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Discussion in 'General Discussion' started by candide2020, Nov 1, 2021.

  1. candide2020 Member

    https://www.icigrandsboulevards.fr/product/909050/le-nouveau-peril-sectaire-antivax-crudivores-ecoles-steiner-evangeliques-rad
    Le nouveau péril sectaire : antivax, crudivores, écoles Steiner, évangéliques radicaux...

    Auteur(s) Jean-Loup Adénor (Auteur), Timothée de Rauglaudre (Auteur)
    Editeur(s) R. Laffont
    Date de parution : 14/10/2021


    Quatrième de couverture : Le nouveau péril sectaire Près d'un demi-million de Français vivent aujourd'hui sous emprise sectaire, souvent au péril de leur intégrité physique et mentale. Pourtant, depuis dix ans, la puissance publique a baissé la garde face à un phénomène toujours plus fragmenté et difficile à cerner. De la scientologie aux Témoins de Jéhovah en passant par l'anthroposophie, connue pour ses écoles alternatives, des mouvements historiques sont devenus de véritables multinationales, parfois assez influentes pour faire pression sur la sphère politique. En parallèle, une myriade de nouveaux mouvements ont proliféré sous des formes plus pernicieuses, tirant profit eux aussi de la vulnérabilité des personnes : gourous évangéliques promettant richesse ou guérison miraculeuse, pseudo-thérapeutes foisonnant sur les réseaux sociaux, « antivax » intégristes ou New Age... À travers un état des lieux alarmant étayé par des dizaines de témoignages de victimes de quinze mouvements différents, cette enquête inédite démontre l'ampleur du phénomène sectaire en France et la complaisance croissante des élites économiques et politiques
  2. M1ch@el Member

    Les Infiltrés - Comment les cabinets de conseil ont pris le contrôle de l'État de Mathieu Aron =>

    Depuis vingt ans, les consultants se sont installés au cœur de l'État. Gestion de la pandémie, stratégie militaire, numérisation de nos services publics...: les cabinets de conseil, pour la plupart anglo-saxons, sont à la manœuvre dans tous les ministères. L'État a payé pour se dissoudre. Ce livre relate ce suicide assisté.
    C'est l'histoire d'un putsch progressif, presque rampant, sans effusion de sang mais qui, de l'intérieur, a changé la France. Depuis vingt ans, les consultants se sont installés au cœur de l'État. Gestion de la pandémie et de l'hôpital, stratégie militaire, numérisation de nos services publics... : les cabinets de conseil, pour la plupart anglo-saxons, sont à la manœuvre dans tous les ministères. On les retrouve même au cœur de nos services de renseignement.
    L'histoire de cette infiltration n'a jamais été racontée. Et cette prise de pouvoir encore moins démocratiquement approuvée. Les choses se sont faites par acceptations ou résignations successives. Il ne s'agit en rien d'une conspiration. L'État a été parfaitement consentant. Il a payé pour se dissoudre. Et dépense chaque année toujours plus pour s'effacer. Ce livre relate ce suicide assisté.


    Big Pharma de Mikkel Borch-jacobsen =>

    Malgré quelques scandales retentissants comme celui du Mediator, vous imaginez que votre santé est bien protégée.Vous pensez que votre médecin dispose d'une formation objective sur les molécules qu'il vous prescrit.Vous supposez que nous vivons plus longtemps grâce aux médicaments.Vous croyez que le prix exorbitant de certains médicaments, et d'abord celui des anticancéreux, est justifié.Ce livre démontre que ces croyances sont illusoires...


    Anthony Fauci, Bill Gates et Big Pharma - Leur guerre mondiale contre la démocratie et la santé publique de Robert F Kennedy Jr =>

    Les médias grand public financés par l’industrie pharmaceutique ont convaincu des millions d’Américains que le Dr Anthony Fauci est un héros. Or, il est tout sauf un héros. En tant que directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), le Docteur Anthony Fauci distribue chaque année 6,1 milliards de dollars d’argent public à la recherche scientifique, ce qui lui permet de dicter le sujet, le contenu et les résultats des études sur la santé humaine dans le monde entier. Fauci utilise la puissance financière dont il dispose pour exercer une influence extraordinaire sur les hôpitaux, sur les universités, sur la presse médicale et sur des milliers de médecins et scientifiques de premier plan – il a le pouvoir de ruiner ou d’accélérer leurs carrières, de les récompenser, et tient entre ses mains le destin des institutions au sein desquelles ils exercent.

