un scientologue?» Il a donc simplement biffé la phrase.

    J'espère que vous allez désormais communiquer le fait que des personnes meurent. Il y a des personnes qui meurent. Il y a des personnes qui font des psychoses et, comme Greg et moi en avons discuté... une des fois qu'on s'est parlé au téléphone avant sa mort, nous avons compris pourquoi Christopher Reeve voulait rester en vie. C'est parce qu'il possédait ses facultés mentales. Sans nos facultés mentales, on est sans vie.

    Et la Scientologie... Le nombre de personnes qui m'ont écrit ou qui, par Internet, ont réagi à mon livre en disant: «Mon Dieu! Je n'en ai jamais parlé, mais, il y a 15 ans, j'étais psychotique. Et je ne l'ai dit à personne. Et j'ai réussi tant bien que mal à me retrouver et à m'en sortir.»

    Voilà pourquoi je prends la parole. C'est encore vrai aujourd'hui.

    Il y eu un meurtre. Quand? La semaine dernière? Le patron scientologue... [une voix d'homme: C'était en décembre.] C'était il y a environ un mois.

    Il y a le cas de Jeremy, enfant psychotique de parents scientologues. On lui a refusé des soins psychiatriques. Il a poignardé sa mère 77 fois. Il se passe des choses semblables partout dans le monde. Une femme à Copenhague a communiqué avec moi et je jure que, de mémoire, elle a pu nommer 20 personnes qui sont mortes et qu'elle a connues personnellement. Et elles sont mortes à cause de ce groupe.

    Je me demande: «Comment en vient-on là? Pourquoi ne suis-je pas sortie en courant de la salle d'audition, même si je savais que je subissais un interrogatoire très, très intense et qu'on me poussait au bord de la folie?»

    Et je reviens au tout premier cours que j'ai pris en Scientologie, qui aujourd'hui... Les «upper indocs» [endoctrinements avancés] sont aujourd'hui séparés, mais ils font partie de ce qu'on appelle les TR ou routines d'entraînement. Les «upper indocs» sont les TR plus avancées. Et tout le monde en parle... Un des exercices consiste à parler à un cendrier. La plupart d'entre vous ont entendu parler de l'exercice dans lequel on parle à un cendrier et on le soulève. Je crois que Tom Cruise a fait l'exercice du cendrier avec une des personnes ici.

    Mais fondamentalement... le principe de ces «upper indocs», c'est le contrôle. «Contrôle» dans le sens de «contrôle physique». Vous devez contrôler physiquement le corps, la personne, qui est devant vous. Votre chaise est placée stratégiquement devant la porte, de sorte que l'autre personne ne puisse pas sortir. Si elle sort, comme je l'ai vu à quelques occasions, il y a une expression codée, «HCO Bring Order», qui signifie que chaque bien-portant dans l'entourage doit se jeter sur cette personne...


    Nancy Many (3e partie)
    Vidéo 13

    Nancy Many

    ... et l'expulser des locaux ou la ramener à l'endroit où on veut cette personne. Ce sont eux qui ont le contrôle. Et ce «8C» – j'ignore le sens du «8», mais je sais que le «C» signifie «contrôle» – c'était dans le tout premier cours que j'ai suivi.

    De mon siège, le dernier jour de l'interrogatoire, j'avais des haut-le-coeur et j'étais penchée sur une poubelle, et je pouvais regarder par la fenêtre et voir mon auto, et je ne voulais rien de plus que d'être dans mon auto. Les cours de 8C et le fait que la porte soit bloquée et qu'il y ait une caméra dans la pièce, le fait que je sois au 11e étage de l'immeuble HGB, qui était... qui est le centre de l'OSA. Pour me rendre de là à mon auto, si j'avais pu contourner l'interrogatrice, je n'aurais jamais pu ni passer devant les gardiens de sécurité, ni esquiver les caméras, ni prendre un ascenseur, ni trouver un escalier.

    Et je reviens encore au tout premier cours qui est offert en Scientologie. Comme je l'ai mentionné, les temps ont changé. Ils ont un plus grand nombre de cours d'initiation, mais c'était autrefois le premier cours, et aujourd'hui il se donne séparément et plus tard. Mais il existe toujours. Et il s'appelle encore «upper indocs». C'est le cours dans lequel on vous apprend, et on vous fait pratiquer, la façon de contrôler physiquement le corps d'une autre personne contre son gré. Contre son gré. On vous donne une formation. Pour contrôler le corps d'une autre personne.

    Cet homme [Greg Bashaw] n'est plus parmi nous. Il était rendu à un des plus hauts niveaux, OT 7. Il a versé plus de 300 mille dollars. Il a donné sa vie. Il a même travaillé dans l'espionnage. J'ignore si vous savez qu'il y avait autrefois un groupe qui s'appelait «Cult Awareness Network», mais la Scientologie en a pris contrôle. Cet homme faisait partie intégrante de l'espionnage et du travail clandestin qui ont préparé la prise de contrôle de cet immeuble... de cette organisation, dis-je.

    Et il y a bien d'autres personnes comme lui. Et le fait que la Scientologie, en payant une somme dérisoire à sa femme, puisse dire: «Je vais simplement biffer cette phrase, parce que personne ne s'y intéressera.»