    Médicaments effets secondaires : la Mort de John Virapen =>

    De nombreux médicaments sont mis sur le marché, sans que souci soit fait des effets secondaires non suffisemment contrôlés et qui causent des dizaines de milliers de morts chaque année à travers le monde. De grands universitaires ont consacré de nombreuses études aux perversions cyniques et scandaleuses des grandes firmes pharmaceutiques mondiales, qui se retirent de plus en plus de la recherche sur les grands fléaux (cancers, Alzheimer, maladies neurologiques, psychiatriques, virales et parasitaires du tiers-monde), au profit quasi exclusif de la création d’immenses marchés artificiels à rentabilité immédiate, leur assurant des bénéfices exorbitants, trois à quatre fois supérieurs à ceux de toutes les autres industries, sans aucun avantage pour la santé et les malades. Elles y parviennent de deux façons : d’abord, par la promotion de molécules prétendues nouvelles, quoique peu novatrices, simples copies des médicaments plus anciens et dont certaines ont déjà provoqué des dizaines et parfois des centaines de milliers de morts ; ensuite, en suscitant l’anxiété, donc la demande de la population et des parents, inventant et promouvant par un marketing forcené dans tous les médias des maladies qui n’existent pas (pré-hypertension, cholestérol, dépression, hyperactivité de l’enfant, dysphorie menstruelle, etc.) et pour lesquelles elles proposent des pseudo-médicaments, qui ont d’autant moins de chance d’être efficaces qu’ils n’ont rien à traiter, mais qui sont loin d’être sans danger. Jon Virapen, venu de la Guyane britannique, de formation médicale et ancienne pop-star, devenu, dans les années 1980, PDG pour la Suède, puis l’Amérique Centrale, de la grande firme américaine Eli Lilly, raconte de l’intérieur. Son livre n’est pas une étude, mais un témoignage vécu, direct et douloureux, habité de remords, de culpabilité et de révolte contre une politique qu’à travers les drames de l’Opren, du Prozac, du Vioxx et du Strattera, il a mis des années à comprendre et à rejeter. C’est donc pièces en main qu’il décrit le fonctionnement interne de ces entreprises, la falsification des études cliniques des médicaments, le secret et la dissimulation des accidents thérapeutiques, systématiquement cachés aux agences de contrôle, la désinformation et la corruption organisées des médecins généralistes par les visiteurs médicaux des firmes et plus encore, celle des experts universitaires infiltrés dans les agences d’État et même celle des politiques. Ce livre désespéré et passionnant tente de préparer un avenir meilleur pour les générations futures, dont le jeune fils de l’auteur que l’on trouvera au cœur de ce bouleversant témoignage.


    L'art de la fausse générosité: La fondation Bill et Melinda Gates de Lionel Astruc =>

    Emblème de l’accumulation de richesses et géant de l'informatique, Bill Gates est devenu en quelques années une icône de la philanthropie. Mais en réalité ses opérations philanthropiques s'apparentent à un outil au service des multinationales les plus nocives pour l'environnement, la santé et la justice sociale et parfois également au service des intérêts économiques de Bill Gates lui-même.
    Première publication sur ce sujet en France, ce livre en apporte la preuve en suivant, depuis leur source, les flux financiers qui alimentent les actions dites « caritatives » de la fondation Bill et Melinda Gates.


    Pour ceux qui habitent dans des villes, allez chez le petit libraire du coin ou chez les bouquinistes d'occasions de St Michel pour ceux qui sont a Paris ou proche, ca evite d'enrichir Amazon ou Virgin et des oligarques comme Bezos ou Branson qui exploitent leurs employes en les payant une misere avec une cadence de travail infernale pour pouvoir s'envoyer en l'air dans l'espace (tant que ce n'est pas avec des mineures), activite essentielle pour ces oligarques, alors que la moitie de la planete n'a pas acces a l'eau potable ou a de la nourriture.





  3. coco collabo.jpg des amis michael ??????
    tu planes toujours ???
    les gros navions ???
  4. M1ch@el Member

    "L'enfer, c'est les autres"


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    "Si tu t’attaches à un rocher, j’ai bien peur que tu doives voler avec le rocher et la chaîne."



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    "Liés à nos frères par un but commun et qui se situe en dehors de nous, alors seulement nous respirons et l'expérience nous montre qu'aimer ce n'est point nous regarder l'un l'autre mais regarder ensemble dans la même direction."


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    Attached Files:

  5. M1ch@el Member



    Wu Cheng'en - La Pérégrination vers l'Ouest
    Le Xiyou ji est probablement le roman le plus extravagant qui ait jamais été écrit.Son thème est celui d'un moine qui, au VIIᵉ siècle, partit pour l'Inde (vers le paradis de l'Ouest) chercher les livres qui lui permettraient de retrouver les soutras véritables du Bouddha. Il fit une relation de ce voyage. Les conteurs s'emparèrent du schéma narratif. Le récit - historique et géographique - d'un moine servit de prétexte à l'imaginaire des raconteurs qui ameutèrent et rameutèrent toutes les figures de l'imaginaire de l'âme chinoise, la taoïste et la bouddhiste.
    Cette structure-cadre permit d'englober fantômes, revenants et monstres, l'intrigue autorisant de rattacher chacun des contes l'un à l'autre.Au XVIᵉ siècle, le très probable compilateur - Wu Cheng'en - rassembla cette masse de récits pour en faire une seule oeuvre. S'il a bien repris la trame romanesque traditionnelle, il l'ourdit sans cesse en la déraisonnant, par nécessité ou par jeu, pour créer une fantasmagorie bouddhique qui laisse toutes les interprétations la pénétrer, mais leur foisonnement même reconduit sans cesse le sens à l'insensé.
    Ce roman est, au fond, la culture obstinée et assidue du Vide, comme l'indique le nom du personnage principal, un singe, "Conscience de la vacuité du monde".

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  6. M1ch@el Member

    Lao-Tseu - Tao Te Ching: La Voie, Le Chemin


    Le Tao Te Ching, traduit grossièrement par "la voie" ou "le chemin", est un guide pour vivre en accord avec la réalité et l'univers sans essayer de lutter à contre-courant, une voie vers la paix et le calme au milieu des défis de la vie.

    Lao Tseu a écrit le Tao Te Ching alors qu'il voyageait d'une ville à l'autre. Il arrivait à la fin de sa vie et le gardien du passage lui a demandé d'écrire dans un livre tout ce qu'il avait appris ou souhaitait transmettre, et c'est ce que nous avons aujourd'hui, la sagesse sauvegardée d'il y a plus de 2400 ans.


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    “Plus se multiplient les lois et les ordonnances, plus foisonnent les voleurs et les bandits.” Lao Tseu


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  7. roger guy ..que devient il ???
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    photo en une : La Tour de David (détail), Marc Chagall, 1972, musée national Marc Chagall — ©photo mbp
    .


    La situation inédite et dramatique de l’Ukraine nous amène à modifier le sommaire de ce numéro de Recours au poème, et à consacrer ce focus à des poètes ukrainiens, en signe de solidarité pour la liberté.
    La littérature ukrainienne a une longue tradition qui remonte au XIe siècle. L’un de ses poètes les plus connus est Taras Shevchenko du XIXe siècle, qui a commencé par une poésie lyrique romantique, avant de passer à des poèmes plus sombres sur l’histoire ukrainienne. La poésie et l’histoire sont encore étroitement liées dans l’Ukraine contemporaine, où la poésie vit sous une grande diversité de styles, allant des rimes aux vers libres, et des recueils imprimés au slam et à la performance. Les bouleversements politiques du pays, ces dernières décennies (de la révolution de Maïdan à l’annexion de la Crimée par la Russie, à la guerre du Donbass), avait amené l’éclosion d’une poésie audacieuse et directement politique, avec des lectures et des représentations souvent très suivies.
    La sélectionque nous présentons avait été réalisée le 11 September 2020 par Paula Erizanu et Yury Zavadskyde, pour la revue the calvert journal, dans une traduction anglaise dont je suis partie pour vous présenter ces textes, et ces poètes dont on souhaite que la voix libre continue de s’élever contre le bruit des chars et des canons. Parce que la poésie est le dernier recours de l’esprit et de l’humain, face à la violence et la barbarie.


    Alors je vais en parler

    Serhiy Zhadan – d’après la trad. en anglais de John Hennessy et Ostap Kin

    Alors je vais en parler :
    de l’œil vert d’un démon dans le ciel coloré.
    Un œil qui épie en marge du sommeil d’un enfant.
    L’œil d’un malade dont l’excitation remplace la peur.
    Tout avait commencé avec de la musique,
    avec des cicatrices laissées par les chansons
    entendues lors des noces d’automne avec d’autres enfants de mon âge.
    Les adultes qui jouaient de la musique.
    L’âge adulte défini par cela — la capacité de jouer de la musique.
    Comme si quelque note nouvelle, responsable du bonheur,
    apparaissait dans la voix,
    comme si ce talent était inné en l’homme :
    être à la fois chasseur et chanteur.
    La musique est le souffle caramel des femmes,
    la chevelure au parfum de tabac d’hommes qui mélancoliques
    se préparent au combat au couteau contre le démon
    qui vient de gâcher la noce.
    La musique en-deça du mur du cimetière.
    Les fleurs qui poussent dans les poches des femmes,
    Les écoliers qui jettent un œil furtif dans les chambres de la mort.
    Les sentiers les plus battus mènent au cimetière et à l’eau.
    Tu ne caches que les choses les plus précieuses dans le sol—
    l’arme qui mûrit de colère,
    les coeurs en porcelaine des parents qui sonneront
    comme les chansons d’une chorale d’écoliers.
    Je vais en parler—
    des instruments à vent de l’angoisse,
    de la cérémonie de noce aussi mémorable
    que l’entrée à Jérusalem.
    Régle le rythme brisé du psaume de la pluie
    sur ton coeur.
    Des hommes dansent comme ils éteignent
    un feu de steppe avec leurs bottes.
    Des femmes s’accrochent à leurs hommes dans la danse
    comme si elles refusaient de les laisser partir en guerre.
    Ukraine de l’est, fin du deuxième millénaire.
    Le monde déborde de musique et de feu.
    Dans l’obscurité, s’élèvent la voix de poissons volants et d’animaux chanteurs.
    Depuis, presque tous ceux qui s’étaient mariés sont morts.
    Depuis, les parents des gens de mon âge sont morts.
    Depuis, la plupart des héros sont morts.
    Le ciel se déploie, amer comme dans les romans de Gogol.
    En écho, le chant des moissonneurs au travail
    En écho, la musique de ceux dans les champs charrient des pierres.
    En écho, sans arrêt.

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    Serhyi Zhadan (Serhiy1 Viktorovytch Jadan) né le 23 août 1974, à Starobilsk , est l’un des piliers de la littérature ukrainienne post-soviétique. L’œuvre de ZHadan a fortement marqué les générations des lecteurs grandis dans les années 1990–2010 en lui assurant une exceptionnelle notoriété dans son pays, avant tout auprès des jeunes adultes.
    Ses œuvres font l’objet de traductions en plusieurs langues européennes.