    Et c'est vrai. Personne ne s'est montré intéressé.

    Quand j'ai commencé à chercher un éditeur pour mon livre, on ne l'ouvrait même pas. On entendait le mot «Scientologie» etc'était fatal. Un agent m'a répondu par téléphone et sa voix tremblait: «Ils pourraient même s'en prendre à moi. Ils pourraient même s'en prendre à moi.»

    Et c'est maintenant le deuxième anniversaire d'Anonymous, un groupe de personnes qui n'ont même pas été scientologues. Ils ont compris qu'il y a un problème. Ils ont compris qu'il n'y a pas de liberté de parole. Au début, je suis certaine qu'ils ne savaient pas à quel point le problème est grave. Mais ils se sont tenus debout.

    Et pourquoi pas moi? Pourquoi pas moi? Et pourquoi le public est-il incapable de s'intéresser à Greg Bashaw? Et à son fils, qui a été témoin de ses tentatives de suicide... et de son suicide. Et à sa femme, qui est restée endettée à cause de l'argent qu'il a donné à l'Église de Scientologie. C'est là qu'est allé tout cet argent, à l'Église de Scientologie. Et ils n'ont pas... Et enfin, lui, il est mort et sa femme doit lutter pour garder sa maison.

    J'espère que vous allez vous y intéresser. J'espère que vous parlerez de Greg Bashaw et des nombreuses autres personnes comme lui, qui subissent cet abus mental quotidiennement, internationalement.

    Comme on l'a mentionné avant moi aujourd'hui, le siège international de la Scientologie se trouve en Amérique. Si de telles choses se passent en Amérique, elles se passent en Australie, elles se passent en Afrique du Sud, ces choses se passent partout. Si ces choses se passent au sommet, elles se passent aux autres niveaux. Et peu importe le pays.

    Les pays européens en savent plus long parce qu'ils ont fait face aux nazis. L'Amérique est un peu réticente à intervenir en matière de religion, parce qu'elle a été fondée sur la liberté de religion. Si vous voulez manipuler un serpent au venin mortel, c'est votre droit, dans le cadre de vos offices religieux. Si le serpent vous mord, c'est la volonté de Dieu. Vous ne prenez pas d'anti-venin, parce que si vous mourez, c'est la volonté de Dieu. Et c'est l'Amérique. Nous sommes différents en matière de religion. C'est connu. C'est très connu des scientologues et ils s'en servent beaucoup.

    Mon livre contient beaucoup plus d'informations et j'espère que vous aurez la chance de le lire. J'espère que vous n'allez pas partir sans enquêter plus en profondeur et que vous n'aurez pas peur.

    Anonymous, je l'ai dit à Anonymous, les personnes qui portent des masques: continuez de porter vos masques. Conduisez des voitures différentes. Ils prennent note de votre numéro de plaque. Ils vous identifient. C'est... c'est la norme.

    C'est la norme dans le travail de renseignement. Tout d'abord, ils veulent votre photo. C'est la première chose. Ouvrir le dossier, insérer la photo. Deuxièmement, ils veulent connaître votre adresse. Et ils veulent avoir une photo de votre résidence. Ensuite, ils veulent savoir où vous travaillez. Et ils examinent encore plus à fond les amis que vous avez connus au cours de votre vie.

    Et vous, n'importe qui parmi vous, parce que vous êtes membres de la presse et que vous êtes vulnérables à ce type de harcèlement. Ce ne sont pas les personnes qui vous approchent qui devraient vous inquiéter. Ce sont les personnes qui approchent votre conjoint ou un ami proche. Car vous direz des choses à un ami proche, et cette nouvelle personne dont vous ignorez tout... ces choses sont partagées. Et c'est ainsi que la Scientologie recueille des renseignements. Ils ne le font pas d'une façon qui saute aux yeux. Quand ça saute aux yeux, c'est parce qu'ils le veulent.

    Mais leur vrai service de renseignement et leurs vraies méthodes de collecte d'informations s'introduisent à votre insu.

    J'espère que vous prendrez à coeur le fait que Greg Bashaw est mort, après avoir donné sa vie et son argent, jusqu'aux limites permises par ses cartes de crédit, à la Scientologie.

    Je vous remercie.

    Mark Bunker

    Merci. Y a-t-il d’autres questions?

    Question 1

    Journaliste

    J’aimerais poser une question à Nancy.

    Nancy Many

    Oui.

    Journaliste

    Nancy, pouvez-vous parler du terme scientologue «fin de cycle»? Croyez-vous que c’est un ordre? [inaudible] très controversé et [inaudible].

    Nancy Many

    «Fin de cycle» a été mentionné à la mort d'Yvonne Jentzsch. Il y a eu une rumeur selon laquelle L. Ron Hubbard ou David Mayo lui aurait donné un programme de fin de cycle. Elle était mourante. Dans le monde ordinaire, elle aurait été mise dans un hospice et on l’aurait aidée à partir aussi doucement et tranquillement que possible, parce qu'il n'y avait aucune autre option. «Fin de cycle» comme directive spécifique, je ne l'ai jamais lue. Seulement des rumeurs, probablement les mêmes que vous avez entendues.