    *


    l’automne commence par un détail insignifiant

    Ella Yevtushenko, traduit d’après le texte anglais de Yury Zavadsky

    l’automne commence par un détail insignifiant : des clés oubliées dans une autre ville, les pièces d’argent de la toux dans la gorge, une tasse de thé turc,
    des pièces de monnaie en cuivre, de l’eau dans la batterie,
    la grêle,
    Je ne l’ai pas senti, et il est déjà là, un chat errant se blottissant, se frottant les pattes
    laissant sur les jeans des feuilles fanées
    ce n’est que par une nuit aussi pluvieuse qu’on peut frapper à la porte du balcon, ce n’est que par une nuit aussi pluvieuse qu’on peut l’ouvrir
    mais ce qui se dresse derrière dépendra du cinglé endormi pendant sa garde sous la fenêtre, ou des pins qui déchirent l’ourlet des nuages.
    et de la foudre répétant le motif des veines sur vos tempes.
    l’automne commence par quelque chose d’enfantin —cela frappe à la porte et s’enfuit ; Je veux lire au lit toute la journée; tu es enveloppé comme une momie, une humide gaze de brume —
    et cela continue avec quelque chose d’ancien : cela ne boit pas d’alcool, un diamant de froid palpite dans ses genoux
    et ainsi de suite — à chaque fois — et à chaque fois c’est le premier sujet de conversation
    comme s’il n’y avait rien de plus important que cet automne, mouillé comme un matin sous une croûte prématurément arrachée
    cela vole le temps des conversations de travail, intercepte une vague de commérages, se couche avec un chat errant sur le balcon, où des tas de secrets auraient dû s’assembler.
    l’automne nous pousse à la cuisine pour allumer la bouilloire
    l’automne commence par un détail insignifiant, mais grandit rapidement comme les enfants des autres
    un peu d’hiver sortira de son ventre froid, la neige couvrira nos êtres momifiés, figés en un demi-mot
    puis plus personne ne frappera à la fenêtre du balcon au cœur de la nuit
    et puis il y a le risque général de cesser d’exister pendant un certain temps

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    Née en 1996, à Kiev, Ella Yevtushenko est une poète, traductrice et musicienne ukrainienne.
    Elle traduit de la poésie, des romans et des essais du français et de l’anglais.
    Elle dirige depuis mars 2019 sur la chaîne telegram une émission sur la traduction, « Ella au pays des mots ».
    Elle a publié un premier recueil acclamé, Lichtung, et a remporté plusieurs concours de poésie en Ukraine.
  9. Taras Chevtchenko




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    Pour les articles homonymes, voir Taras Chevtchenko (homonymie) et Chevtchenko.

    Taras Chevtchenko

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    Taras Chevtchenko en 1840.

    Données clés
    Nom de naissance
    Taras Hryhorovytch Chevtchenko
    Тара́с Григо́рович Шевче́нко
    Alias
    le kobzar
    Naissance
    9 mars 1814
    Moryntsi, Empire russe.
    Décès
    10 mars 1861 (à 47 ans)
    Saint-Pétersbourg, Empire russe.
    Activité principale
    poète, peintre
    Formation
    Académie russe des Beaux-Arts
    Auteur
    Langue d’écriture
    ukrainien, russe
    Mouvement
    Romantisme
    Œuvres principales

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    Taras Hryhorovytch Chevtchenko (en ukrainien : Тара́с Григо́рович Шевче́нко), surnommé Kobzar, né le 25 février 1814 (9 mars dans le calendrier grégorien) à Moryntsi, gouvernement de Kiev, et mort le 26 février 1861 (10 mars dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg, est un poète, peintre, ethnographe et humaniste ukrainien.
    Il est considéré comme le plus grand poète romantique de langue ukrainienne1.
    Figure emblématique dans l'histoire de l'Ukraine, il marque le réveil national du pays au xixe siècle. Sa vie et son œuvre font de lui une véritable icône de la culture de l'Ukraine et de la diaspora ukrainienne au cours des xixe et xxe siècles. La principale université ukrainienne porte son nom depuis 1939 : l’université nationale Taras-Chevtchenko de Kiev.
    Biographie[modifier | modifier le code]

    Jeunesse[modifier | modifier le code]