    Journaliste

    Je m'adresse aux intervenants et à vous, Mark. Il y avait un journaliste de la revue «Freewinds»...
  40. mnql1 Member

    Re: Traduire et sous-titrer la conférence de presse à LA du 12 février

    Questions (1ère partie)
    Vidéo 10

    Mark Bunker

    Leur avocat, Barry Van Sickle, est ici et lui sera heureux de vous parler à ce sujet.

    Question 2

    Journaliste

    Pourquoi êtes-vous tous ensemble ici aujourd'hui? [12 février 2010]

    Mark Bunker

    Aujourd'hui? C'est le deuxième anniversaire du mouvement Anonymous, et nous avons pensé marquer cet événement d'une manière spéciale. Voilà pourquoi nous sommes réunis pour raconter ces histoires aujourd'hui.

    Question 3

    Journaliste

    Ainsi, cela n’a rien à voir avec les poursuites judiciaires?

    Mark Bunker

    C'est exact.

    Question 4

    Journaliste

    Nous avons eu un événement semblable en Australie en novembre dernier. En avez-vous connaissance?

    Mark Bunker

    Oui.

    Question 5

    Journaliste

    [Inaudible]

    Mark Bunker

    Je ne l'ai pas organisée. Je dirais que c'est probablement un facteur de motivation. Il y a eu une grande conférence à Hambourg, l'année dernière également, à laquelle Jeff a participé, je crois. Non? C’est Marc Headley qui y était. C'est quelque chose qui revient de temps en temps. Nous sommes ravis de pouvoir répandre le message…

    Question 6

    Journaliste

    Parmi les intervenants, combien ont été interviewés pour l'article du St. Petersburg Times?

    Mark Bunker

    Jeff en était. Voulez-vous répondre?

    Jeff Hawkins

    Oui. Quelle était la question?

    Journaliste

    Je voulais juste savoir lesquels des intervenants ont été interviewés pour la série d’articles du St. Petersburg Times ou n'importe quel autre grand reportage.

    Jeff Hawkins

    Oui, j’ai participé. J'ai été interviewé par le St. Petersburg Times, et je sais que Marc a aussi été interviewé, ainsi que d'autres personnes qui ne sont pas ici, mais il y a beaucoup de personnes qui osent parler maintenant. De plus en plus, les gens osent parler, parce qu'il devient moins risqué de le faire. Ils ne peuvent pas vraiment s'attaquer à tout le monde.

    Question 7

    Journaliste

    Pourquoi pensez-vous qu'il y a cet élan maintenant?

    Jeff Hawkins

    C’est en partie dû au mouvement Anonymous, parce qu'ils ont commencé ces manifestations et que cela a beaucoup occupé l'attention de l'église et permis aux gens de sortir du bois et de dire: «J’ai été maltraité.» «J'ai été maltraité.» Cela a commencé à se produire et, par un effet boule de neige, de plus en plus de personnes s’expriment. Aujourd’hui, nous pouvons nous exprimer sans grand risque contre l'église parce que, comme je l’ai dit, ils ne peuvent pas courir après tout le monde. Par le passé, nous étions si peu nombreux qu'ils pouvaient se concentrer sur ces quelques personnes, les faire suivre par des détectives privés, les harceler jusqu'à ce qu’ils se taisent. Maintenant cela devient très répandu et c’est une des raisons pour lesquelles je pense que l'église s'écroule.

    Question 8

    Journaliste

    [Question concernant les poursuites judiciaires en cours].

    Marc Headley

    Je vais vous dire ce qu’il en est. Dans mon cas, je vous ai fourni certains détails au sujet de mon travail pour la Scientologie. J'ai intenté un procès à ce sujet. Ma plainte a été déposée l'année dernière et je soutiens qu'ils ont violé le droit du travail et sont impliqués dans le trafic d’êtres humains. Mon épouse a également porté plainte pour des avortements forcés, des violations du droit du travail et le trafic d'êtres humains. En résumé, ils produisent des biens, ils emploient des personnes, ils disent aux personnes qui travaillent pour eux, leurs employés, que ce sont des bénévoles et qu'ils ne sont pas tenus de les rémunérer et ils ne les paient pas. La raison pour laquelle j’ai été suivi par des détectives privés et eux ont dépensé des millions de dollars pour contrer ma plainte, c'est qu'actuellement, ils ont 5 mille employés dans le monde. Ils paient chacune de ces personnes 50 dollars par semaine. S'ils étaient reconnus coupables de violations du droit du travail et que les lois étaient appliquées, leur masse salariale passerait de 250 mille dollars par semaine à presque 4 millions de dollars par semaine, soit 200 millions de dollars par an. C’est donc une très grosse affaire, et l’enjeu est énorme. Au début, quand j'ai commencé à m'exprimer, je n'étais qu'un individu parmi un petit nombre de personnes qui les dénonçaient. Au fur et à mesure des années depuis que je les dénonce, j’ai subi une avalanche de harcèlement et d’intimidation. À cause du fait que de plus en plus de gens parlent, ils sont de plus en plus débordés et, comme Jeff l’a souligné, ils ne peuvent pas courir après tout le monde. Il y a actuellement entre 20 et 50 personnes qui s’expriment en Amérique, en Allemagne, en Australie, en Europe. Chaque cas est essentiellement identique. La Scientologie n'a qu'un seul ensemble de politiques et elles sont appliquées partout dans le monde. Ce qui se produit ici à Hemet, en Californie, se produit également à Los Angeles, à Sacramento, partout. Pour en revenir aux poursuites judiciaires, les procès sont programmés pour novembre 2010. Dans mon cas, du moins. Il y a encore 3 plaintes qui ont été déposées, très semblables à la mienne et ils ont engagé les plus coûteux spécialistes du droit du travail. De nombreux cabinets vont les représenter, ainsi que les autres organisations impliquées. On n'a pas fini d’en parler.