    Chevtchenko naît en 1814 dans une famille de paysans serfs à Moryntsi, un village à environ cent cinquante kilomètres au sud de Kiev, aujourd’hui en Ukraine, qui à l'époque faisait partie de l'Empire russe. Il perd très vite sa mère (1823), puis son père (1825)2, devenant orphelin à l'âge de 12 ans, ce qui rajoute de la douleur à sa vie qui en est déjà remplie. Enfant, il montre de véritables talents pour la peinture. Il travaille et étudie chez un diacre. C'est à cette époque qu'il découvre certaines œuvres de la littérature ukrainienne. Mais il aime aussi dessiner, et fait ses premiers essais chez un peintre.
    À 14 ans, Chevtchenko devient serviteur chez un seigneur nommé Pavel Engelhardt3,4. Il part avec lui près de la mer Baltique pour Vilnius5 (aujourd’hui en Lituanie), ce dernier y demeure de l'automne 1828 jusqu'au début de l'année 1831. Un soir, le seigneur surprend Chevtchenko dessinant à la lueur d'une bougie devant l'un des tableaux de la maison. Il l'accuse d'avoir failli brûler le précieux tableau et le fait fouetter aux écuries, mais l’épouse d'Engelhardt, une âme charitable, fait remarquer à son époux que s'il envoie Taras en apprentissage d'art, il l'aura pour peintre personnel. Le jour suivant, Chevtchenko est envoyé à l'université de Vilnius pour y suivre les cours du peintre Jan Rustem.
    En 1831, Engelhardt part pour Saint-Pétersbourg et Taras Chevtchenko y poursuit son apprentissage durant quatre ans en compagnie du peintre Chiriaïev5. Taras Chevtchenko passe son temps libre à esquisser les statues des jardins impériaux d'été de la capitale russe. Il fait alors la connaissance de l'artiste ukrainien Ivan Sochenko3,6. Ce dernier le présente à d'autres compatriotes comme Yevhen Hrebinka et Vasyl Hryhorovytch, ainsi qu'au peintre russe Alexeï Venetsianov. Grâce à eux, il peut rencontrer le célèbre peintre et professeur Karl Brioullov7. Ce dernier met en jeu dans une loterie son portrait du poète russe Vassili Joukovski, ce qui lui permet d'acheter et, pour 2 500 roubles3, d’affranchir Taras Chevtchenko le 5 mai 18383. Vassili Joukovski lui-même a usé de son influence pour obtenir cet affranchissement ; il en est remercié dans le poème de Chevtchenko, Kateryna. Pour illustrer son poème Kateryna, écrit en 1838-1839, Chevtchenko peint, à l’été 1842, le tableau de même nom qui reste de nos jours une des images emblématiques de la peinture ukrainienne ; il représente une jeune Ukrainienne enceinte et un soldat russe qui s'éloigne. À cette époque les jeunes filles ukrainiennes qui, après avoir accepté les faveurs des soldats russes de passage, tombaient enceintes des œuvres de « l'occupant », étaient rejetées par leurs familles.
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    Kateryna (huile sur toile, 1842).
    Artiste et chantre national[modifier | modifier le code]

    Taras Chevtchenko s'inscrit à l'Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg et y fait ses études sous la direction de Briullov. En 1840, Kobzar (Le Barde), son premier recueil composé de huit poèmes romantiques, est publié à Saint-Pétersbourg.
    En 1841, son poème épique Haidamaky, puis en 1844 la Ballade Hamaliia, sont publiés. Tout en vivant à Saint-Pétersbourg, Taras Chevtchenko effectue trois voyages en Ukraine, le premier en 1843, le deuxième en 1845, le troisième en 1846, qui le marquent profondément. Il rend visite à ses parents et à son entourage ; il rencontre, grâce à la famille princière Repnine, de grands auteurs et intellectuels ukrainiens comme Panteleïmon Koulich et Mikhaïl Maximovitch.
    Scandalisé par l'oppression tsariste et la destruction de son Ukraine natale, Taras Chevtchenko décide de reproduire, dans Jyvopysna Oukraïna (l'Ukraine pittoresque), un album de gravures, certaines des ruines historiques de sa patrie et des monuments culturels, dont la Porte d'or.
    Après avoir terminé ses études à l'Académie des Beaux-arts en 1845, Taras Chevtchenko devient un membre de la Commission d'archéologie de Kiev et voyage partout en Ukraine pour esquisser des monuments historiques, architecturaux et recueillir les traditions folkloriques. À la même époque, il écrit certains de ses poèmes historiques les plus satiriques et politiquement subversifs, comme Son (Un rêve), Sova (Le hibou), Ieretyk (L'hérétique) Slipyi (L'homme aveugle), Velykyi lokh (La grande voûte), et Kavkaz (Le Caucase). Il les réunit avec d'autres poèmes dans un album intitulé Try lita (Trois ans).
    En 1846, à Kiev, Taras Chevtchenko rejoint la Confrérie de Cyrille-et-Méthode, une organisation politique secrète qui a pour objectif d'abolir le servage et d'établir l'égalité sociale. Comme les autres membres de la fraternité, il est arrêté le 5 avril 18475 et emprisonné à Saint-Pétersbourg3. De plus, après la découverte et la confiscation par les autorités impériales des poèmes satiriques anti-tsaristes issus de son album, (que l'on peut voir à Kyiv, au musée qui lui est dédié), Taras Chevtchenko reçoit une punition particulièrement sévère : il est condamné à servir comme simple soldat dans le corps spécial d'Orenbourg8,5, un régiment installé dans une région lointaine de Russie, près de la mer Caspienne.
    C'est la période la plus sombre de la vie du poète. Le tsar Nicolas Ier en personne interdit à Chevtchenko d'écrire et de peindre. Durant son exil, Chevtchenko sert également dans une forteresse d'Orsk8. Il réussit toutefois à continuer à peindre et à écrire en cachette dans quatre petits livrets qu'il cache dans ses bottes (visibles au musée de Kyiv). Dans ses œuvres, il parle toujours de son pays natal, l'Ukraine, qui lutte contre l'oppression et aspire à la liberté. Beaucoup de ses dessins et peintures faits au cours de son exil représentent la vie des Kazakhs.
    Plus tard, de 1848 à 1849, il part comme peintre dans une expédition militaire pour étudier et décrire la mer d'Aral.
    Dernières années[modifier | modifier le code]