    Question 9

    Journaliste

    [L'enquête sur la Scientologie proposée par le sénateur Xenophon en Australie nécessite-t-elle une enquête sur l'organisation en Amérique?]

    Marc Headley

    Je ne sais pas comment cela fonctionne, mais tout l’argent recueilli par les diverses organisations dans le monde est acheminé vers le sommet. S'ils combattent la Scientologie ou s'ils mènent une enquête en Australie, ils vont certainement s'intéresser aux personnes qui dirigent l'organisation ici à Los Angeles et partout dans le monde.

    Questions (2e partie)
    Vidéo 14

    Question 10

    – Le segment audio suivant est difficile à comprendre et a été omis de la vidéo: –

    Journaliste

    À tous les intervenants, et à vous, Mark. Il y avait un journaliste du magazine Freewinds, une publication scientologue, qui filmait tous ceux qui entraient [inaudible]. Êtes-vous étonné? À quoi cela sert-il?

    – Fin de segment audio omis –

    Mark Bunker

    Pas étonné du tout.

    Will Fry

    Pas du tout, absolument pas.

    Mark Bunker

    À la différence de ce que vous filmez, cela ne sera pas montré au public. C’est utilisé pour des opérations de renseignement. Ils veulent ramener cela et le montrer à David Miscavige et la hiérarchie, découvrir qui était présent et ce qu’ils peuvent faire pour vous manipuler.

    Journaliste

    Y en a-t-il parmi vous qui avez de l'expérience avec ce genre d'information recueillie à ce type d'événement dans le passé? En avez-vous une connaissance de première main?

    Nancy Many

    Connaissance de première main de quoi?

    Will Fry

    Répétez votre question, monsieur.

    Journaliste

    Une connaissance de première main de films et de photographies de personnes…

    Will Fry

    Je me trouvais dans un centre commercial et un enfant s’est approché de moi avec un téléphone portable et m’a photographié.

    Journaliste

    Non, non, non, non…

    Will Fry

    J’ai eu des personnes…

    Journaliste

    À l’époque où vous étiez dans la Scientologie…

    Une voix d’homme

    Approchez-vous du micro, SVP.

    Journaliste

    Lorsque que vous étiez dans la Scientologie, l’un d’entre vous a-t-il manipulé ce type de matériel?

    Will Fry

    Je pense, peut-être…

    Nancy Many

    Je l'ai fait.

    Will Fry

    Oui, l'OSA.

    Nancy Many

    Je l'ai fait. C'est ainsi qu'ils... Lorsque le FBI a perquisitionné la Scientologie, à l’époque du «Guardian's Office» et du programme «Snow White» [Blanche-Neige], un agent du FBI à dit que cette organisation était à la hauteur des services de renseignements de la plupart des pays.

    Tout repose sur le principe de connaissance sélective. J'avais une personne de contact. C'était tout. Je ne connaissais que cette personne. Et il me disait qu'il parlait à une personne au-dessus de lui. C'était drôle, des années plus tard, de rencontrer cette autre personne qui m’a dit: «C'était vous la femme?» J’ai répondu: «Oui, et l'homme c'était vous!» Voilà à quel point c’était cloisonné.

    Quand j’espionnais un certain groupe ou un endroit, ils avaient d'autres espions présents, qui m’espionnaient et rapportaient ce que je faisais. Vous saviez que vous étiez observé, même en tant qu’espion.

    Mark Bunker

    Permettez-moi d'ajouter une chose, en réponse à votre question.

    Le meilleur exemple qui me vient à l'idée, c'est qu'il y a un an ou deux, à la BBC, «Panorama» a fait un reportage d’une demi-heure appelé «La Scientologie et moi». John Sweeney était le journaliste à cette émission. Ils avaient des caméras qui le suivaient partout.

    À un moment, ici à Los Angeles, ils ont poussé John Sweeney à bout, et vous avez probablement vu le clip dans lequel il hurle à leur porte-parole: «Vous n’étiez pas là!» Il criait et postillonnait. La Scientologie a utilisé ces images et, le week-end précédant la diffusion de «Panorama» par la BBC, ils ont posté ce clip sur YouTube, pour réduire un peu l'impact du reportage. Malheureusement pour la Scientologie, cela a attiré l'attention sur le reportage, qui a été le programme le plus vu sur la BBC cette semaine-là.

    Ils avaient des équipes le suivant partout, de Los Angeles à la Floride. Ils ont compilé un mini-documentaire complet de leur cru et la Scientologie a distribué ce «documentaire» sur les pratiques journalistiques de la BBC. Ils ont produit environ cent mille DVD et l’ont remis à autant de responsables que possible au Royaume-Uni. Ils l'ont envoyé à chaque journaliste, à chaque politicien. Ils ont fait le maximum pour émousser l'impact de cette émission avant qu’elle ne soit diffusée. Mais cela n’a pas marché.