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    Chevtchenko en avril 1859.
    En 1850, Taras Chevtchenko est transféré à la forteresse de Novopetrovskoïe, au bord de la mer Caspienne5, où les consignes de son exil sont plus durement appliquées. Il réussit cependant à créer plus de cent aquarelles et dessins. Il écrit également plusieurs nouvelles en langue russe. Il est libéré de son exil militaire en 1857, deux ans après la mort de Nicolas Ier, mais il lui est interdit de vivre en Ukraine. Après avoir passé une grande partie des années suivantes à Nijni Novgorod, au bord de la Volga, il s'établit à Saint-Pétersbourg. C'est en 1859 seulement, qu'il est autorisé à rendre visite à ses parents et à ses amis en Ukraine. Mais il y est arrêté, interrogé, puis renvoyé à Saint-Pétersbourg. Taras Chevtchenko reste sous la surveillance de la police jusqu'à sa mort. Il épouse, deux ans avant sa mort, une Ukrainienne « volage » de son village.
    Soucieux d’éduquer son peuple, il crée un alphabet ukrainien qu’il diffuse personnellement dans le pays9. Il meurt en 1861, l'année où le servage est aboli en Russie.
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    Portrait de Taras Chevtchenko,
    Ilia Répine, 1888,
    Musée russe, Saint-Pétersbourg.
    Enterré à Saint-Pétersbourg, deux mois plus tard, ses restes sont transférés en Ukraine conformément à ses vœux, et inhumés sur une colline surplombant le Dniepr, Chernecha Hora (la montagne du Moine), près de Kaniv, une ville proche de son lieu de naissance. Le peuple ukrainien organise à son poète de grandes funérailles, auxquelles assistent 60 000 personnes. Depuis, sa tombe, intégrée dans la réserve nationale de Chevtchenko, est considérée comme un lieu de pèlerinage par des millions d'Ukrainiens.
    Influence[modifier | modifier le code]

    Taras Chevtchenko occupe une place exceptionnelle dans l'histoire culturelle de l'Ukraine. Son nom reste un des symboles les plus marquants du réveil de l'esprit national ukrainien au xixe siècle. Vers la fin du xixe siècle, son Kobzar devient le livre de référence d'enseignement de la langue ukrainienne. À l'image de William Shakespeare qui fut surnommé le barde, le poète ukrainien fut surnommé le kobzar bien qu'il ne ne joue ni du kobza ni de la bandoura10.
    De ses 47 ans, Chevtchenko en vécut 10 en servage et 10 en exil3. Sa vie tragique et l’amour de son pays et de sa langue reflètent, dans l'imaginaire de ses compatriotes, le destin du peuple ukrainien, qui lutta à travers des siècles pour sa culture et sa liberté. L'influence de son œuvre dans la vie culturelle et politique ukrainienne est immense. Taras Chevtchenko est « le poète national » des Ukrainiens11.
    Galerie

  10. 10 mars 2014
    Taras Chevtchenko, poète national et guide spirituel du peuple ukrainien


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    Si les anniversaires de Taras Chevtchenko sont commémorés avec ferveur et solennité par tous les Ukrainiens, c’est parce qu’ils ont à coeur de rendre hommage à celui qui fut pour son peuple non seulement un poète de génie et un peintre remarquable, mais aussi et surtout leur guide et inspirateur dans la lutte qu’ils ont menée pour la libération nationale et sociale. La littérature ainsi que la vie culturelle et politique en Ukraine et le mouvement national même du XIXe siècle, de façon décisive, ont été formés par Chevtchenko.

    Sa courte vie et son oeuvre abondante furent tout entières consacrées à l’exaltation de l’héroïsme des Cosaques Zaporogues et à la lutte pour l’indépendance de son peuple. Elles sont intimement liées au destin de sa patrie, ce que le poète a souligné dans sa note autobiographique : « L’histoire de ma vie est une partie de l’histoire de l’Ukraine ».

    Fils de serfs, né le 9 mars 1814, dans la période tragique de l’asservissement de son peuple, l’enfant a été élevé par son grand-père dans l’esprit des traditions cosaques. Pris au service de son seigneur, le comte d’Engelhardt, propriétaire d’immenses domaines hérités du prince Potemkine, le jeune garçon se fit remarquer par ses dons exceptionnels pour le dessin, ce qui lui valut d’être mis en apprentissage à Varsovie puis à Saint-Pétersbourg. Pendant quatre ans il mena une existence peu enviable d’apprenti traité en domestique. Il se rendait en cachette au Jardin d’Eté et là, à la lumière diffuse des nuits blanches, il dessinait les statues qui ornaient le parc. Une nuit, un promeneur, un compatriote, le peintre Sochenko, le découvrit et fut frappé par le talent du jeune garçon, à l’aspect misérable. Il lui présenta Eugène Hrébinka, écrivain ukrainien, les peintres russes Brullov et Vénetsianov, Joukovski, le poète à la cour et précepteur du futur tsar Alexandre II. Ses nouveaux amis décidèrent d’affranchir le jeune homme. Le maître Engelhardt exigea la somme énorme de 2500 roubles pour cette valeur marchande sûre. On décida alors d’organiser une loterie avec pour lot unique le portrait de Joukovski, exécuté par Brullov. Une partie importante des billets fut achetée par la famille impériale. Le 22 mai 1838, fut le jour le plus beau dans la vie de Chevtchenko : il devint libre et se fit une place de choix parmi les élèves de l’Académie des Beaux-Arts.

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    Jusqu’à l’âge de 24 ans il est connu comme peintre de talent, rien ne laissait présager sa vocation de poète. Transplanté dans la capitale nordique, brumeuse et glacée, le futur poète eut soudain la révélation de la beauté de son Ukraine natale, de ses paysages baignés de lumière, de ses villages aux maisons blanches, noyés dans la verdure de la majesté du Dnepr. C’est à ce moment qu’il commença sa carrière littéraire. Son oeuvre poétique est particulièrement riche. Les nouveaux genres cultivés par le poète ont été magistralement implantés dans la littérature ukrainienne. C’est à lui que l’on doit les ballades populaires fantastiques ou réalistes, les poèmes historiques exaltants ou révoltés, la satire politique ou sociale, les récits autobiographiques ou enfin la poésie lyrique inexistante avant lui. Son premier recueil de poèmes Kobzar (1840), du nom des chanteurs populaires ukrainiens qui s’accompagnaient à la kobza, lui valut une grande célébrité. Il fut salué par la critique ukrainienne et russe progressiste, sensible à son inspiration authentiquement populaire et à sa sincérité.

    C’est justement l’oeuvre de Chevtchenko qui va placer définitivement l’ukrainien au rang de langue littéraire. Ses poèmes historiques (La nuit de Taras, Hamaliya, Ivan Pidkova) faisaient revivre les figures des chefs cosaques réels ou légendaires, pénétrés de douleur et de nostalgie. Ils faisaient également ressortir l’opposition poignante entre le passé glorieux d’une Ukraine jadis libre, et d’une Ukraine devenue à présent asservie et soumise à une domination étrangère. Dans le poème épique Haïdamaky (1841) le poète exaltait l’insurrection ukrainienne contre les Polonais en 1768. Cependant ces succès personnels ne pouvaient satisfaire cet « homme révolté », pourvu d’une sensibilité exceptionnelle à toute injustice. Les voyages en Ukraine en 1843 et 1845 marquèrent un tournant décisif dans la vie du poète. Au contact des réalités sociales, sa pensée se radicalisa et son oeuvre qui dénonçait le servage et l’oppression nationale (Le Caucase, La Sorcière (1844-1847)), ne circulera plus qu’en copies manuscrites. Il lança un appel vibrant en faveur d’autres peuples opprimés. Son poème le Caucase est un réquisitoire vigoureux contre l’impérialisme russe. Hardiment il prit la défense de ces montagnards, engagés dans une lutte héroïque et inégale contre le colosse russe. Chevtchenko adhéra avec enthousiasme à la Confrérie de Cyrille et Méthode, société secrète à but politique qui préconisait une fédération des peuples slaves libres et égaux. Son programme panslaviste et démocratique correspondait à ses propres vues et il en devint le porte- parole enflammé. Le chef de la IIIe Section de la Gendarmerie considéra que… « à Kiev et en Petite- Russie la slavophilie s’est transformée en ukrainophilie. Des jeunes gens s’y préoccupent de faire renaître la langue, la littérature et les moeurs de la Petite-Russie et vont jusqu’à rêver de restaurer l’hetmanat et le monde cosaque ».

    Au printemps de 1847, les membres de la Confrérie furent arrêtés à la suite d’une dénonciation et emprisonnés à la forteresse Pierre et Paul. C’est Chevtchenko qui sera le plus durement puni : à savoir 10 années d’exil. Il ne pouvait pas nier la paternité des œuvres explosives trouvées dans sa valise. Le plus accablant était le poème le Rêve, satire fort irrévérencieuse sur la cour et le couple impérial. On lui reprocha son ingratitude à l’égard de l’auguste famille qui avait contribué à son rachat. Il encourut la peine la plus sévère : il fut envoyé comme simple soldat dans un bataillon disciplinaire au-delà de l’Oural, dans les steppes kirghizes, avec l’interdiction proprement inhumaine, de peindre et d’écrire, rajoutée de la main de l’empereur. Son existence d’homme libre n’avait duré que neuf ans.

    Il réussit néanmoins, durant les trois premières années de son exil, à poursuivre son oeuvre de poète et de peintre, mais la surveillance devint plus rigoureuse à partir de 1850. En exil il se lia d’amitié avec ses compagnons d’infortune, les déportés polonais, fort nombreux dans la région d’Orenbourg. Au printemps de 1848 une expédition fut organisée dans le but d’explorer la mer d’Aral et son littoral. Chevtchenko y participa en qualité de dessinateur. Mais dès son retour, il fut arrêté à nouveau et envoyé cette fois à Novopetrovsk, fort situé dans une presqu’île de la mer Caspienne. Les conditions de détention étaient plus rigoureuses que celles d’Orsk, et le poète y passa sept années. C’est au cours de la dernière année de son exil que Chevtchenko commença à écrire son Journal (1857) qui nous offre des matériaux très riches et nous aide à comprendre sa conception du monde, ses réflexions sur l’art, la littérature et le théâtre. Il y analyse les événements et courants de pensées, trace les portraits pénétrants de grandes personnalités (écrivains, artistes ou simples amis Ukrainiens, Russes ou Polonais), revient avec émotion sur un événement douloureux : son exil.