    D'autres questions? Oui.

    – Le segment audio suivant est difficile à comprendre et a été omis de la vidéo: –

    Journaliste

    Les célébrités sont fondamentales pour la Scientologie, peut-être un de ses atouts majeurs, puisqu’ils recherchent les célébrités. Mais c’est probablement une de ses plus grandes faiblesses. Deux épisodes récents à propos desquels je me demande si vous pourriez émettre un commentaire. Le premier concerne Paul Haggis, qui s’est exprimé publiquement et leur a dit qu'il partait, et lui s’attendait à des représailles. Le second – ce n'est peut-être qu'une rumeur – concerne la mort du fils de John Travolta, que son fils aurait eu besoin d'un médicament rejeté par la Scientologie; est-ce que ce décès pourrait ou non affecter la position de l'église à ce sujet?

    – Fin de segment audio omis –

    Question 11

    Journaliste

    [Question concernant la mort du fils de John Travolta et la possibilité que son fils aurait eu besoin d'un médicament interdit par la Scientologie].

    Mark Bunker

    John Travolta a dit qu'il est toujours un fervent croyant en la Scientologie. Il a assisté à un rassemblement il y a quelques semaines au Royaume-Uni, et il a indiqué clairement que la Scientologie l'aurait aidé lors de cette tragédie, et je le prends au mot.

    Mais j’ai également cru comprendre que Travolta et sa famille donnaient à Jett des médicaments pour gérer sa maladie. Mais Jett a-t-il bénéficié de soins appropriés durant toute sa vie? Je ne sais pas et je doute qu’aucun d’entre nous puisse commenter valablement ce cas.

    Question

    Journaliste

    Et Paul Haggis?

    Mark Bunker

    Paul Haggis, c’était explosif. C'est une histoire importante, et je pense que nous allons voir plus de cas de ce type. La défection de célébrités est probablement leur plus grande crainte en ce moment.

    Paul Haggis, un auteur et directeur récompensé aux Oscars, a vertement critiqué la Scientologie, et il l’a fait sur Internet, via le blog de Marty Rathbun. Marty Rathbun était l'un des hauts dirigeants qui ont quitté la Scientologie et en ont parlé, causant ainsi beaucoup de problèmes à David Miscavige, le leader actuel.

    Il y a aussi une personne peu connue en dehors de la Scientologie, mais dans le monde scientologue,
    c'était un autre coup énorme, il y a peine 2 semaines. Le présentateur de leur film d'orientation est parti publiquement. C'est un film d'introduction que toutes les nouvelles recrues de la Scientologie voient. Il est le visage de la Scientologie.

    C’est un film merveilleusement hilarant qui dure 20 minutes, si vous avez l'occasion de le voir. En ce moment, je suis sûr qu’ils le tournent à nouveau. Il ressemblait à l'acteur Troy McClure.

    Il vous faisait visiter une Église de Scientologie en disant: «Faisons un saut à la bibliothèque. Je pense que vous devriez avoir ce livre-ci et ce livre-là. Vous aurez envie d’acheter ce livre-ci et ce livre-là.»

    C’était le type le plus heureux et le plus gentil que vous puissiez probablement rencontrer, jusqu'à la fin du film, quand les lumières s’amenuisent et la musique devient très sinistre. Et il dit: «Bien sûr, vous pourriez sortir sur-le-champ et ne plus jamais penser à la Scientologie, mais vous pourriez tout aussi bien vous faire sauter la cervelle.»

    C’est de la folie pure! Je me rappelle l’avoir vu la première fois avec un ami scientologue dans une salle de projection. Je riais de façon hystérique.

    Tous les scientologues connaissent Larry Anderson. Sa défection publique était donc très importante pour la Scientologie. En plus, lorsqu’il a demandé à récupérer son argent, il a posé un magnétophone sur la table et il a eu une conversation d’environ une heure avec Tommy Davis, le porte-parole actuel de la Scientologie, et leur conversation a toute été enregistrée. L’enregistrement a été transmis au St. Petersburg Times, qui l’a mis en ligne il y a quelques semaines. C'était explosif, parce que, clairement, dans l’enregistrement, la Scientologie ment au sujet de son processus de remboursement si vous n’êtes pas satisfait. Or, cela fait partie de l’accord entre la Scientologie et le fisc. Ils ont dit: «Si vous demandez votre argent, en bonne et due forme, nous vous remettrons votre argent.» Dans ce cas documenté, ils ont refusé de lui remettre l'argent.

    Des cas comme celui-là sont explosifs.

    Questions (3e partie)
    Vidéo 15

    Question 12

    – Le segment audio suivant est difficile à comprendre et a été omis de la vidéo: –

    Journaliste

    Merci. Merci aux intervenants de partager leurs histoires.

    Au sujet de Paul Haggis, une chose très intéressante à noter. Récemment Haggis, à lui seul, a levé 8 millions de dollars pour Haïti. Une action charitable légitime, si peu de temps après avoir quitté une organisation qui, selon Hubbard, ne croit pas à la charité sans contrepartie. Je pense que cela devrait être relevé.