    En 1855, à la mort de Nicolas Ier, les amis fidèles du poète redoublèrent d’efforts pour obtenir sa libération. Le comte Théodore Tolstoï, sculpteur russe, Vice-Président de l’Académie des Beaux-Arts à St-Pétersbourg, le poète Alexis Tolstoï, ami de la famille impériale, firent des démarches pressantes et réitérées. La libération ne vint qu’en juillet 1857.

    Son retour dans la capitale eut lieu en mars 1858, après un séjour de 9 mois à Nijni Novgorod où il avait été retenu par des formalités administratives. L’accueil réservé par la capitale fut particulièrement chaleureux : les réceptions en son honneur se succédaient.
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    Bien que sa santé fût gravement compromise, il se mit énergiquement au travail. Logé à l’Académie des Beaux-Arts, il commença à apprendre la technique des gravures à l’eau forte, et saura vite dominer ce nouvel art. Il composa une nouvelle édition augmentée du Kobzar, mais celle-ci ne parut intégralement qu’en 1876, à Prague, avec les poèmes interdits par la censure russe. Son inspiration épique et son action révolutionnaire se tempéraient parfois d’accents romantiques qui lui inspirèrent des poèmes d’une sensibilité mélancolique ou son célèbre Testament, dans lequel il exprime son désir d’être enterré dans les steppes de sa chère Ukraine. Il se rendit en Ukraine, espérant réaliser son rêve : se marier avec une jeune Ukrainienne, acheter une maison, et y vivre heureux. La maladie implacable ne lui donna pas le temps de réaliser ses rêves. Il mourut le 10 mars 1861, quelques jours avant la libération des serfs qu’il attendait avec une impatience fébrile et douloureuse.

    Chevtchenko est resté jusqu’à nos jours le plus grand et le plus célèbre personnage de l’Ukraine. C’était un homme qui luttait sans compromission pour la gloire nationale, pour un Etat ukrainien. En créant une poésie originale et puissante, il fit prendre conscience à ses compatriotes de leur entité nationale, et en démasquant les tares du passé il les mit en garde contre les erreurs à ne pas commettre.

    La tombe de Chevtchenko n’a pas été abandonnée ; au contraire, elle est devenue un lieu saint, un véritable lieu de pèlerinage, où des millions d’Ukrainiens viennent prier pour le poète qui leur a donné la force de continuer à lutter pour la cause nationale. Son oeuvre continue à vivre dans les coeurs pleins de reconnaissance de ses compatriotes, qui poursuivent leur lutte pour la liberté et la dignité de l’homme dans une patrie libérée !

    par Olga Camel
    Professeur émérite à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales


    LE TESTAMENT

    Quand je mourrai, enterrez-moi
    En dressant ma tombe
    Au cœur des steppes infinies
    De ma chère Ukraine.
    Pour que je voie les champs immenses,
    Le Dniepr et ses falaises
    Et pour que je puisse entendre
    Son grondement puissant.
    Quand de l'Ukraine il portera
    Jusqu'à la mer bleue
    Le sang ennemi, alors
    J'abandonnerai
    Montagnes et prairies et m'envolerai
    Vers Dieu pour prier.
    Mais jusque là,
    Dieu m'est inconnu.
    Enterrez-moi. Mais vous — Debout !
    Brisez vos chaînes
    Et abreuvez la Liberté
    Avec le sang des ennemis.
    Puis, dans la grande famille,
    La famille libre et nouvelle,
    N'oubliez pas de m'évoquer
    A voix basse, tendrement.

    1845



    Traduit par Kaléna Uhryn
    Première parution : Bulletin des Jeunes amis de l'Ukraine, N 7. P. 1961
    Source




    Cela m'est vraiment bien égal
    De vivre en Ukraine ou ailleurs.
    Qu'on m'oublie ou qu'on se souvienne
    De moi dans ces neiges lointaines
    Combien cela peut m'être égal !
    J'ai dû grandir, esclave, à l'étranger
    Et sans être pleuré des miens
    Esclave en pleurant je mourrai
    En emportant tout avec moi,
    Ne laissant pas la moindre trace
    En ce glorieux pays d'Ukraine
    Le nôtre — et qui n'est plus à nous.
    Le père en parlant à son fils
    Ne dira pas : " Prions pour lui,
    Fils, car c'est pour l'Ukraine
    Qu'il fut torturé autrefois ".
    Cela m'est égal si plus tard
    Ce fils prie pour moi ou non,
    Mais ce qui ne m'est pas égal
    C'est de voir l'ennemi perfide
    Assoupir l'Ukraine et la réveiller
    Dépouillée, au milieu des flammes.
    Oh ! Voilа ce qui ne m'est pas égal !

    1847

    Traduit par Kaléna Uhryn
    Source
  11. Bienvenue !


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