    Une question aux intervenants, peut-être que Nancy pourrait répondre. Toutes les fois qu’il y a un désastre, du 11 septembre au massacre de Virginia Tech à la tragédie en Haïti, on voit la Scientologie représentée par la chemise jaune, celle des ministres volontaires. Personnellement, je les ai vus nuire aux secours légitimes le 11 septembre, à Ground Zero.

    Quel est l’objectif? La diffusion de la Scientologie? Je comprends qu'ils font de l’aide par le toucher et d’autres choses de ce type. Mais la plupart du temps, d'après ce que j’ai vu, ils semblent plus intéressés par leurs statistiques de distribution de la brochure «La voie du bonheur».

    – Fin de segment audio omis –

    Journaliste

    [Question concernant les motifs postiches du travail humanitaire et charitable de la Scientologie].

    Nancy Many

    Je suis d'accord avec vous. Durant mes années dans les strates dirigeantes de la Scientologie, j’ai toujours été très irritée par le fait que nous ne rendions jamais service à la communauté. Selon moi, quand vous rendez service à la communauté, vous ne le faites pas pour avoir bonne presse. Vous ne portez pas un T-shirt jaune pour faire savoir à tout le monde ce que vous faites. Et pourtant, c’est ce qu'ils font.

    En outre, j'ai lu dans le journal hier, ou ce matin – la matinée a été longue – que certains à Haïti qui aident réellement ont affirmé que les «chemises jaunes» se déplacent et pratiquent l’aide par le toucher, mais ils n'ont donné ni nourriture, ni argent, ni vêtements, ni aucune aide véritable. Mais ils étaient présents avec leurs chemises jaunes, pratiquant l’aide par le toucher.

    Je connais John Travolta et je sais qu'il est quelqu’un de bien, au plus profond de son âme. Il n'est pas au courant de ce qui se passe en coulisse. Le monde des célébrités, qui inclut les millionnaires – les millionnaires sont très importants, même si vous ne connaîtrez jamais leurs noms – ils ont reçu la consigne de ne pas lire les journaux, regarder la télévision ou surfer sur Internet pendant 5 jours. Ils leur ont indiqué quand l’embargo a été levé. Et les gens obéissent.

    Leurs cas sont suivis en dehors des orgs. Ils ne sont pas suivis par les «Orgs idéales», parce qu’elles sont vides, et les célébrités ne doivent pas savoir que leurs dons n’ont servi à rien. Ils leur font croire qu’ils sont spéciaux. Ils ne veulent pas que les célébrités entrent dans les orgs en-dehors des occasions qui sont prévues.

    Question 13

    Journaliste

    J'ai une question pour Jeff [Hawkins]. Vous avez dit que des scientologues osent maintenant s’exprimer, encouragés par le soutien d'Anonymous. Collaborez-vous avec Anonymous pour aider les autres à parler et, si oui, qu’est-ce qui se fait pour que les ex-membres qui ont peur de s’exprimer aient le courage de le faire?

    Jeff Hawkins

    Permettez-moi de clarifier ce point. Je ne travaille pas avec Anonymous. Je ne suis pas un «membre» d'Anonymous. J'apprécie le travail qu’ils ont fait pour dénoncer les crimes de l’église et j’encourage quiconque ayant subi de tels crimes à le dire publiquement. Et beaucoup de personnes le font, en ce moment.

    Journaliste

    Estimez-vous qu’ils sont allés trop loin avec certaines de leurs actions?

    Jeff Hawkins

    Je ne souhaite pas faire de commentaires sur Anonymous. Je ne suis pas un expert et je ne sais pas grand-chose à leur propos.

    Journaliste:

    Une dernière question. Faites-vous personnellement quelque chose pour aider ceux qui veulent parler? Car c'est impressionnant d'entendre votre témoignage et celui des autres. Existe-t-il une forme quelconque d'aide ou de soutien pour ces personnes qui n’ont aucun [inaudible], de sorte qu'elles aient un réseau de soutien et que leurs voix puissent être entendues?

    Jeff Hawkins

    Je ne suis pas sûr de savoir comment répondre. Il y a beaucoup d’anciens membres de la Sea Org ou du personnel et nous sommes en contact les uns avec les autres. Si quelqu'un a besoin d'aide, ils en trouvent. C’est un réseau très informel.

    Journaliste:

    Merci.

    Jeff Hawkins

    Je vous en prie.

    Question 14

    Journaliste:

    Avec la désaffection de célébrités et le travail d'Anonymous, y a-t-il une indication de la façon dont cela affecte les membres de la Scientologie [inaudible]?

    Mark Bunker

    Nous voyons de plus en plus de membres quitter la Scientologie. Les membres de la Scientologie n'ont pas vraiment accès aux médias. Par exemple, les membres de la Sea Org n’ont pas accès à Internet pour voir ce qui se passe. Mais il y a un peu d’information qui pénètre à l’intérieur.

    Pendant deux ans, en 2000 et 2001, j’ai emménagé à Clearwater, en Floride, et j'ai travaillé avec un groupe appelé le «Lisa McPherson Trust», fondé par mon camarade, Bob Minton, qui est décédé il y a quelques semaines. Nous avons situé notre bureau tout près du Bureau des affaires spéciales de la Scientologie. Nous étions là pour le cas où des scientologues viendraient nous demander de l'aide. Durant cette période, personne ne l’a fait, parce que des caméras nous surveillaient constamment.

    Les scientologues qui travaillaient dans les bâtiments environnants n’avaient plus le droit de marcher dans la rue. Ils étaient poussés dans des fourgons dont les fenêtres avaient été obscurcies, parce qu'ils avaient peur que le message passe. Nous avions quelques affiches du genre: «Vous pouvez regarder en toute sécurité» ou «Vous pouvez parler en toute sécurité».

    Des années plus tard, j'ai appris que des personnes qui étaient alors là-bas ont dit: «J'ai vu ce message et cela m’est resté. Je me demandais pourquoi nous n’avions pas le droit de voir cela et de parler librement avec qui que ce soit.»

    Voilà.

    D’autres personnes ont dit: «Je me rappelle que nous étions poussés dans le bâtiment avec interdiction de sortir, simplement parce qu'une personne passait dans la rue avec une affiche. Cela m'a incité à me demander comment les gens les plus puissants sur la planète, nous autres scientologues, pouvions avoir peur d’une seule personne avec une affiche.»

    Ces messages finissent par s’infiltrer. Mais, la plupart d’entre eux ne verront jamais les vidéos qui sont en ligne maintenant, ou les nouvelles dans les médias.

    Question 15

    Will Fry

    Très rapidement, je voudrais ajouter quelque chose. Qui a parlé d’Haïti?

    Une voix d’homme

    Approchez-vous du micro.

    Journaliste

    C’est moi.

    Will Fry

    Je voulais juste préciser quelque chose, étant donné que, dans la Sea Org, je m'occupais des ventes de Bridge Publications Incorporated. J'étais le responsable des ventes.

    Vous devez savoir qu’une tragédie ou une crise constituent d’excellentes occasions pour demander de l'argent aux membres. N'est-ce pas? Tous ces efforts de secours de l'église pour Haïti ou lors du 11 septembre ou à Columbine – je suis parti avant septembre 2001, mais…

    Journaliste

    Katrina.

    Oui. Columbine, Katrina, toutes ces occasions. Quand ces tragédies se produisent, les vendeurs décrochent leur téléphone et sortent une liste très épaisse de paroissiens à contacter. Ils appellent inlassablement et ramènent autant d’argent que possible. Ensuite, ils envoient les photographes et les gens avec les chemises jaunes pour montrer que les brochures ont bien été distribuées.

    Journaliste

    C'est une fraude.

    Will Fry

    C'est une fraude. Je suis coupable de fraude, en tant que responsable des ventes pour Bridge Publications Incorporated.

    Mark Bunker

    Est-ce que quelqu'un fera quelque chose à ce sujet? Non.

    Will Fry

    Je suis prêt... Je n'ai pas encore été poursuivi. Je n'ai pas été convoqué par une cour, mais je m'y attends. Je suis disposé à aller en prison ou à accepter une sanction. Ce n’est pas une option. Je n’ai même pas à faire un choix. Je me fiche des menaces.

    Tout ce que je veux, c’est que plus aucun enfant ne souffre comme ma famille a souffert. Je ne veux pas que d’autres fassent ce que mon oncle Bob a fait. C’est tout.

    Journaliste:

    Merci, Will.

    Lettre de Susan Talbot à sa fille, Mandy Kember
    Vidéo 16

    Mark Bunker

    Pour terminer, j'aimerais lire deux lettres écrites par des mères d'enfants qui sont actuellement membres de la Sea Org et ont coupé les ponts avec leur famille.

    Voici d'abord une lettre écrite en février. Elle s'adresse à Mandy Kember.


    Ma très chère Mandy,

    Cette lettre vient de mon coeur.

    J'avais 17 ans quand tu es née, très jeune pour avoir un bébé. Comme tu le sais, il n'existe aucun manuel de formation pour les parents. J'ignorais tout de la maternité. J'avais la possibilité d'avorter, mais pour moi c'était hors de question, parce que je te désirais.

    Puis tu es née, et je sais que la plupart des mères le disent, mais tu étais si belle, parfaite en tout point, et je t'aimais. Je me réveillais le matin et je voyais ma jolie petite fille. Souviens-toi de ton premier jour à l'école.

    La vie était difficile et l'argent était très rare à cette époque, mais je t'ai toujours fait passer en premier. Je t'aimais et je te protégeais de tout mon coeur. Jusqu'au jour où tu es allée à Los Angeles, j'étais toujours là pour toi. Tu avais 33 ans quand tu as rejoint Chaz à Los Angeles.

    Te souviens-tu de l'incendie de Brook House dans lequel tu as tout perdu? Tu étais mariée avec Chaz. Je me suis occupée de vous, toi et ton mari, pendant plus de 2 ans. Je veillais à ce que tu aies toujours de bons repas et mon soutien lorsque tu étais dans la Sea Org.

    En tant que mère, je le savais quand quand tu n'allais pas bien. J'avais l'instinct d'une mère et je le savais quand tu allais mal. C'est ce que j'ai ressenti avant ma tentative de te voir en mars 2009.

    Je me suis rendue à Los Angeles à cause d'une intuition. Je n'avais jamais rencontré les personnes qui m'accompagnaient devant l'immeuble HGB, et j'y suis allée parce que je sentais que tu n'allais pas bien. Je désirais te voir et te serrer dans mes bras une dernière fois avant de quitter ce monde. Je ne voulais rien d'autre que de revoir ma fille.

    Je n'ai pas cherché ce qui m'est arrivé en Scientologie. Je te rappelle qu'après 15 années de contribution à la Scientologie, on m'a de nouveau déclarée préclair illégal et tu connais les conséquences: aucun service, plus moyen de gravir le Pont. On m'a tout retiré. C'est arrivé juste après que j'ai payé pour OT 4, et j'ai demandé un remboursement parce que la Scientologie ne pouvait pas me fournir les services.

    Le document qui me déclare personne suppressive donne l'impression qu'on m'a tout remboursé, mais c'est faux. Seulement 5 mille livres. Quand j'ai reçu le paiement, Graeme Wilson est venu chez moi et il m'a dit: «Nous croyons qu'il y a eu une injustice. Vous avez payé pour un service et on ne pouvait pas vous l'offrir.» En partant, il m'a dit: «Vous comprenez que vous serez maintenant déclarée personne suppressive.» Mais comme j'étais préclair illégal, que m'importait?

    S'il te plaît ouvre ton coeur et appelle-moi.

    Je t'aime, Mandy, et j'aimerais entendre ta voix et savoir que tu vas bien.

    Avec amour,

    Maman

    Lettre de Susan Lentsch à sa fille, Kate Olson
    Vidéo 17

    Mark Bunker

    Et cette deuxième lettre, écrite en février 2010, est une lettre ouverte à Katherine Olson. Elle commence ainsi:


    Ma chère Kate,

    J'aimerais beaucoup mieux te parler en personne, mais ce n'est plus possible. Depuis septembre 2008, la communication entre nous a été rompue. Cette décision n'est pas la mienne. Jamais je ne couperai les ponts avec toi, et je sais qu'au fond de ton coeur tu m'aimes aussi.

    Tu fais partie de la Sea Org depuis près de 17 ans. Lorsque je t'ai permis, quand tu étais encore adolescente, d'adhérer à la Sea Org, tu as signé le contrat de service qui dit que: «Les congés sont de 3 semaines par année d'activité continue pour les membres de la Sea Org.» Ces congés n'ont cependant jamais été accordés. Tu n'as eu que 3 jours à Portland en 1996. À chacune de nos conversations, et dans les lettres que tu m'as écrites au fil des années, tu as exprimé le désir de venir me rendre visite. Pendant notre dernière rencontre en mars 2008 au musée J. Paul Getty à Los Angeles, tu m'as dit que tu viendrais bientôt me visiter.

    Te souviens-tu, Kate, des cartes postales que tu m'as achetées au musée ce jour-là? Tu m'as écrit des messages qui disaient:

    «Chère Maman,

    «Je t'offre ces cartes pour te rappeler notre journée ensemble, pour te rappeler que nous resterons toujours en contact, peu importent les distances, pour te rappeler que tu as élevé une personne heureuse, saine et engagée, pour te rappeler que je te rendrai visite, pour te rappeler que je t'aime!

    «Avec tout mon amour, Katherine»

    Je crois que tu étais sincère, car lorsque tu étais petite, tu étais toujours honnête avec moi.

    L'agente de l'OSA, Beth, m'a donné sa parole qu'elle t'aiderait à faire aboutir la demande de congé. Beth et moi nous sommes serré la main et je lui ai dit que je faisais confiance en sa parole et que je la tiendrais responsable de sa promesse. Beth a dit qu'elle ferait tout son possible.

    Mais de retour à Portland, on m'a présenté des conditions. Beth m'a dit au téléphone que je ne pouvais plus fréquenter «certaines personnes». Pendant une conversation téléphonique avec toi, tu voulais que je te donne des noms d'anciens scientologues et de critiques avec qui j'aurais eu contact, et que j'identifie les sites web que je visitais. Comme j'ai refusé de divulguer ces informations, on ne t'a pas accordé de vacances. Au contraire, on nous a floués, on nous a menti et, maintenant, la communication entre nous est rompue. Je suis incapable de te joindre par téléphone. J'ignore même si tu reçois mes lettres, mes cartes ou mes cadeaux.

    Comme je te l'ai dit la dernière fois au téléphone, en septembre 2008: «Je continuerai à crier du sommet des montagnes. Je refuse d'être réduite au silence. Je t'aime. Mon coeur et ma maison seront toujours ouverts pour toi.» J'attends toujours ton arrivée à Portland pour les vacances qu'on nous a promises.

    Avec amour,

    Ta mère,

    Susan Lentsch

    Conclusion

    Mark Bunker

    Pour terminer, je vous remercie de votre présence et je vous remercie de votre attention. J'espère que nous nous réunirons à nouveau bientôt, car il y a bien d'autres cas à raconter et d'autres personnes sont prêtes à décrire leur vécu. Vous qui oeuvrez dans les médias, continuez à fouiller; il y a beaucoup d'histoires à partager.

    Merci beaucoup.

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